Santé et secours · Maladies courantes
Antiseptiques, désinfectants et antibiotiques
Un antiseptique élimine les microbes sur la peau ou une plaie, un désinfectant sur des objets ou des surfaces, et un antibiotique agit à l’intérieur du corps contre les bactéries uniquement, jamais contre les virus.
Mis à jour le 4 min de lecture
Ces trois mots sont souvent confondus, y compris dans les copies d’élèves. Ils désignent pourtant des produits aux usages très différents. La distinction, étudiée au collège avec les micro-organismes et l’hygiène, repose sur deux questions : où le produit agit-il, et contre quels microbes ?
Le tableau à retenir
| Antiseptique | Désinfectant | Antibiotique | |
|---|---|---|---|
| Où ? | Sur la peau, les muqueuses, les plaies (tissus vivants) | Sur les objets, surfaces, instruments (inertes) | À l’intérieur du corps (comprimé, injection, parfois pommade) |
| Contre quoi ? | Bactéries, et selon le produit champignons et virus | Bactéries, champignons, virus selon le produit | Bactéries seulement |
| Exemples | Chlorhexidine, povidone iodée, alcool à 70° sur peau saine | Eau de Javel, produits désinfectants de surface | Amoxicilline et autres pénicillines, macrolides… |
| Délivrance | En pharmacie, souvent sans ordonnance | Commerce | Sur prescription médicale |
L'eau oxygénée à faible concentration est parfois utilisée pour nettoyer une plaie, mais ce n’est pas toujours le produit le plus adapté ; un pharmacien peut conseiller. Le gel hydroalcoolique est un antiseptique des mains.
L’antiseptique : pour la peau et les plaies
Il réduit le nombre de microbes à la surface des tissus vivants pour éviter qu’une plaie ne s’infecte. Pour une petite plaie : se laver les mains, nettoyer à l’eau et au savon, rincer, puis éventuellement appliquer un antiseptique et protéger (voir plaie, coupure). On ne mélange pas plusieurs antiseptiques, et l’on évite l’alcool sur une plaie ouverte. Certains antiseptiques ne conviennent pas au nourrisson : demander conseil.
Le désinfectant : pour les objets
Il est trop agressif pour la peau. L’eau de Javel s’utilise diluée selon la notice et jamais mélangée à un autre produit (avec un détartrant acide, elle libère un gaz toxique, le dichlore). Voir aussi pictogrammes de danger.
L’antibiotique : à l’intérieur du corps, contre les bactéries
Un antibiotique est une molécule qui tue les bactéries ou bloque leur multiplication, sans nuire aux cellules humaines aux doses utilisées. Il agit sur des structures propres aux bactéries : leur paroi, leurs ribosomes, leur ADN. La première grande découverte est celle de la pénicilline par Alexander Fleming en 1928, produite à grande échelle à partir des années 1940.
L’antibiogramme : schéma décrit
Pour choisir un antibiotique efficace, le laboratoire réalise un antibiogramme :
- on étale la bactérie prélevée chez le malade sur une boîte de Petri contenant un milieu nutritif (gélose) ;
- on pose dessus plusieurs petits disques de papier, chacun imprégné d’un antibiotique différent ;
- après une nuit à 37 °C, la boîte est recouverte d’un tapis de bactéries, sauf autour de certains disques, entourés d’un cercle clair sans bactéries (la zone d’inhibition).
Plus le cercle est grand, plus la bactérie est sensible à l’antibiotique. Un disque sans cercle signifie que la bactérie est résistante.
L’antibiorésistance
Quand on utilise un antibiotique, les bactéries sensibles meurent, mais celles qui possèdent par hasard une mutation de résistance survivent et se multiplient : c’est la sélection naturelle en accéléré. Plus on utilise d’antibiotiques, surtout mal à propos, plus les bactéries résistantes se répandent. L’Organisation mondiale de la santé considère l’antibiorésistance comme l’une des grandes menaces pour la santé mondiale.
Les bons usages :
- ne prendre un antibiotique que sur prescription ;
- respecter la dose et la durée prescrites, même si l’on se sent mieux ;
- ne pas réutiliser un reste d’antibiotique ni en donner à quelqu’un d’autre ;
- rapporter les médicaments non utilisés à la pharmacie.
Erreurs fréquentes
- « L’antibiotique soigne la grippe. » Faux : la grippe est virale.
- « Désinfecter une plaie à l’eau de Javel. » Dangereux : c’est un désinfectant pour objets.
- « C’est le malade qui devient résistant. » Ce sont les bactéries qui deviennent résistantes, pas la personne.
- Confondre antibiotique et antiviral : les antiviraux, beaucoup moins nombreux, visent des virus précis.
Exercice corrigé
Énoncé. Associe chaque situation au bon produit : nettoyer le plan de travail après avoir découpé du poulet cru ; soigner une écorchure au genou ; traiter une infection urinaire bactérienne diagnostiquée par le médecin ; se nettoyer les mains dans le train sans point d’eau.
Corrigé.
- Plan de travail : un désinfectant de surface (ou un nettoyage à l’eau chaude savonneuse puis rinçage).
- Écorchure : lavage à l’eau et au savon, puis éventuellement un antiseptique.
- Infection urinaire bactérienne : un antibiotique prescrit par le médecin (voir infection urinaire).
- Mains sans point d’eau : gel hydroalcoolique, un antiseptique.
Questions fréquentes
Les antibiotiques fatiguent-ils ?
C’est souvent l’infection elle-même qui fatigue. Certains antibiotiques ont des effets indésirables, en particulier digestifs, car ils perturbent aussi les bonnes bactéries de l’intestin.
Pourquoi le médecin ne prescrit-il pas d’antibiotique pour ma toux ?
Parce que la plupart des toux aiguës sont d’origine virale. Un antibiotique n’accélérerait pas la guérison et favoriserait l’antibiorésistance. Le médecin réévalue si les symptômes persistent ou s’aggravent.
Qu’est-ce qu’un antibiotique « à large spectre » ?
Un antibiotique actif sur de nombreuses espèces de bactéries. On préfère quand c’est possible un antibiotique ciblé, pour limiter l’apparition de résistances.