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Alexander Fleming
Alexander Fleming (1881-1955), bactériologiste écossais, a découvert la pénicilline en 1928 en observant une moisissure qui tuait des bactéries. Il a partagé le prix Nobel de médecine 1945 avec Howard Florey et Ernst Chain.
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La découverte de la pénicilline est l’un des plus célèbres exemples de hasard en science, mais un hasard remarqué par un observateur préparé. Fleming identifie en 1928 l’action antibactérienne d’une moisissure ; il faudra pourtant attendre les travaux d’une équipe d’Oxford, à partir de 1939, pour en faire un médicament. Cette fiche retrace la vie de Fleming ; le médicament lui-même est présenté dans la fiche pénicilline.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 6 août 1881 | naissance dans une famille d’agriculteurs ; perd son père à 7 ans |
| 1895 | rejoint son frère à Londres |
| 1897-1901 | employé dans une compagnie maritime |
| 1901 | grâce à un héritage, entre à l’école de médecine de l’hôpital St Mary’s |
| 1906 | diplômé ; rejoint le service d’inoculation d’Almroth Wright |
| 1914-1918 | capitaine du corps médical de l’armée, à Boulogne-sur-Mer : étudie l’infection des plaies |
| 1921-1922 | découvre le lysozyme |
| septembre 1928 | découvre l’action de la moisissure Penicillium sur des staphylocoques |
| 1929 | publie ses observations dans le British Journal of Experimental Pathology |
| 1939-1941 | à Oxford, Florey et Chain purifient la pénicilline et la testent |
| 1943 | élu à la Royal Society ; production industrielle aux États-Unis |
| 1944 | anobli |
| 1945 | prix Nobel de physiologie ou médecine |
| 1946 | succède à Wright à la tête de l’institut de St Mary’s |
| 11 mars 1955 | mort d’une crise cardiaque ; inhumé à la cathédrale Saint-Paul de Londres |
Les plaies de guerre et le lysozyme
Pendant la Première Guerre mondiale, Fleming constate que les antiseptiques appliqués sur les plaies profondes tuent davantage les globules blancs, défenses naturelles du corps, que les bactéries. Il plaide pour un nettoyage simple des plaies.
En 1921, enrhumé, il dépose une goutte de son mucus nasal sur une culture bactérienne et observe que les bactéries autour sont détruites. Il identifie une enzyme antibactérienne présente dans les larmes, la salive et le blanc d’œuf : le lysozyme. Peu efficace contre les bactéries pathogènes, elle n’a pas d’usage médical direct, mais elle oriente Fleming vers la recherche de substances antibactériennes naturelles. Voir le système immunitaire.
La découverte de 1928
Début septembre 1928, au retour de vacances, Fleming examine des boîtes de culture de staphylocoques laissées sur sa paillasse. L’une d’elles a été contaminée par une moisissure ; autour de celle-ci, les colonies de bactéries ont disparu.
Il identifie la moisissure comme une espèce de Penicillium (plus tard identifiée comme Penicillium notatum, aujourd’hui P. rubens) et nomme pénicilline le « jus de moisissure » qu’elle produit. Il montre que :
- la pénicilline tue de nombreuses bactéries responsables de maladies graves (staphylocoques, streptocoques, pneumocoques, gonocoques) ;
- elle est sans effet sur d’autres, comme le bacille de la typhoïde ;
- elle n’est pas toxique pour les globules blancs ni pour les animaux de laboratoire.
Pourquoi il a fallu attendre
Fleming et ses assistants ne parviennent pas à purifier ni à stabiliser la pénicilline, qui se dégrade rapidement. Il l’utilise surtout comme outil de laboratoire pour isoler certaines bactéries, et n’en démontre pas l’efficacité par injection chez l’animal infecté. Son article de 1929 suscite peu d’intérêt.
En 1939, à l’université d’Oxford, le pathologiste australien Howard Florey et le biochimiste Ernst Chain, réfugié allemand, reprennent l’étude, avec notamment Norman Heatley, qui met au point les méthodes d’extraction.
| Étape | Date |
|---|---|
| expérience décisive sur huit souris infectées : les souris traitées survivent | 25 mai 1940 |
| premier patient traité, le policier Albert Alexander ; il s’améliore, mais meurt faute de stock suffisant | février 1941 |
| production industrielle aux États-Unis, par fermentation en cuves | 1942-1944 |
| pénicilline disponible pour les troupes alliées lors du débarquement de Normandie | juin 1944 |
Voir virus et bactéries.
Le prix Nobel 1945
Le prix Nobel de physiologie ou médecine 1945 est attribué à Fleming, Chain et Florey « pour la découverte de la pénicilline et de son effet curatif dans diverses maladies infectieuses ». La presse de l’époque a souvent fait de Fleming le seul héros de l’histoire, ce qu’il a lui-même tempéré en soulignant le rôle de l’équipe d’Oxford.
L’avertissement sur la résistance
Dans sa conférence Nobel de 1945, Fleming met en garde contre le risque de voir apparaître des bactéries résistantes si la pénicilline est utilisée à doses trop faibles ou à mauvais escient. L’antibiorésistance est aujourd’hui considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme l’une des principales menaces pour la santé mondiale.
Questions fréquentes
Comment Alexander Fleming a-t-il découvert la pénicilline ?
En septembre 1928, il remarque qu’une moisissure du genre Penicillium, qui avait contaminé une culture de staphylocoques, empêche les bactéries de se développer autour d’elle. Il nomme pénicilline la substance responsable.
Fleming a-t-il inventé les antibiotiques ?
Il a découvert la pénicilline, mais ce sont Howard Florey, Ernst Chain et l’équipe d’Oxford qui en ont fait, à partir de 1939-1941, un médicament utilisable chez l’homme.
Pourquoi Fleming a-t-il eu le prix Nobel ?
Pour la découverte de la pénicilline. Il a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine 1945, partagé avec Ernst Chain et Howard Florey.