Santé et secours · Maladies courantes
Épilepsie (la maladie)
L’épilepsie est une maladie neurologique chronique définie par la répétition de crises dues à une activité électrique anormale du cerveau. Elle touche tous les âges ; environ 70 % des personnes n’ont plus de crise avec un traitement adapté.
Mis à jour le 4 min de lecture
L'épilepsie est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes : environ 50 millions de personnes en sont atteintes dans le monde selon l’OMS. Elle se caractérise par une prédisposition durable du cerveau à produire des crises épileptiques, décharges électriques anormales et soudaines d’un groupe de neurones. Avoir fait une crise ne signifie pas être épileptique : beaucoup de crises sont isolées et liées à une cause ponctuelle. Les gestes à faire face à une crise sont détaillés dans la fiche crise d’épilepsie : que faire ; cette fiche porte sur la maladie elle-même.
Causes et facteurs de risque
| Origine | Exemples |
|---|---|
| Structurelle | Séquelle d'AVC, traumatisme crânien, tumeur, malformation du cortex, cicatrice de l’hippocampe |
| Génétique | Nombreuses épilepsies de l’enfant et de l’adolescent |
| Infectieuse | Séquelles de méningite, d’encéphalite ; neurocysticercose (première cause évitable dans de nombreux pays) |
| Métabolique, immunitaire | Maladies rares, encéphalites auto-immunes |
| Inconnue | Une part importante des cas |
L’épilepsie survient surtout chez l'enfant et après 60 ans, où les causes vasculaires et neurodégénératives dominent.
Facteurs déclenchants de crise
Chez une personne épileptique, les crises sont favorisées par le manque de sommeil (voir besoins de sommeil), l’oubli du traitement, l'alcool et son sevrage, certaines drogues, la fièvre, le stress, et plus rarement les lumières clignotantes (épilepsies photosensibles).
Les types de crises
- Crises focales : elles naissent dans une zone du cerveau. Les symptômes dépendent de cette zone : secousses d’un bras, fourmillements, sensation de déjà-vu, odeur bizarre, gestes automatiques (mâchonnement), regard fixe, avec ou sans altération de la conscience.
- Crises généralisées : elles touchent d’emblée les deux hémisphères. Les plus connues sont les crises tonico-cloniques (perte de connaissance, raidissement puis secousses), les absences de l’enfant (quelques secondes de « déconnexion »), les myoclonies (secousses brèves, souvent le matin).
- Une crise focale peut se généraliser secondairement.
Quand consulter
Toute première crise impose un avis médical en urgence pour en rechercher la cause. Une personne déjà suivie doit consulter son neurologue si les crises changent, deviennent plus fréquentes, ou en cas d’effets indésirables du traitement.
Diagnostic
Il repose d’abord sur le récit de la crise, par la personne et surtout par les témoins (une vidéo filmée par un proche est très utile), puis sur :
- l'électroencéphalogramme (EEG), qui enregistre l’activité électrique du cerveau ; un EEG normal entre les crises n’exclut pas l’épilepsie ;
- l'IRM cérébrale, qui recherche une lésion ;
- une prise de sang, et selon les cas une analyse génétique.
Le neurologue doit distinguer la crise d’épilepsie d’autres malaises : syncope, malaise vagal, crise d’angoisse, crise non épileptique psychogène.
Traitements
- Médicaments antiépileptiques : ils ne guérissent pas la maladie mais empêchent les crises chez environ 7 personnes sur 10. Le choix dépend du type d’épilepsie, de l’âge, du sexe et des autres traitements. Ils doivent être pris tous les jours, à heure régulière, et jamais arrêtés brusquement.
- Chirurgie : en cas d’épilepsie focale résistante aux médicaments, l’ablation de la zone responsable peut supprimer les crises chez certains patients sélectionnés après un bilan approfondi.
- Stimulation du nerf vague ou stimulation cérébrale profonde, régime cétogène chez certains enfants.
Vivre avec l’épilepsie
Un sommeil régulier, une bonne observance du traitement et la limitation de l’alcool réduisent le risque de crise. La conduite automobile est encadrée : en France, elle est en général possible après une période sans crise fixée par la réglementation et validée par un médecin agréé. Certaines activités (baignade seule, escalade, travail en hauteur) demandent des précautions. Les proches, l’école ou l’employeur gagnent à connaître les gestes de premiers secours.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Personnes atteintes dans le monde | environ 50 millions | OMS |
| Personnes atteintes en France | environ 600 000 à 700 000 | Inserm, Ligue française contre l’épilepsie |
| Personnes libres de crises sous traitement adapté | jusqu’à 70 % | OMS |
Questions fréquentes
L’épilepsie se guérit-elle ?
Certaines épilepsies de l’enfant disparaissent avec l’âge. Chez d’autres, le traitement peut être arrêté après plusieurs années sans crise, sur décision du neurologue. La chirurgie peut guérir certaines formes.
Les jeux vidéo provoquent-ils l’épilepsie ?
Non. Les lumières clignotantes peuvent déclencher des crises chez les rares personnes photosensibles, mais elles ne créent pas la maladie.
Une crise est-elle dangereuse pour le cerveau ?
Une crise brève n’abîme pas le cerveau. Les crises prolongées (état de mal) et les accidents lors des crises sont les principaux dangers, d’où l’importance du traitement.
Peut-on avaler sa langue pendant une crise ?
Non, c’est une idée reçue. Il ne faut jamais rien mettre dans la bouche d’une personne qui convulse.