Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Perte de connaissance brusque
Une perte de connaissance brusque, survenant sans aucun signe annonciateur, doit faire rechercher une cause cardiaque. Elle justifie toujours un avis médical rapide, et l’appel du 15 si la personne ne se réveille pas.
Mis à jour le 5 min de lecture
On parle de perte de connaissance brusque lorsque la personne s’effondre d’un seul coup, sans avoir ressenti les signes habituels d’un malaise (sueurs, nausée, voile noir). Elle tombe souvent « comme une masse », parfois en se blessant, faute d’avoir pu se protéger. Si la plupart des pertes de connaissance brèves sont des malaises vagaux bénins, l’absence de prodromes est l’un des principaux signes qui orientent les médecins vers une cause plus sérieuse, en particulier un trouble du rythme cardiaque.
Brusque ou progressive : pourquoi la différence compte
| Perte de connaissance progressive | Perte de connaissance brusque | |
|---|---|---|
| Signes annonciateurs | Oui : sueurs, nausée, vue trouble, chaleur | Aucun, ou quelques secondes de palpitations |
| Contexte | Debout, chaleur, émotion, douleur | Parfois à l’effort, assis ou allongé |
| Chute | Souvent amortie (la personne se sent partir) | Brutale, blessures fréquentes au visage |
| Cause la plus fréquente | Malaise vagal, hypotension orthostatique | À évaluer : cardiaque, neurologique, parfois réflexe |
| Conduite | Avis médical | Avis médical rapide, ECG indispensable |
Une perte de connaissance brusque n’est pas forcément grave : certaines syncopes réflexes chez la personne âgée surviennent sans prodrome. Mais seul un médecin peut le dire, après examen et électrocardiogramme.
Que faire immédiatement
- Protéger la victime et vous-même (circulation, escalier, eau).
- Parler fort, lui demander de serrer la main. Pas de réponse : elle est inconsciente.
- Crier à l’aide, faire chercher un défibrillateur.
- Basculer la tête en arrière et vérifier la respiration pendant 10 secondes au maximum.
- Ne respire pas ou respire anormalement (gasps) : appel du 15 ou du 112, puis massage cardiaque sans interruption jusqu’à l’arrivée du défibrillateur ou des secours.
- Respire normalement : position latérale de sécurité, appel du 15, surveillance continue de la respiration.
- Se réveille rapidement : la laisser allongée, rechercher une blessure (tête, poignets, dents), appeler le 15 pour un avis médical. Noter l’heure, la durée de la perte de connaissance et ce que vous avez observé.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas attendre que la personne « revienne toute seule » si elle ne respire pas normalement.
- Ne pas la relever ou la faire marcher juste après le réveil.
- Ne pas la laisser repartir seule, et encore moins conduire, avant un avis médical.
- Ne pas banaliser un épisode qui s’est produit à l’effort, même si tout est rentré dans l’ordre.
Les causes possibles d’une perte de connaissance brusque
Causes cardiaques
Ce sont celles que le médecin cherche en priorité, car elles exposent à un risque de récidive et de mort subite :
- troubles du rythme trop lent (bloc auriculo-ventriculaire, dysfonction sinusale) ou trop rapide (tachycardie ventriculaire) ;
- maladies cardiaques héréditaires : cardiomyopathie hypertrophique, syndrome du QT long, syndrome de Brugada ;
- obstacle à l’éjection du sang : rétrécissement aortique serré ;
- plus rarement : infarctus, embolie pulmonaire massive.
Les signes évocateurs sont détaillés dans malaise cardiaque : les signes.
Causes neurologiques
- Crise d’épilepsie : perte de connaissance brutale, souvent avec raidissement puis secousses, morsure du bord de la langue, confusion de plusieurs minutes au réveil.
- AVC : la perte de connaissance y est rare et concerne surtout les hémorragies graves ; elle s’accompagne souvent de céphalée brutale ou de paralysie.
Autres causes
- syncope réflexe sans prodrome, notamment chez la personne âgée (hypersensibilité du sinus carotidien en tournant la tête ou en serrant un col) ;
- hypoglycémie chez la personne diabétique traitée ;
- traumatisme crânien (le choc peut être cause ou conséquence de la chute) ;
- intoxication, notamment au monoxyde de carbone.
Les signes de gravité qui imposent d’appeler le 15
- perte de connaissance pendant un effort ou en position allongée ;
- palpitations juste avant, ou douleur dans la poitrine, essoufflement ;
- maladie cardiaque connue (infarctus, insuffisance cardiaque, valve) ;
- mort subite inexpliquée d’un proche de moins de 40 ans environ ;
- blessure importante liée à la chute, choc à la tête ;
- confusion prolongée, paralysie, trouble de la parole ;
- personne âgée, ou épisodes répétés en peu de temps.
Les examens réalisés
L'électrocardiogramme est systématique : il peut à lui seul révéler un trouble de la conduction ou une anomalie héréditaire. Selon le cas, s’y ajoutent une échographie du cœur, une surveillance du rythme (scope à l’hôpital, Holter de 24 à 48 heures, voire moniteur implantable sous la peau pour des épisodes rares), une épreuve d’effort, une prise de sang, un électroencéphalogramme ou une imagerie cérébrale.
Questions fréquentes
Une perte de connaissance brusque est-elle toujours grave ?
Non, mais elle doit toujours être prise au sérieux. L’absence de signes annonciateurs est un argument pour une cause cardiaque, qu’un électrocardiogramme et un examen médical permettent souvent d’écarter ou de confirmer.
Quelle différence avec un malaise vagal ?
Le malaise vagal s’annonce presque toujours : sueurs, pâleur, nausée, vue trouble, sensation de partir. Il survient debout, dans un contexte typique (chaleur, émotion, douleur). La perte de connaissance brusque survient sans prévenir.
Peut-on perdre connaissance brusquement à cause du stress ?
Le stress peut déclencher un malaise vagal, qui comporte en général des signes annonciateurs. Une perte de connaissance réellement brutale ne doit pas être attribuée au stress sans avis médical.
Que faire si cela arrive à un sportif ?
Un effondrement pendant l’effort est un arrêt cardiaque jusqu’à preuve du contraire : appel du 15 ou du 112, massage cardiaque immédiat et défibrillateur. Le sportif ne doit pas reprendre le sport avant un bilan cardiologique.