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Lamarck
Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), naturaliste français, a proposé en 1809 la première théorie complète de l’évolution des espèces, le transformisme. Il a aussi créé le mot « biologie ».
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Lamarck est souvent réduit à l’exemple de la girafe et à une erreur : l’hérédité des caractères acquis. C’est injuste. Il est le premier à avoir affirmé, avec une théorie argumentée, que toutes les espèces vivantes descendent les unes des autres par transformation lente au cours de temps immenses, cinquante ans avant Darwin.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er août 1744 | naissance, onzième enfant d’une famille de petite noblesse |
| vers 1756-1760 | études chez les jésuites d’Amiens, destiné à l’Église |
| 1761 | s’engage dans l’armée ; se distingue à la bataille de Villinghausen (guerre de Sept Ans) |
| 1768 | quitte l’armée après une blessure ; études de médecine et de botanique à Paris |
| 1778 | Flore françoise, avec une clé dichotomique d’identification |
| 1779 | entre à l’Académie des sciences avec l’appui de Buffon |
| 1793 | professeur des « insectes, vers et animaux microscopiques » au nouveau Muséum |
| 1800 | expose pour la première fois ses idées transformistes |
| 1802 | Hydrogéologie et Recherches sur l’organisation des corps vivants ; emploie le mot « biologie » |
| 1809 | Philosophie zoologique |
| 1815-1822 | Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, 7 volumes |
| vers 1818 | devient aveugle ; sa fille Cornélie l’assiste |
| 18 décembre 1829 | mort à Paris, dans la pauvreté |
Le classement des invertébrés
Chargé en 1793 des animaux « inférieurs », alors un fourre-tout, Lamarck crée le terme d'invertébrés (animaux sans vertèbres) et y distingue des groupes encore reconnus : crustacés, arachnides, annélides, ainsi que les insectes et les mollusques mieux délimités. Ce travail de classification le conduit à observer les séries graduelles d’organisation qui fondent sa théorie.
La théorie transformiste
Exposée dans la Philosophie zoologique (1809), elle repose sur deux mécanismes.
- La tendance à la complexification : la vie apparaît sans cesse par génération spontanée sous des formes très simples, puis les organismes deviennent spontanément plus complexes au fil des générations.
- L’adaptation au milieu, selon la loi d’usage et de non-usage : un organe sollicité se développe, un organe inutilisé s’atrophie.
- L’hérédité des caractères acquis : ces modifications sont transmises aux descendants.
L’exemple de la girafe, dont le cou se serait allongé à force de brouter des feuilles en hauteur, figure dans la Philosophie zoologique mais en quelques lignes seulement.
Lamarck et Darwin
| Question | Lamarck (1809) | Darwin (1859) |
|---|---|---|
| les espèces se transforment-elles ? | oui | oui |
| sur quelle durée ? | temps immenses | temps immenses |
| moteur du changement | besoins, habitudes, usage des organes | variations au hasard triées par la sélection naturelle |
| hérédité | des caractères acquis | des variations innées (Darwin admettait aussi une part d’hérédité de l’acquis) |
| forme de l’histoire | séries vers la complexité | arbre ramifié d’ancêtres communs |
La génétique a montré au XXe siècle que les caractères acquis par le corps au cours de la vie ne modifient pas l’ADN transmis par les cellules reproductrices. L’épigénétique a révélé que certaines marques chimiques peuvent passer d’une génération à l’autre, mais elle ne valide pas la théorie de Lamarck : ces effets sont limités et réversibles. Voir l'évolution des espèces.
L’opposition de Cuvier
Le zoologiste Georges Cuvier, collègue de Lamarck au Muséum et figure dominante de la science française, rejette le transformisme au nom de la fixité des espèces. Son éloge funèbre de Lamarck, lu en 1832, en fait une caricature. Les idées de Lamarck restent marginalisées en France jusqu’à la fin du XIXe siècle, où se développe un courant « néolamarckien ».
Autres apports
- Le mot biologie, employé en 1802 la même année que l’Allemand Treviranus, pour désigner la science des êtres vivants ;
- la Flore françoise (1778), dont la clé dichotomique d’identification des plantes est encore le principe des flores actuelles ;
- des travaux de météorologie (Annuaires météorologiques, 1800-1810) et de géologie.
Héritage
Mort aveugle et pauvre, inhumé dans une fosse commune du cimetière du Montparnasse, Lamarck a été réhabilité comme fondateur de la pensée évolutionniste. Une statue lui rend hommage depuis 1909 au Jardin des plantes, à Paris.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le lamarckisme ?
La théorie selon laquelle les êtres vivants se transforment au fil des générations en s’adaptant à leur milieu, par l’usage ou le non-usage des organes, et transmettent ces modifications acquises à leurs descendants.
Lamarck s’est-il trompé ?
Sur le mécanisme, oui : les caractères acquis au cours de la vie ne se transmettent pas génétiquement. Mais il avait raison sur l’essentiel, la transformation des espèces au cours de temps très longs.
Quel est l’exemple de la girafe ?
Selon Lamarck, les girafes, en s’étirant pour atteindre les feuilles des arbres, auraient allongé leur cou et transmis ce cou plus long à leurs petits. Pour Darwin, les girafes nées avec un cou plus long survivaient et se reproduisaient davantage.