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Santé et secours · Maladies courantes

Diabète de type 2

Le diabète de type 2 est une maladie chronique où le sucre s’accumule dans le sang parce que l’insuline agit mal. Souvent silencieux pendant des années, il se dépiste par une simple prise de sang.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le diabète de type 2 représente environ 90 % des diabètes. Il apparaît le plus souvent après 40 ans, mais touche de plus en plus d’adultes jeunes, voire d’adolescents, en lien avec le surpoids et la sédentarité. Il évolue sans bruit : beaucoup de personnes l’ignorent jusqu’au jour où une prise de sang de routine, ou une complication, le révèle. Bien pris en charge, il permet de vivre longtemps et normalement.

Ce qui se passe dans l’organisme

Deux mécanismes s’associent. D’abord une insulinorésistance : les muscles, le foie et le tissu graisseux répondent mal à l’insuline, surtout en cas de graisse abdominale. Le pancréas compense en produisant davantage d’insuline, puis s’épuise progressivement. La glycémie monte d’abord après les repas, puis à jeun. Le fonctionnement du pancréas et des hormones est détaillé dans la fiche système endocrinien.

Causes et facteurs de risque

Le diabète de type 2 résulte d’une prédisposition génétique révélée par le mode de vie.

FacteurCommentaire
Surpoids, obésité abdominaleFacteur principal (voir obésité et calcul de l’IMC)
SédentaritéL’activité physique améliore l’action de l’insuline
Antécédents familiauxParent ou frère et sœur diabétique
ÂgeRisque croissant après 45 ans
Diabète pendant une grossesseRisque élevé de diabète de type 2 ensuite
Hypertension, cholestérol, tabacSouvent associés, ils aggravent le risque cardiovasculaire
Origine géographiqueRisque plus élevé chez les personnes d’origine africaine, maghrébine, sud-asiatique, antillaise

Symptômes

Le plus souvent, aucun symptôme pendant des années. Quand la glycémie est très élevée apparaissent :

  • une soif intense et des urines abondantes, y compris la nuit ;
  • une fatigue inhabituelle (voir fatigue chronique) ;
  • un amaigrissement inexpliqué ;
  • des infections à répétition (urinaires, génitales, cutanées), une cicatrisation lente ;
  • une vision trouble.

Quand consulter

Consultez votre médecin si vous présentez ces signes ou si vous cumulez des facteurs de risque : un dosage de la glycémie à jeun est simple et remboursé.

Diagnostic

Selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), repris par la Haute Autorité de santé (HAS), le diabète est retenu si :

ExamenSeuil du diabète
Glycémie à jeun (8 h sans manger)≥ 1,26 g/L (7 mmol/L), contrôlée deux fois
Glycémie à n’importe quel moment avec symptômes≥ 2 g/L (11,1 mmol/L)
Hémoglobine glyquée (HbA1c)≥ 6,5 % (critère OMS)

Entre 1,10 et 1,25 g/L à jeun, on parle d'hyperglycémie modérée à jeun (prédiabète) : un stade où les changements de mode de vie sont particulièrement efficaces. Le suivi repose ensuite sur l'HbA1c, qui reflète la glycémie moyenne des 2 à 3 derniers mois, et sur un bilan régulier des yeux, des reins, des pieds et du cœur.

Complications

Un excès de sucre prolongé abîme les vaisseaux et les nerfs :

  • cœur et artères : infarctus, AVC, artérite des jambes ;
  • yeux : rétinopathie, cause de malvoyance ;
  • reins : néphropathie pouvant mener à la dialyse (voir reins) ;
  • nerfs : perte de sensibilité des pieds, plaies qui passent inaperçues (« pied diabétique ») ;
  • infections plus fréquentes et plus sévères.

Le contrôle de la glycémie, mais aussi de la tension artérielle et du cholestérol, et l’arrêt du tabac réduisent fortement ces risques.

Traitements

La prise en charge est décidée avec le médecin traitant, parfois un diabétologue, et adaptée à chaque personne :

  1. Mesures hygiéno-diététiques : alimentation équilibrée (voir alimentation équilibrée), activité physique régulière, perte de poids si nécessaire. Elles restent la base à tous les stades.
  2. Médicaments par la bouche : la metformine est généralement le premier traitement ; d’autres classes s’y ajoutent si besoin.
  3. Médicaments injectables : analogues du GLP-1, puis insuline quand le pancréas ne suffit plus.
  4. Éducation thérapeutique : apprendre à gérer sa maladie, surveiller ses pieds, reconnaître une hypoglycémie.

Certains traitements, notamment récents, protègent aussi le cœur et les reins. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.

Prévention

Chez les personnes à risque, les grandes études montrent qu’une perte de poids modeste (5 à 7 % du poids) et environ 150 minutes d’activité physique par semaine réduisent nettement le risque d’évoluer vers un diabète. Limiter les boissons sucrées, privilégier les fibres et les céréales complètes, ne pas fumer y contribuent.

Chiffres clés

IndicateurValeurSource
Personnes traitées par médicament en Franceplus de 3,5 millions (2020)Santé publique France
Part du type 2 parmi les diabètesenviron 90 %Santé publique France
Adultes diabétiques dans le mondeenviron 830 millions (2022)OMS

Questions fréquentes

Le diabète de type 2 peut-il disparaître ?

On ne parle pas de guérison, mais une rémission est possible : après une perte de poids importante, la glycémie peut redevenir normale sans médicament. Le suivi reste nécessaire, car le diabète peut réapparaître.

Faut-il supprimer tout le sucre ?

Non. L’objectif est une alimentation équilibrée, en limitant les sucres rapides et les boissons sucrées, et en répartissant les glucides au fil des repas. Voir sucre et santé.

Quelle différence avec le diabète de type 1 ?

Le type 1 est une maladie auto-immune qui détruit les cellules productrices d’insuline : l’insuline est indispensable dès le diagnostic. Voir diabète de type 1.

Le diabète de type 2 est-il héréditaire ?

Il existe une forte composante familiale, mais ce n’est pas une transmission directe : le mode de vie joue un rôle déterminant.

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