Aller au contenu
connaissance.org

Santé et secours · Maladies courantes

Cancer du poumon

Le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier en France et dans le monde. Lié au tabac dans environ 8 cas sur 10, il est souvent découvert tard ; l’arrêt du tabac est la meilleure prévention.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le cancer du poumon, ou cancer bronchopulmonaire, se développe à partir des cellules des bronches ou des alvéoles pulmonaires. Il est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme et le troisième chez la femme en France, mais le premier par le nombre de décès. Sa fréquence augmente nettement chez les femmes depuis plusieurs décennies, reflet de l’évolution de leur tabagisme. Les traitements ont beaucoup progressé, notamment grâce aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie. Les notions générales sont présentées dans la fiche cancer, et le fonctionnement des poumons dans la fiche respiration.

Causes et facteurs de risque

FacteurCommentaire
TabacResponsable d’environ 80 à 90 % des cas ; le risque dépend surtout de la durée du tabagisme ; le tabagisme passif augmente aussi le risque
RadonGaz radioactif naturel issu de certains sols (granitiques notamment), 2e cause en France
Expositions professionnellesAmiante, silice, gaz d’échappement diesel, certains métaux
Pollution de l’air extérieurReconnue cancérogène par le CIRC depuis 2013
Cannabis fumé, antécédents familiaux, BPCOFacteurs aggravants (voir BPCO)

Symptômes

Au début, il n’y a souvent aucun symptôme, ou des signes banals chez un fumeur :

  • toux qui apparaît ou change, qui persiste plusieurs semaines (voir toux) ;
  • crachats de sang (hémoptysie), même minimes ;
  • essoufflement, douleur thoracique persistante ;
  • enrouement durable ;
  • infections bronchiques répétées ou qui traînent ;
  • amaigrissement, fatigue, perte d’appétit ;
  • plus tard, douleurs osseuses, maux de tête, ganglions dans le cou, selon les métastases.

Quand consulter

Consultez votre médecin si une toux dure plus de trois semaines, si votre toux habituelle de fumeur change, si vous crachez du sang, ou devant un amaigrissement inexpliqué.

Diagnostic

  • Scanner thoracique, examen de référence pour voir la tumeur ;
  • biopsie, par fibroscopie bronchique ou à travers la paroi du thorax sous scanner, qui confirme le cancer et son type ;
  • analyses moléculaires de la tumeur, désormais systématiques pour les cancers non à petites cellules avancés : elles recherchent des anomalies (EGFR, ALK, etc.) accessibles à des thérapies ciblées, et l’expression de marqueurs prédictifs de l’efficacité de l’immunothérapie ;
  • TEP-scanner, IRM cérébrale : bilan d’extension.

Traitements

Ils sont décidés en réunion pluridisciplinaire selon le type, le stade et l’état de santé :

  • chirurgie : ablation d’une partie du poumon (lobectomie), pour les cancers localisés, souvent par chirurgie mini-invasive ;
  • radiothérapie, dont la radiothérapie stéréotaxique, très précise, pour les petites tumeurs non opérables ;
  • chimiothérapie ;
  • thérapies ciblées, par comprimés, quand une anomalie moléculaire est identifiée ;
  • immunothérapie, qui a amélioré la survie de nombreux patients, seule ou associée à la chimiothérapie, y compris autour de la chirurgie.

L'arrêt du tabac améliore l’efficacité et la tolérance des traitements à tous les stades : il est toujours utile.

Le dépistage par scanner

Des essais internationaux ont montré qu’un scanner thoracique à faible dose régulier chez les gros fumeurs ou anciens gros fumeurs réduit la mortalité par cancer du poumon. En France, il n’y a pas encore de dépistage organisé : la HAS a recommandé en 2022 d’engager une expérimentation, et un programme pilote national est en cours d’évaluation. Parlez-en à votre médecin si vous êtes fumeur ou ancien fumeur de plus de 50 ans.

Prévention

  • Ne pas fumer, ou arrêter : le risque diminue progressivement après l’arrêt, quel que soit l’âge (voir arrêt du tabac) ;
  • protéger les enfants et les proches du tabagisme passif ;
  • mesurer le radon dans son logement dans les zones concernées et aérer ;
  • respecter les protections au travail.

Chiffres clés

IndicateurValeurSource
Nouveaux cas en France52 777 (estimation 2023)INCa, Santé publique France
Décès en Franceenviron 33 100 (2018), 1re cause de décès par cancerINCa
Décès dans le mondeenviron 1,8 million (2022)CIRC
Part attribuable au tabacenviron 80 % en FranceINCa, CIRC

Questions fréquentes

Les non-fumeurs peuvent-ils avoir un cancer du poumon ?

Oui. Environ 10 à 15 % des cas surviennent chez des personnes n’ayant jamais fumé, souvent des adénocarcinomes, parfois liés au radon, à la pollution ou au tabagisme passif.

Arrêter de fumer après 50 ans sert-il encore ?

Oui. Le risque baisse dès les premières années et continue de diminuer avec le temps. Les bénéfices sur le cœur et les poumons sont aussi rapides.

La cigarette électronique donne-t-elle le cancer du poumon ?

Elle expose à beaucoup moins de substances cancérogènes que le tabac fumé. Ses effets à long terme sont encore étudiés ; elle peut aider à arrêter de fumer.

Le cancer du poumon se guérit-il ?

Oui, surtout lorsqu’il est découvert à un stade localisé et opérable. Aux stades avancés, les traitements récents permettent à certains patients des survies prolongées.

À lire aussi

Maladies courantes : toutes les fiches