Santé et secours · Nutrition et hygiène de vie
Hygiène et microbes
Les microbes sont partout et la plupart sont inoffensifs. Quelques-uns, pathogènes, causent des maladies s’ils franchissent les barrières du corps ; l’hygiène limite leur transmission.
Mis à jour le 4 min de lecture
Au XIXe siècle, Ignace Semmelweis à Vienne montre que le lavage des mains des médecins fait chuter la mortalité des accouchées, puis Louis Pasteur établit le rôle des microbes dans les infections. Depuis, l’hygiène est devenue l’un des progrès sanitaires les plus importants de l’histoire. Au collège, on apprend à distinguer contamination et infection, et à expliquer pourquoi les gestes d’hygiène fonctionnent.
Des microbes partout, surtout utiles
Notre corps porte autant de bactéries que de cellules humaines, en particulier dans l’intestin (voir microbiote intestinal). La plupart des micro-organismes sont inoffensifs ou utiles : ils digèrent des fibres, produisent des vitamines, fabriquent le yaourt et le pain (voir micro-organismes). Seule une petite minorité est pathogène.
Contamination puis infection : les étapes
| Étape | Ce qui se passe | Exemple (plaie infectée) |
|---|---|---|
| 1. Contamination | Le microbe franchit une barrière naturelle | Des bactéries entrent par une coupure |
| 2. Multiplication | Les bactéries se divisent très vite (certaines toutes les 20 minutes) | Infection locale |
| 3. Réaction de l’organisme | Inflammation : rougeur, chaleur, gonflement, douleur ; parfois du pus | Le système immunitaire intervient |
| 4. Issue | Élimination du microbe, ou extension de l’infection | Guérison, ou infection qui gagne le sang |
Les portes d’entrée des microbes
Le corps est protégé par des barrières naturelles : la peau intacte, les muqueuses recouvertes de mucus, les larmes et la salive (qui contiennent des enzymes antibactériennes), l’acidité de l’estomac, les cils des voies respiratoires. Les microbes entrent :
- par une plaie ou une piqûre ;
- par la bouche (aliments ou eau contaminés, mains portées à la bouche) ;
- par les voies respiratoires (gouttelettes et aérosols émis en toussant, en parlant) ;
- par les muqueuses génitales (voir IST) ou les yeux ;
- par le sang (piqûre d’insecte, matériel souillé).
Schéma décrit
On dessine une silhouette humaine entourée d’un contour épais représentant la peau. Des flèches venant de l’extérieur pointent vers la bouche, le nez, les yeux et une coupure sur la main. Sous chaque flèche, on inscrit la source (aliment, toux, mains sales, objet souillé) et, dans un encadré à côté, le geste qui bloque cette entrée (cuisson et conservation des aliments, masque et toux dans le coude, lavage des mains, désinfection de la plaie).
Les gestes d’hygiène efficaces
Le lavage des mains
Les mains transportent une grande partie des microbes responsables de rhumes, de grippes ou de gastro-entérites. Un lavage efficace dure environ 30 secondes avec de l’eau et du savon : paumes, dos des mains, entre les doigts, ongles, poignets, puis rinçage et séchage avec un essuie-main propre. Le savon décolle les salissures et détruit l’enveloppe de nombreux virus. Le gel hydroalcoolique est une alternative quand les mains ne sont pas visiblement sales.
Moments clés : avant de manger ou de cuisiner, après être allé aux toilettes, après s’être mouché, en rentrant chez soi, après avoir touché un animal.
Autres gestes
- Tousser ou éternuer dans son coude ou un mouchoir à usage unique.
- Aérer régulièrement les pièces.
- Nettoyer et protéger une plaie (voir plaie, coupure).
- Respecter la chaîne du froid, cuire suffisamment viandes et œufs, se laver les mains après avoir manipulé de la viande crue (voir conservation des aliments et intoxication alimentaire).
- Boire de l’eau potable (voir eau potable).
- Se faire vacciner selon les recommandations (voir fonctionnement des vaccins).
Trop d’hygiène ?
L’hygiène ne cherche pas à éliminer tous les microbes, ce qui serait impossible et inutile. Se laver normalement préserve la flore de la peau ; l’usage systématique de produits désinfectants à la maison n’est pas nécessaire. Certains chercheurs relient la hausse des allergies à une moindre exposition précoce à des microbes variés (hypothèse hygiéniste), mais cela ne remet pas en cause le lavage des mains, qui vise des microbes pathogènes.
Erreurs fréquentes
- Confondre contamination et infection : on peut être contaminé sans développer d’infection si le système immunitaire élimine le microbe.
- « Tous les microbes sont dangereux. » Faux : la grande majorité est inoffensive ou utile.
- « Rincer ses mains à l’eau suffit. » L’eau seule élimine mal les microbes ; le savon et la durée comptent.
- Croire qu’un aliment contaminé a toujours une odeur ou un aspect anormal : beaucoup de bactéries pathogènes ne changent pas son apparence.
Exercice corrigé
Énoncé. Dans une expérience, on fait poser les doigts d’un élève sur une boîte de gélose avant puis après lavage des mains au savon. Après deux jours à 30 °C, la première boîte est couverte de colonies, la seconde en a très peu. Interprète.
Corrigé.
- Chaque colonie visible provient de la multiplication d’une ou quelques bactéries ou champignons déposés par les doigts.
- Avant le lavage, les doigts portaient de nombreux micro-organismes ; après, beaucoup moins.
- Le lavage des mains au savon élimine donc une grande partie des micro-organismes, ce qui réduit le risque de contamination.
Questions fréquentes
Combien de temps les microbes survivent-ils sur les surfaces ?
Cela dépend du microbe et de la surface : de quelques minutes à plusieurs jours pour certains virus et bactéries. C’est pourquoi le nettoyage des surfaces souvent touchées est utile en période d’épidémie.
Faut-il laver les fruits et légumes ?
Oui, sous l’eau courante, pour retirer la terre, une partie des microbes et des résidus. C’est particulièrement important pour ceux qui se mangent crus.
La fièvre est-elle un signe d’infection ?
Souvent : la fièvre est une réaction de défense. Mais elle a d’autres causes ; une fièvre élevée, durable ou mal tolérée justifie un avis médical.