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Ada Lovelace
Ada Lovelace (1815-1852), mathématicienne anglaise, a publié en 1843 des notes sur la machine analytique de Babbage contenant un algorithme souvent considéré comme le premier programme informatique.
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Fille unique du poète Lord Byron, Ada Lovelace a compris, un siècle avant les premiers ordinateurs, qu’une machine à calculer programmable pourrait manipuler bien autre chose que des nombres. Ses notes de 1843 sur la machine analytique, jamais construite, en font une figure fondatrice de l'histoire de l’informatique. L’importance exacte de sa contribution est discutée par les historiens.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 10 décembre 1815 | naissance ; fille de Lord Byron et d’Annabella Milbanke |
| janvier 1816 | ses parents se séparent ; Byron quitte l’Angleterre et ne la reverra jamais |
| 1824 | mort de Byron en Grèce |
| enfance | sa mère lui fait donner une éducation scientifique poussée, notamment pour l’éloigner de la poésie |
| 1828 | à 12 ans, conçoit un projet de machine volante |
| 5 juin 1833 | rencontre Charles Babbage, qui lui montre un fragment de sa machine à différences |
| 1835 | épouse William King, futur comte de Lovelace (1838) ; trois enfants |
| 1840-1841 | cours de mathématiques avec Augustus De Morgan |
| 1842 | Luigi Menabrea publie en français un article sur la machine analytique |
| 1843 | publie la traduction anglaise de l’article, accompagnée de ses « Notes » |
| 1844-1852 | maladie ; intérêt pour les paris hippiques, qui lui causent des dettes |
| 27 novembre 1852 | meurt d’un cancer de l’utérus ; inhumée près de son père |
Charles Babbage et ses machines
Le mathématicien Charles Babbage (1791-1871) conçoit deux machines :
| Machine | Conception | Fonction |
|---|---|---|
| machine à différences | à partir de 1822 | calcul automatique de tables numériques par la méthode des différences ; jamais achevée de son vivant |
| machine analytique | à partir de 1834 | machine à calculer générale, programmable par cartes perforées, avec une unité de calcul (le « moulin ») et une mémoire (le « magasin ») |
La machine analytique possède les éléments d’un ordinateur moderne : programme séparé des données, mémoire, unité de calcul, branchements conditionnels et boucles. Les cartes perforées sont empruntées au métier à tisser de Joseph-Marie Jacquard. La machine ne fut jamais construite, faute de financement et de techniques mécaniques suffisantes. Voir le fonctionnement d’un ordinateur.
Les Notes de 1843
En 1842, l’ingénieur italien Luigi Menabrea publie, en français, un compte rendu d’une conférence de Babbage à Turin. Ada Lovelace le traduit en anglais et y ajoute sept notes, désignées par les lettres A à G, environ trois fois plus longues que l’article original. Elles paraissent en 1843, signées des seules initiales « A. A. L. ».
On y trouve :
- la note G : un tableau détaillant, étape par étape, comment la machine calculerait les nombres de Bernoulli, suite de nombres utilisée en analyse. C’est la description complète d’un algorithme destiné à une machine, avec variables et répétitions : on la considère souvent comme le premier programme informatique publié ;
- l’idée d’une machine universelle : selon Lovelace, la machine pourrait agir sur tout objet dont les relations peuvent être exprimées symboliquement, par exemple composer de la musique ;
- une réflexion sur les limites de la machine : elle n’a aucune prétention à créer quoi que ce soit et ne fait que ce qu’on sait lui ordonner.
Cette dernière idée a été discutée en 1950 par Alan Turing, qui l’appelle « l’objection de Lady Lovelace » dans son article sur la possibilité de machines pensantes. Voir le test de Turing.
Un rôle discuté
Certains historiens soulignent que Babbage avait lui-même écrit des programmes pour sa machine avant 1843 et qu’il a aidé Lovelace pour les calculs de la note G. D’autres insistent sur l’originalité de sa vision : elle a perçu que la machine n’était pas seulement un calculateur, mais un manipulateur général de symboles. Babbage la surnommait l'« enchanteresse des nombres » dans sa correspondance. Le consensus actuel reconnaît en elle une pionnière de la pensée informatique, sans faire d’elle la seule ni la première programmeuse au sens strict.
La « science poétique »
Lovelace revendiquait une approche qu’elle appelait « science poétique », alliant l’imagination à la rigueur. Elle s’intéressa aussi à la phrénologie, au mesmérisme et à un projet de modèle mathématique du système nerveux, sans aboutir.
Héritage
| Hommage | Date |
|---|---|
| langage de programmation Ada, développé pour le département de la Défense américain | 1980 |
| Ada Lovelace Day, journée de valorisation des femmes en sciences, le deuxième mardi d’octobre | depuis 2009 |
Voir les langages de programmation.
Questions fréquentes
Pourquoi Ada Lovelace est-elle considérée comme la première programmeuse ?
Parce que ses notes de 1843 contiennent la description détaillée d’un algorithme, le calcul des nombres de Bernoulli, conçu pour être exécuté par la machine analytique de Babbage. C’est le premier programme de ce type publié.
Ada Lovelace a-t-elle inventé l’ordinateur ?
Non. La machine analytique a été conçue par Charles Babbage. Lovelace en a expliqué le fonctionnement, en a écrit un programme et en a perçu les possibilités au-delà du calcul numérique.
Qui était le père d’Ada Lovelace ?
Le poète romantique anglais Lord Byron. Il quitta l’Angleterre quelques semaines après sa naissance et mourut en 1824 sans l’avoir revue.