Santé et secours · Maladies courantes
Maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative, première cause de démence. Elle débute le plus souvent par des troubles de la mémoire récente et entraîne une perte progressive d’autonomie.
Mis à jour le 4 min de lecture
La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des maladies neurocognitives (anciennement appelées démences) : elle en représente environ 60 à 70 % des cas selon l’OMS. Elle touche surtout les personnes de plus de 65 ans et sa fréquence augmente fortement avec l’âge, mais elle n’est pas une conséquence normale du vieillissement. Elle tient son nom du psychiatre allemand Alois Alzheimer, qui l’a décrite en 1906. Le fonctionnement de la mémoire est expliqué dans la fiche mémoire et celui du cerveau dans la fiche cerveau.
Causes et facteurs de risque
| Facteur | Commentaire |
|---|---|
| Âge | Principal facteur de risque |
| Génétique | Le gène APOE4 augmente le risque ; les formes héréditaires dominantes, à début précoce, sont rares (moins de 1 %) |
| Facteurs cardiovasculaires | Hypertension, diabète, cholestérol, tabac, sédentarité |
| Faible niveau d’activité intellectuelle et sociale | Une « réserve cognitive » élevée retarde les symptômes |
| Perte d’audition non corrigée, dépression, isolement | Facteurs modifiables identifiés |
| Traumatismes crâniens répétés, excès d’alcool, pollution | Augmentent le risque |
Selon les travaux de la commission internationale du Lancet (2024), près de 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables.
Symptômes
Les premiers signes
- oubli des faits récents (conversations, rendez-vous), questions répétées, alors que les souvenirs anciens sont conservés ;
- difficulté à trouver ses mots ;
- désorientation dans le temps puis dans l’espace (se perdre sur un trajet connu) ;
- difficulté à organiser, à gérer son budget ou ses papiers ;
- changements d’humeur, repli, apathie, anxiété.
L’évolution
La maladie progresse sur plusieurs années, à un rythme variable. Apparaissent des troubles du langage, des gestes (apraxie), de la reconnaissance des objets et des visages (agnosie), des troubles du comportement (agitation, déambulation, troubles du sommeil) et une perte d’autonomie croissante pour la toilette, l’habillage, les repas.
Quand consulter
Des troubles de mémoire qui s’aggravent, qui inquiètent la personne ou son entourage, ou qui gênent la vie quotidienne justifient de consulter le médecin traitant. Tous les oublis ne sont pas une maladie d’Alzheimer : fatigue, dépression, troubles du sommeil, hypothyroïdie, carence en vitamine B12 ou certains médicaments peuvent les expliquer et se soignent.
Diagnostic
Le médecin traitant réalise une évaluation de la mémoire et des fonctions cognitives (tests comme le MMSE) et un bilan sanguin. Il oriente vers une consultation mémoire (neurologue, gériatre, neuropsychologue), où des tests neuropsychologiques détaillés et une IRM cérébrale sont réalisés. Dans certains cas, une ponction lombaire (dosage des protéines amyloïde et tau) ou une imagerie spécifique précisent le diagnostic. De nouveaux tests sanguins sont en cours de validation.
Traitements
Il n’existe pas aujourd’hui de traitement qui guérisse la maladie.
- Médicaments : en France, les médicaments symptomatiques anciens ne sont plus remboursés depuis 2018, leur intérêt ayant été jugé insuffisant par la HAS. De nouveaux anticorps ciblant la protéine amyloïde (lécanémab, donanémab) ont été autorisés aux États-Unis puis, avec des restrictions, dans l’Union européenne, pour les stades très précoces : leur bénéfice est modeste et ils exposent à des effets indésirables cérébraux qui imposent une surveillance par IRM.
- Prises en charge non médicamenteuses, au cœur du traitement : orthophonie, stimulation cognitive, activité physique adaptée, ergothérapie, accompagnement par des équipes spécialisées à domicile.
- Aide aux aidants : information, formation, solutions de répit (accueil de jour, hébergement temporaire), soutien psychologique.
- Organisation : adaptation du logement, aides à domicile, mesures de protection juridique si nécessaire.
Prévention
Contrôler la tension artérielle (voir hypertension), le diabète et le cholestérol, ne pas fumer, limiter l’alcool, pratiquer une activité physique, entretenir les activités intellectuelles et les liens sociaux, corriger une perte d’audition et traiter une dépression réduisent le risque.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Personnes atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée en France | environ 1 million (estimation) | Fondation pour la recherche sur Alzheimer, Inserm |
| Personnes atteintes de démence dans le monde | environ 57 millions (2021) | OMS |
| Part de la maladie d’Alzheimer parmi les démences | 60 à 70 % | OMS |
Questions fréquentes
La maladie d’Alzheimer est-elle héréditaire ?
Dans l’immense majorité des cas, non. Avoir un parent atteint augmente un peu le risque, mais les formes génétiques transmises directement sont très rares et débutent en général avant 65 ans.
Quelle différence avec les oublis liés à l’âge ?
Avec l’âge, on met plus de temps à retrouver une information, mais elle revient. Dans la maladie d’Alzheimer, l’information récente n’est pas enregistrée et les troubles retentissent sur la vie quotidienne.
Peut-on vivre longtemps avec la maladie ?
L’évolution est très variable : souvent une dizaine d’années après le diagnostic, parfois davantage. Les complications (chutes, infections, dénutrition) pèsent sur la durée.
Les jeux de mémoire préviennent-ils la maladie ?
Rester actif intellectuellement est bénéfique, mais aucun jeu ou application n’a démontré à lui seul une prévention. L’association d’activités physiques, sociales et intellectuelles est la plus utile.