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Sciences · Biologie

Louis Pasteur

Louis Pasteur (1822-1895) est un chimiste et biologiste français, père de la microbiologie. Il a expliqué les fermentations, inventé la pasteurisation et créé le vaccin contre la rage.

Mis à jour le 5 min de lecture

Louis Pasteur n’était pas médecin, mais peu de personnes ont autant changé la médecine. Chimiste de formation, il a démontré que des êtres microscopiques sont responsables des fermentations, de la putréfaction et de nombreuses maladies. De ses travaux découlent l’hygiène hospitalière, la stérilisation, la conservation des aliments et les premiers vaccins de laboratoire.

Repères biographiques

DateÉvénement
27 décembre 1822Naissance à Dole (Jura), dans une famille de tanneurs ; enfance à Arbois
1843Entre à l’École normale supérieure, à Paris
1848Découverte de la chiralité moléculaire
1854Doyen de la nouvelle faculté des sciences de Lille
1857Mémoire sur la fermentation lactique ; retour à l’École normale supérieure
1862Expériences sur la génération spontanée ; élu à l’Académie des sciences
1865Mise au point de la pasteurisation (brevet de 1865 pour le vin) ; début des recherches sur les maladies du ver à soie
1868Accident vasculaire cérébral qui le laisse partiellement paralysé du côté gauche
1879-1881Vaccins contre le choléra des poules et le charbon
1881Élu à l’Académie française
6 juillet 1885Première vaccination contre la rage, sur Joseph Meister
14 novembre 1888Inauguration de l’Institut Pasteur, à Paris
28 septembre 1895Mort à Marnes-la-Coquette ; il repose dans une crypte de l’Institut Pasteur

Les découvertes de Pasteur

1. La chiralité des molécules (1848)

En étudiant au microscope les cristaux d’un sel de l’acide tartrique, Pasteur remarque qu’ils existent sous deux formes, images l’une de l’autre dans un miroir, comme une main gauche et une main droite. Il les trie à la pince et montre que leurs solutions dévient la lumière polarisée en sens opposés. C’est la découverte de la chiralité moléculaire, fondamentale en chimie et en pharmacie : deux formes « miroir » d’un même médicament peuvent avoir des effets très différents.

2. Les fermentations sont l’œuvre d’êtres vivants (1857-1860)

À l’époque, beaucoup de chimistes, dont Justus von Liebig, voient la fermentation comme une simple réaction chimique. Pasteur montre que chaque fermentation est produite par un micro-organisme particulier : des levures pour la fermentation alcoolique, d’autres « ferments » pour la fermentation lactique ou butyrique. Il découvre aussi que certains organismes vivent sans oxygène : il invente le terme « anaérobie ».

3. La fin de la génération spontanée (1862)

Depuis l’Antiquité, on croyait que la vie microscopique pouvait naître spontanément de la matière en décomposition. Contre le naturaliste Félix Pouchet, Pasteur réalise une expérience décisive avec des ballons à col de cygne : un bouillon stérilisé par la chaleur, au contact de l’air mais protégé des poussières par le col recourbé, reste stérile indéfiniment. Si l’on casse le col, il se trouble en quelques jours. Les microbes viennent de l’air, ils ne naissent pas du bouillon. L’expérience est un modèle de méthode scientifique ; certains de ces ballons sont toujours stériles à l’Institut Pasteur. La question de l’apparition de la vie sur la Terre primitive, elle, relève d’un autre problème, traité dans la fiche origine de la vie.

4. La pasteurisation (1865)

Sollicité pour lutter contre les « maladies » du vin, Pasteur montre qu’un chauffage modéré, entre 55 et 60 °C pendant quelques minutes, à l’abri de l’air, détruit les micro-organismes responsables de l’altération sans gâter le goût. Le procédé, appelé pasteurisation, est ensuite appliqué à la bière et surtout au lait. Il se distingue de la stérilisation, qui chauffe au-delà de 100 °C et détruit tous les micro-organismes.

5. Les maladies du ver à soie (1865-1870)

Appelé au secours de la sériciculture des Cévennes, ravagée par une épidémie, Pasteur identifie deux maladies, la pébrine et la flacherie, et met au point une méthode de sélection des œufs sains au microscope.

6. La théorie des germes et les premiers vaccins

À partir des années 1870, Pasteur s’attaque aux maladies infectieuses. Avec ses collaborateurs, dont Émile Roux et Charles Chamberland, il établit que des bactéries précises causent des maladies précises, en parallèle des travaux de l’Allemand Robert Koch.

  • Le choléra des poules (1879) : une culture vieillie de la bactérie, injectée aux poules, ne les tue pas mais les protège ensuite contre une culture virulente. Pasteur généralise le mot vaccin, en hommage à Edward Jenner et à la vaccine (variole de la vache).
  • Le charbon (1881) : à Pouilly-le-Fort, près de Melun, il vaccine publiquement un troupeau de moutons ; les animaux vaccinés survivent à l’injection de la bactérie, les autres meurent.

7. Le vaccin contre la rage (1885)

La rage est due à un virus, invisible avec les microscopes de l’époque. Pasteur ne peut donc pas le cultiver, mais il l’atténue en faisant sécher à l’air des moelles épinières de lapins infectés. Le 6 juillet 1885, il traite Joseph Meister, un garçon alsacien de neuf ans mordu par un chien enragé : celui-ci reçoit une série d’injections de moelles de moins en moins atténuées et survit. Le berger Jean-Baptiste Jupille est traité en octobre de la même année. Comme la rage a une longue incubation, la vaccination après la morsure est possible ; ce principe est toujours appliqué aujourd’hui. Le fonctionnement général est expliqué dans la fiche fonctionnement des vaccins.

L’Institut Pasteur

Le succès contre la rage déclenche une souscription internationale qui finance l'Institut Pasteur, inauguré en 1888. Fondation privée de recherche, d’enseignement et de santé publique, il a essaimé un réseau d’instituts dans le monde. Plusieurs de ses chercheurs ont reçu le prix Nobel, dont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier en 2008 pour la découverte du VIH.

Un héritage discuté

Les historiens ont nuancé l’image d’Épinal. Ses carnets de laboratoire, rendus publics à la fin du XXe siècle, montrent que Pasteur a parfois présenté ses méthodes de façon simplifiée, par exemple pour le vaccin du charbon de Pouilly-le-Fort, préparé selon un procédé chimique proche de celui de son rival Jean-Joseph Toussaint. Sa décision de traiter Joseph Meister avec un vaccin encore peu testé sur l’animal a aussi été discutée. Ces réserves n’enlèvent rien à l’importance de ses découvertes.

Questions fréquentes

Pasteur a-t-il inventé le premier vaccin ?

Non. Le premier vaccin, contre la variole, a été mis au point par l’Anglais Edward Jenner en 1796. Pasteur a été le premier à produire des vaccins en laboratoire par atténuation de l’agent infectieux, et à généraliser le principe.

Joseph Meister est-il devenu gardien de l’Institut Pasteur ?

Oui. Joseph Meister est devenu concierge de l’Institut Pasteur. Il est mort en 1940.

Quelle est la différence entre pasteurisation et stérilisation ?

La pasteurisation chauffe modérément (souvent entre 60 et 90 °C) pour détruire la plupart des micro-organismes dangereux en préservant le goût ; l’aliment doit ensuite être conservé au froid. La stérilisation chauffe au-delà de 100 °C et permet une conservation de longue durée à température ambiante.

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