Santé et secours · Maladies courantes
Infarctus du myocarde
L’infarctus du myocarde est l’obstruction d’une artère coronaire : une partie du cœur, privée d’oxygène, se nécrose. C’est une urgence absolue : chaque minute compte, il faut appeler le 15 ou le 112.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'infarctus du myocarde, appelé couramment « crise cardiaque », survient quand une artère coronaire, qui nourrit le muscle cardiaque, se bouche brutalement. Le territoire du cœur qu’elle irrigue manque d’oxygène et commence à mourir en quelques dizaines de minutes. Plus l’artère est débouchée tôt, plus le cœur est préservé. La reconnaissance des signes d’alerte est détaillée dans la fiche signes du malaise cardiaque ; celle-ci explique la maladie et sa prise en charge.
Le mécanisme
Le cœur est un muscle, le myocarde, alimenté par les artères coronaires. Avec les années, des plaques d'athérome (dépôts de cholestérol et de cellules inflammatoires) se forment dans leur paroi. Quand une plaque se fissure, un caillot se forme à sa surface et obstrue l’artère. Sans reperfusion, la zone privée de sang se nécrose : elle est remplacée par une cicatrice qui ne se contracte plus.
Causes et facteurs de risque
| Facteur | Modifiable |
|---|---|
| Tabac, y compris passif | Oui (voir arrêt du tabac) |
| Hypertension artérielle | Oui |
| Excès de cholestérol LDL | Oui |
| Diabète | En partie |
| Surpoids abdominal, sédentarité | Oui |
| Stress chronique, dépression | En partie |
| Âge (homme ≥ 50 ans, femme ≥ 60 ans), sexe masculin | Non |
| Antécédents familiaux précoces | Non |
Chez les femmes, l’infarctus est souvent sous-estimé : il est fréquent après la ménopause et peut aussi toucher des femmes jeunes qui fument et prennent une contraception œstroprogestative.
Symptômes
- Douleur thoracique typique : en barre ou en étau derrière le sternum, intense, prolongée (plus de 15 à 20 minutes), non soulagée par le repos ;
- irradiation vers le bras gauche, les deux bras, la mâchoire, le dos ou le creux de l’estomac ;
- essoufflement, sueurs, nausées, sensation de malaise, angoisse.
Les formes atypiques sont fréquentes chez les femmes, les personnes âgées et diabétiques : simple fatigue intense, douleur au ventre, essoufflement isolé. Certains infarctus sont même indolores. Voir aussi douleur thoracique.
Quand consulter
Toujours en urgence, par le 15 ou le 112. Un angor (angine de poitrine), c’est-à-dire une douleur thoracique déclenchée par l’effort et qui cède au repos, doit lui aussi faire consulter rapidement : il signale des artères rétrécies. Au Québec, le 811 (Info-Santé) peut conseiller pour des questions non urgentes, jamais devant une douleur thoracique en cours.
Diagnostic
L’équipe médicale réalise dès que possible un électrocardiogramme (ECG), qui peut montrer l’infarctus en quelques minutes, et une prise de sang à la recherche de la troponine, une protéine libérée par le muscle cardiaque lésé. La coronarographie, examen radiologique des artères du cœur par un cathéter, localise l’obstruction.
Traitements
En urgence
L’objectif est de déboucher l’artère le plus vite possible :
- par angioplastie : un ballonnet introduit par une artère du poignet ou de l’aine dilate le rétrécissement, puis un petit ressort (stent) est posé ;
- ou par un médicament qui dissout le caillot (thrombolyse) quand l’angioplastie ne peut être faite rapidement.
Des médicaments qui fluidifient le sang sont associés. Dans certains cas, un pontage chirurgical est nécessaire.
Après l’infarctus
Un traitement au long cours est presque toujours prescrit : antiagrégants plaquettaires, statine, et selon les cas bêtabloquant et IEC. La réadaptation cardiaque, programme d’exercice encadré et d’éducation, réduit le risque de récidive et améliore la qualité de vie. L’arrêt du tabac est la mesure la plus efficace.
Complications
Troubles du rythme parfois mortels dans les premières heures (d’où l’importance d’appeler le 15), insuffisance cardiaque si la cicatrice est étendue, récidive. La plupart des personnes reprennent une vie normale, y compris le travail et l’activité physique, après avis du cardiologue.
Prévention
Ne pas fumer, bouger au moins 150 minutes par semaine (voir activité physique), manger équilibré, surveiller tension, cholestérol et glycémie. Ces mesures réduisent fortement le risque, avant comme après un premier infarctus.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Infarctus par an en France | de l’ordre de 80 000 | Fédération française de cardiologie |
| Rang des cardiopathies ischémiques parmi les causes de décès mondiales | 1er | OMS (2021) |
| Délai visé entre l’appel et la reperfusion | moins de 2 heures | Sociétés européennes de cardiologie |
Questions fréquentes
Faut-il prendre de l’aspirine en attendant les secours ?
Ne prenez aucun médicament de votre propre initiative : le médecin régulateur du 15 indiquera la conduite à tenir selon votre situation.
Quelle différence entre infarctus et arrêt cardiaque ?
L’infarctus est une artère bouchée ; la personne est en général consciente. L’arrêt cardiaque est l’arrêt de la pompe cardiaque : la personne est inconsciente et ne respire plus. Un infarctus peut provoquer un arrêt cardiaque.
Peut-on faire un infarctus jeune ?
Oui, surtout en cas de tabagisme, d’hypercholestérolémie familiale ou de consommation de drogues comme la cocaïne.
Peut-on reprendre le sport après un infarctus ?
Oui, et c’est recommandé, après une évaluation par le cardiologue et idéalement un programme de réadaptation cardiaque.