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Philosophie
Qu’est-ce que connaître ? Les grandes théories de la connaissance, les philosophes qui les ont formulées et les notions essentielles, expliquées sans jargon.
La philosophie est née d’une question : que pouvons-nous savoir ? Cette rubrique présente la théorie de la connaissance (épistémologie), les notions au programme de philosophie, les auteurs majeurs de l’Antiquité à nos jours et les œuvres qu’il faut avoir comprises.
Théorie de la connaissance 25
Théorie de la connaissanceLa théorie de la connaissance est la partie de la philosophie qui étudie la nature, les sources, la valeur et les limites du savoir humain : qu’est-ce que connaître, et que pouvons-nous connaître ?ÉpistémologieL’épistémologie est l’étude critique des sciences : elle examine leurs méthodes, la valeur de leurs résultats, leurs concepts et la manière dont elles progressent.EmpirismeL’empirisme est la doctrine selon laquelle toute connaissance vient de l’expérience sensible : il n’existe pas d’idées innées, l’esprit apprend tout de ce qu’il perçoit.RationalismeLe rationalisme est la doctrine selon laquelle la raison, et non l’expérience des sens, est la source principale et le critère de la connaissance vraie.Croyance vraie justifiée et problème de GettierSelon la définition classique, savoir que p, c’est croire que p, que p soit vrai et avoir de bonnes raisons de le croire. Gettier a montré en 1963 que ces trois conditions ne suffisent pas.Connaissance a priori et a posterioriUne connaissance a priori est valable indépendamment de l’expérience (2 + 2 = 4) ; une connaissance a posteriori dépend de l’expérience (il pleut à Brest aujourd’hui).
- Scepticisme
- Dogmatisme
- Criticisme
- Idéalisme
- Matérialisme
- Connaissance du monde
- Connaissance de la vie
- L’intuition en philosophie
- L’expérience en philosophie
- La perception en philosophie
- Vérité et opinion
- Science et croyance
- Savoir et ignorance
- Relativisme
- Positivisme
- Pragmatisme
- Falsifiabilité selon Popper
- Induction et déduction
- Phénoménologie
Notions philosophiques 19
Méthode de la dissertation de philosophieUne dissertation de philosophie est une réflexion argumentée qui répond à une question en examinant méthodiquement plusieurs réponses possibles. Elle repose sur une problématique, un plan et des arguments.La conscienceLa conscience est la capacité de l’esprit à se rapporter au monde et à lui-même : savoir ce que l’on perçoit, pense et fait. Elle fonde l’identité personnelle et la responsabilité morale.La véritéLa vérité est la qualité d’un énoncé conforme à ce qui est. En philosophie, on se demande à quoi on la reconnaît, si elle est accessible et si elle vaut toujours d’être recherchée.ExistentialismeL’existentialisme est une philosophie de l’existence humaine selon laquelle l’homme n’a pas de nature donnée : il se définit par ses choix et ses actes, dont il est entièrement responsable.L’artEn philosophie, l’art désigne l’activité humaine qui produit des œuvres destinées à être contemplées pour elles-mêmes, et non pour leur utilité. Il pose la question du beau, du goût et de la vérité.Le bonheurLe bonheur est un état de satisfaction complète et durable. La philosophie se demande en quoi il consiste, s’il dépend de nous et s’il doit être le but de la vie.Le devoirLe devoir est ce que l’on doit faire, une obligation morale ou légale qui s’impose à la volonté. La philosophie se demande d’où vient cette obligation et si l’on doit toujours y obéir.L’ÉtatL’État est l’organisation politique qui exerce un pouvoir souverain sur un territoire et une population. La philosophie se demande ce qui le rend légitime et s’il garantit ou menace la liberté.L’inconscientL’inconscient désigne ce qui, dans le psychisme, échappe à la conscience. Chez Freud, c’est une instance faite de désirs refoulés qui influencent nos pensées et nos actes à notre insu.La justiceLa justice désigne à la fois une vertu (être juste), un idéal (ce qui est juste) et une institution (rendre la justice). La philosophie se demande si la loi suffit à définir le juste.Le langageLe langage est la faculté de communiquer et de penser au moyen de signes, en particulier les mots d’une langue. La philosophie se demande s’il est propre à l’homme et s’il exprime ou forme la pensée.La libertéLa liberté est le pouvoir d’agir ou de choisir par soi-même, sans contrainte. La philosophie se demande si elle existe vraiment, en quoi elle consiste et si elle peut être sans limites.La natureEn philosophie, la nature désigne à la fois l’ensemble des êtres qui existent sans intervention humaine et l’essence d’une chose. Elle s’oppose à la culture, à la technique et à l’artifice.La raisonLa raison est la faculté de penser de manière ordonnée, de juger, de démontrer et de distinguer le vrai du faux et le bien du mal. Elle est souvent présentée comme le propre de l’homme.La religionLa religion est un ensemble de croyances et de pratiques relatives au sacré qui unit une communauté. La philosophie interroge son origine, sa valeur et son rapport à la raison.La scienceLa science est un savoir méthodique, rationnel et vérifiable, qui vise à expliquer les phénomènes par des lois. La philosophie interroge sa valeur, ses méthodes et ses limites.La techniqueLa technique est l’ensemble des procédés et des outils par lesquels l’homme transforme la nature pour satisfaire ses besoins. La philosophie se demande si elle libère l’homme ou l’asservit.Le tempsLe temps est le cadre dans lequel les événements se succèdent, du passé vers l’avenir. La philosophie se demande ce qu’il est, s’il existe hors de la conscience et comment l’homme peut l’habiter.Le travailLe travail est l’activité par laquelle l’homme transforme la nature pour produire ce dont il a besoin. La philosophie se demande s’il est une contrainte, une source de liberté ou un moyen de se réaliser.
Grands philosophes 61
PlatonPlaton (vers 428-348 av. J.-C.) est un philosophe athénien, disciple de Socrate et maître d’Aristote. Il a fondé l’Académie et soutenu que la vraie connaissance porte sur des Idées éternelles, non sur les choses sensibles.AristoteAristote (384-322 av. J.-C.) est un philosophe grec, élève de Platon et fondateur du Lycée. Il a créé la logique et pensé une connaissance qui part de l’expérience sensible pour remonter aux causes.René DescartesRené Descartes (1596-1650) est un philosophe, mathématicien et physicien français. Il fonde la philosophie moderne en cherchant, par le doute méthodique, une vérité certaine : « je pense, donc je suis ».Emmanuel KantEmmanuel Kant (1724-1804) est un philosophe allemand des Lumières. Sa philosophie critique établit ce que la raison peut connaître : les phénomènes, jamais les choses en soi.SocrateSocrate (vers 470-399 av. J.-C.) est un philosophe athénien qui n’a rien écrit. Par le dialogue et l’interrogation, il a fait de la recherche de la vérité et du soin de l’âme le cœur de la philosophie.ÉpicureÉpicure (341-270 av. J.-C.) est un philosophe grec qui fait du plaisir, compris comme absence de douleur et de trouble, le but de la vie. Il enseigne à ne craindre ni les dieux ni la mort.
- Les stoïciens
- Saint Augustin
- Thomas d’Aquin
- Machiavel
- Montaigne
- Blaise Pascal
- Spinoza
- John Locke
- Gottfried Wilhelm Leibniz
- David Hume
- Jean-Jacques Rousseau
- Denis Diderot
- Georg Wilhelm Friedrich Hegel
- Karl Marx
- Friedrich Nietzsche
- Sigmund Freud
- Henri Bergson
- Edmund Husserl
- Ludwig Wittgenstein
- Martin Heidegger
- Karl Popper
- Gaston Bachelard
- Jean-Paul Sartre
- Simone de Beauvoir
- Hannah Arendt
- Albert Camus
- Georges Canguilhem
- Michel Foucault
- Les présocratiques
- Héraclite
- Parménide
- Diogène et les cyniques
- Plotin
- Avicenne (Ibn Sina)
- Averroès (Ibn Rushd)
- Guillaume d’Ockham
- Érasme
- Thomas Hobbes
- George Berkeley
- Montesquieu
- Søren Kierkegaard
- Arthur Schopenhauer
- John Stuart Mill
- Auguste Comte
- Alain
- Simone Weil
- Maurice Merleau-Ponty
- Emmanuel Levinas
- Paul Ricœur
- Gilles Deleuze
- Jacques Derrida
- John Rawls
- Jürgen Habermas
- Confucius
- Lao-tseu
Œuvres et textes clés 20
La Connaissance de la vie (Canguilhem)La Connaissance de la vie (1952, éd. augmentée 1965) est un recueil d’essais de Georges Canguilhem qui défend l’originalité du vivant face à la machine et interroge la manière dont la science le connaît.L’allégorie de la caverneL’allégorie de la caverne est un récit de Platon (République, livre VII) : des prisonniers enchaînés prennent des ombres pour la réalité. Elle illustre le passage de l’opinion à la connaissance vraie.Apologie de SocrateL’Apologie de Socrate est le texte où Platon rapporte le discours de défense de Socrate à son procès, en 399 av. J.-C. Socrate y justifie une vie consacrée à l’examen et refuse de renoncer à philosopher.La République de PlatonLa République est le dialogue majeur de Platon (vers 375 av. J.-C.). Pour définir la justice, Socrate y construit une cité idéale gouvernée par des philosophes et expose la théorie des Idées.Éthique à NicomaqueL’Éthique à Nicomaque est le grand traité moral d’Aristote. Elle définit le bonheur comme l’activité de l’âme conforme à la vertu et la vertu comme une disposition à choisir le juste milieu.Discours de la méthodeLe Discours de la méthode (1637) est l’ouvrage où Descartes expose, en français et à la première personne, sa méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.Cogito ergo sum (« Je pense, donc je suis »)« Cogito ergo sum » signifie « Je pense, donc je suis ». Par cette formule, Descartes établit la première vérité certaine : même si je doute de tout, je ne peux pas douter que j’existe pendant que je pense.Méditations métaphysiquesLes Méditations métaphysiques (1641) sont l’œuvre où Descartes conduit, en six journées de réflexion, du doute radical à la certitude de l’existence du moi, de Dieu et des corps.Critique de la raison pureLa Critique de la raison pure (1781, 2e éd. 1787) est l’œuvre majeure de Kant. Elle examine ce que la raison peut connaître sans l’expérience et conclut que la connaissance se limite aux phénomènes.Le Mythe de SisypheLe Mythe de Sisyphe (1942) est l’essai d’Albert Camus sur l’absurde. Il demande si la vie vaut d’être vécue sans raison ultime, et répond par la révolte, la liberté et la passion.Le Prince de MachiavelLe Prince est un court traité écrit par Machiavel en 1513 et publié en 1532. Il explique comment conquérir et conserver un État, en partant de ce que font réellement les hommes et non de ce qu’ils devraient faire.Léviathan de HobbesLe Léviathan (1651) est le grand traité politique de Thomas Hobbes. Il montre que les hommes, pour échapper à la guerre de tous contre tous, doivent instituer par contrat un souverain au pouvoir absolu.Du contrat socialDu contrat social (1762) est le grand traité politique de Rousseau. Il cherche une association où chacun, s’unissant à tous, n’obéisse qu’à lui-même, et fonde la souveraineté du peuple sur la volonté générale.Ainsi parlait ZarathoustraAinsi parlait Zarathoustra (1883-1885) est l’œuvre la plus célèbre de Nietzsche. Sous forme de poème en prose, le prophète Zarathoustra y annonce le surhomme et l’éternel retour.L’Être et le NéantL’Être et le Néant (1943) est l’œuvre philosophique majeure de Jean-Paul Sartre. Il y décrit la conscience comme néant et liberté absolue, opposée à l’être massif des choses.Le Deuxième SexeLe Deuxième Sexe (1949) est l’essai de Simone de Beauvoir qui analyse la condition des femmes. Il montre que la féminité n’est pas une nature mais une construction : « On ne naît pas femme : on le devient. »Les Pensées de PascalLes Pensées sont les fragments d’une apologie de la religion chrétienne que Pascal préparait à sa mort en 1662. Publiées en 1670, elles décrivent la misère et la grandeur de l’homme sans Dieu.Les Essais de MontaigneLes Essais sont l’œuvre unique de Michel de Montaigne, publiée de 1580 à 1595. En 107 chapitres, il s’y « essaie » sur tous les sujets pour se peindre lui-même et, à travers lui, la condition humaine.La Lettre à MénécéeLa Lettre à Ménécée est un court texte d’Épicure qui résume son éthique : ne craindre ni les dieux ni la mort, trier ses désirs et rechercher le plaisir comme absence de trouble, guidé par la prudence.Le Banquet de PlatonLe Banquet est un dialogue de Platon (vers 380 av. J.-C.) où des convives font chacun l’éloge d’Éros, l’amour. Socrate, inspiré par Diotime, y montre que l’amour est désir du beau et élan vers le Bien.
Concepts clés 18
Rasoir d’OckhamLe rasoir d’Ockham est un principe de parcimonie : il ne faut pas multiplier les hypothèses sans nécessité. Entre deux explications qui rendent compte des mêmes faits, on préfère la plus économe.Le pari de PascalLe pari de Pascal est un argument des Pensées : la raison ne pouvant prouver ni réfuter l’existence de Dieu, il serait rationnel de parier qu’il existe, car le gain possible est infini et la perte finie.L’impératif catégoriqueL’impératif catégorique est, selon Kant, le commandement moral inconditionnel de la raison : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. »Le contrat socialLe contrat social est la théorie selon laquelle la société politique et l’autorité de l’État reposent sur un accord, réel ou hypothétique, entre des individus qui sortent de l’état de nature.La dialectiqueLa dialectique est d’abord l’art de discuter par questions et réponses pour atteindre la vérité. Chez Hegel et Marx, elle devient le mouvement par lequel la pensée et l’histoire progressent à travers leurs contradictions.La maïeutiqueLa maïeutique est la méthode de Socrate qui consiste à interroger son interlocuteur pour l’aider à découvrir par lui-même la vérité qu’il porte, comme une sage-femme aide à accoucher.L’ataraxieL’ataraxie est la tranquillité de l’âme, l’absence de trouble. Épicuriens, stoïciens et sceptiques en font, chacun à sa manière, la condition du bonheur.L’utilitarismeL’utilitarisme est une doctrine morale selon laquelle la bonne action est celle qui produit le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. Il juge les actes à leurs conséquences.Libre arbitre et déterminismeLe libre arbitre est le pouvoir de choisir entre plusieurs possibles sans y être contraint. Le déterminisme affirme au contraire que tout événement, y compris nos choix, résulte de causes antérieures.Le nihilismeLe nihilisme est l’attitude qui nie l’existence de toute valeur, de tout sens ou de toute vérité absolue. Pour Nietzsche, il est la crise de la civilisation européenne après la « mort de Dieu ».L’absurdeL’absurde, chez Camus, naît de la confrontation entre l’appel humain au sens et le « silence déraisonnable du monde ». Il ne faut ni le fuir ni s’y résigner, mais vivre en le regardant en face.Le dualisme corps-espritLe dualisme est la thèse selon laquelle l’esprit et le corps sont deux réalités de nature différente. Sa forme la plus célèbre est celle de Descartes, qui distingue la pensée et l’étendue.Le solipsismeLe solipsisme est la thèse selon laquelle seul existe, ou seul peut être connu avec certitude, mon propre esprit. Le monde et les autres ne seraient que mes représentations.L’altéritéL’altérité est le caractère de ce qui est autre. En philosophie, elle désigne surtout la différence d’autrui, cet autre moi qui n’est pas moi, et la question de savoir comment le connaître et le reconnaître.Morale et éthique : la différenceMorale et éthique ont une étymologie équivalente (mœurs). On réserve souvent « morale » aux règles universelles du bien et du devoir, et « éthique » à la réflexion sur la vie bonne et les choix concrets.La banalité du malLa « banalité du mal » est une expression d’Hannah Arendt : des crimes immenses peuvent être commis par des hommes ordinaires, non par sadisme ou idéologie, mais par absence de pensée.Le surhommeLe surhomme (Übermensch) est, chez Nietzsche, la figure de l’homme qui a surmonté le nihilisme : il crée ses propres valeurs et affirme la vie au point de vouloir son éternel retour.La mauvaise foiLa mauvaise foi est, selon Sartre, un mensonge à soi-même par lequel l’homme fuit l’angoisse de sa liberté en se faisant passer pour une chose déterminée.