Santé et secours · Maladies courantes
Calculs rénaux (lithiase urinaire)
Les calculs rénaux sont des petits cailloux qui se forment dans les reins à partir de sels minéraux de l’urine. En migrant, ils provoquent une douleur très violente, la colique néphrétique. Boire suffisamment reste la meilleure prévention.
Mis à jour le 4 min de lecture
La lithiase urinaire, c’est-à-dire la présence de calculs dans les voies urinaires, est fréquente : environ une personne sur dix en fera au moins un épisode au cours de sa vie, les hommes un peu plus souvent que les femmes, le plus souvent entre 20 et 60 ans. Beaucoup de petits calculs s’éliminent spontanément dans les urines. Quand un calcul bloque l’uretère, le conduit qui relie le rein à la vessie, il provoque une colique néphrétique, l’une des douleurs les plus intenses qui soient. Le rôle des reins est expliqué dans la fiche reins.
Causes et facteurs de risque
Un calcul se forme quand l’urine est trop concentrée en certains sels qui cristallisent.
| Type de calcul | Fréquence | Facteurs favorisants |
|---|---|---|
| Oxalate de calcium | Le plus fréquent (environ 70 %) | Faibles apports en eau, excès de sel et de protéines animales, aliments riches en oxalates |
| Phosphate de calcium | Fréquent | Certaines maladies hormonales ou rénales |
| Acide urique | Environ 10 % | Surpoids, diabète, goutte, urines trop acides |
| Struvite (infection) | Rare | Infections urinaires à répétition |
| Cystine | Très rare | Maladie génétique |
Autres facteurs : déshydratation (chaleur, sport, métiers exposés), antécédents familiaux, surpoids, certains médicaments, malformations des voies urinaires.
Symptômes
- douleur brutale et très violente dans le bas du dos ou le flanc, d’un seul côté, qui peut descendre vers le bas-ventre, l’aine et les organes génitaux ;
- personne agitée, qui ne trouve aucune position soulageante (à l’inverse d’un mal de dos mécanique) ;
- nausées et vomissements ;
- envies fréquentes d’uriner, brûlures, sang dans les urines (urines rosées ou rouges).
Quand consulter
Une douleur évoquant une colique néphrétique justifie toujours un avis médical rapide, même si elle cède, pour confirmer le diagnostic et vérifier l’absence de complication.
Diagnostic
- analyse d’urine (bandelette, examen cytobactériologique) à la recherche de sang et d’infection ;
- prise de sang pour vérifier la fonction rénale ;
- scanner abdominal à faible dose, examen de référence pour voir le calcul, ou échographie, notamment chez la femme enceinte et l’enfant ;
- analyse du calcul récupéré (en filtrant les urines) : elle oriente la prévention des récidives ; un bilan sanguin et urinaire est proposé, surtout en cas de récidive.
Traitements
- Traitement de la douleur : les anti-inflammatoires sont le traitement de référence de la crise, associés à d’autres antalgiques si besoin, toujours sur prescription.
- Élimination spontanée : la plupart des calculs de moins de 5 mm s’évacuent seuls en quelques jours à quelques semaines. Il est conseillé de filtrer les urines pour récupérer le calcul.
- Traitements urologiques pour les calculs trop gros ou bloqués : lithotritie extracorporelle (ondes de choc qui fragmentent le calcul à travers la peau), urétéroscopie (un fin endoscope introduit par les voies naturelles qui fragmente le calcul au laser), et plus rarement chirurgie percutanée.
- En cas d'infection avec rein bloqué : drainage urgent des urines (sonde ou néphrostomie) et antibiotiques.
Prévention
Après un premier calcul, le risque de récidive est important : environ la moitié des personnes en refont un dans les 10 ans.
- boire suffisamment pour produire au moins 2 litres d’urine par jour, réparti sur la journée et aussi le soir (voir hydratation) ; des urines claires sont un bon repère ;
- limiter le sel (voir sel et santé) et les protéines animales en excès ;
- ne pas supprimer le calcium alimentaire (produits laitiers en quantité normale) : un régime pauvre en calcium augmente au contraire le risque de calculs d’oxalate ;
- limiter les sodas et les aliments très riches en oxalates (épinards, rhubarbe, chocolat, thé noir en excès) en cas de calculs d’oxalate ;
- traiter un surpoids, un diabète, une goutte.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Personnes concernées au cours de la vie en France | environ 10 % | Association française d’urologie |
| Type de calcul le plus fréquent | oxalate de calcium | Association française d’urologie |
| Récidive à 10 ans après un premier calcul | environ 50 % | Association française d’urologie |
Questions fréquentes
Combien de temps met un calcul à s’éliminer ?
Quelques jours à quelques semaines pour un petit calcul. Au-delà de 4 à 6 semaines sans élimination, ou en cas de calcul volumineux, l’urologue propose en général un traitement.
Faut-il boire beaucoup pendant la crise ?
Non : pendant la crise, boire en grande quantité peut augmenter la pression dans le rein et la douleur. L’hydratation abondante est la règle en prévention, entre les crises.
L’eau calcaire donne-t-elle des calculs ?
Non. L’eau du robinet, même dure, ne favorise pas les calculs ; le plus important est d’en boire suffisamment.
Les calculs peuvent-ils abîmer les reins ?
Un calcul qui bloque longtemps un rein, ou des infections répétées, peuvent altérer sa fonction. D’où l’importance d’un suivi médical.