Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Malaise cardiaque : les signes
Une douleur dans la poitrine en étau, qui serre ou brûle, durant plus de quelques minutes et pouvant irradier vers le bras, la mâchoire ou le dos, doit faire appeler le 15 immédiatement : c’est peut-être un infarctus.
Mis à jour le 4 min de lecture
L’expression « malaise cardiaque » désigne, dans le langage courant, un malaise lié au cœur. Le plus redouté est l'infarctus du myocarde (ou « crise cardiaque ») : une artère coronaire qui nourrit le muscle cardiaque se bouche, et la partie du cœur qu’elle irrigue commence à mourir. Le traitement, qui consiste à déboucher l’artère, est d’autant plus efficace qu’il est précoce. Mais d’autres troubles cardiaques peuvent provoquer un malaise : angine de poitrine, trouble du rythme, insuffisance cardiaque. Dans tous les cas, ce n’est pas au témoin de faire le diagnostic : sa mission est de reconnaître les signes et d’alerter sans délai.
Les signes typiques d’un infarctus
- Douleur dans la poitrine, au milieu du thorax, derrière le sternum, souvent décrite comme une sensation de serrement, d’étau, de poids ou de brûlure.
- Douleur qui peut irradier vers le bras gauche (parfois les deux bras), la mâchoire, le cou, le dos ou le haut du ventre.
- Douleur qui dure (plus de quelques minutes), survenant au repos ou à l’effort, et qui ne cède pas au repos.
- Signes associés fréquents : essoufflement, sueurs, nausées ou vomissements, pâleur, angoisse, sensation de malaise général.
Des signes parfois trompeurs
Chez certaines personnes, l’infarctus se présente de façon atypique, ce qui retarde l’appel :
| Situation | Signes possibles |
|---|---|
| Femmes | Essoufflement, fatigue inhabituelle, nausées, douleur dans le dos, la mâchoire ou le haut du ventre, plus souvent que la douleur thoracique classique |
| Personnes âgées | Essoufflement, confusion, chute, malaise sans douleur |
| Personnes diabétiques | Douleur faible ou absente (atteinte des nerfs), essoufflement, fatigue |
| Tous | Douleur « d’estomac » ou « d’indigestion » qui ne passe pas, sueurs inexpliquées |
Les autres malaises d’origine cardiaque
| Trouble | Signes évocateurs |
|---|---|
| Angine de poitrine (angor) | Douleur thoracique à l’effort, qui cède en quelques minutes au repos ou avec la trinitrine |
| Trouble du rythme | Palpitations (cœur très rapide, irrégulier ou au contraire très lent), malaise, essoufflement, perte de connaissance brusque |
| Insuffisance cardiaque aiguë | Essoufflement intense, surtout allongé, toux, jambes gonflées |
| Arrêt cardiaque | Effondrement, absence de réponse, absence de respiration normale |
Que faire face à un malaise cardiaque
- Faites cesser toute activité : la personne doit s’arrêter immédiatement.
- Installez-la au repos dans la position où elle se sent le mieux, souvent assise ou demi-assise. Ne la forcez pas à s’allonger si elle respire mal.
- Appelez le 15 (ou le 112, le 911 au Québec). Précisez : âge, douleur dans la poitrine, depuis quand, antécédents cardiaques, traitements. Voir alerter les secours.
- Desserrez les vêtements, rassurez-la, parlez calmement.
- Si elle a un traitement prescrit pour ce type de douleur (trinitrine en spray ou comprimé sous la langue), aidez-la à le prendre selon la prescription et les consignes du médecin régulateur.
- Ne donnez pas d’aspirine ni aucun autre médicament de vous-même : le médecin du SAMU décidera.
- Faites chercher un défibrillateur et gardez-le à proximité.
- Surveillez-la en permanence. Si elle perd connaissance et ne respire plus normalement : massage cardiaque immédiat et défibrillateur.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas attendre que la douleur passe, ni « voir demain ».
- Ne pas conduire soi-même ni se faire conduire aux urgences : l’infarctus peut se compliquer d’un arrêt cardiaque pendant le trajet, et le SAMU peut commencer le traitement avant l’hôpital.
- Ne pas faire marcher la personne, ni lui faire monter des escaliers.
- Ne pas donner à boire, à manger ou un médicament sans l’avis du médecin régulateur.
- Ne pas minimiser les symptômes chez une femme ou une personne jeune.
Les facteurs de risque
Les principaux facteurs de risque cardiovasculaire sont le tabac, l'hypertension artérielle, le cholestérol, le diabète, la sédentarité, le surpoids (en particulier abdominal), le stress chronique, l’âge (plus de 50 ans chez l’homme, après la ménopause chez la femme) et les antécédents familiaux d’infarctus précoce.
Prévention
- Ne pas fumer, ou arrêter : le risque diminue rapidement après l’arrêt.
- Faire contrôler sa tension, son cholestérol et sa glycémie (voir tension artérielle normale).
- Pratiquer une activité physique régulière (au moins 30 minutes d’activité modérée la plupart des jours de la semaine).
- Adopter une alimentation équilibrée, peu salée, riche en fruits, légumes et fibres.
- Suivre les traitements prescrits sans les interrompre.
- Apprendre les gestes qui sauvent : massage cardiaque et défibrillateur (voir formation aux premiers secours).
Pour comprendre le rôle des artères coronaires, voir comment fonctionne le cœur.
Questions fréquentes
Comment savoir si une douleur dans la poitrine vient du cœur ?
C’est impossible à affirmer sans examen médical et électrocardiogramme. Une douleur en étau, qui dure, qui irradie ou s’accompagne de sueurs ou d’essoufflement doit faire appeler le 15. Beaucoup de douleurs thoraciques ont une autre cause (muscles, estomac, anxiété), mais c’est au médecin de le dire.
Un infarctus peut-il passer inaperçu ?
Oui. Certains infarctus, notamment chez les personnes diabétiques ou âgées, sont peu douloureux ou silencieux et ne sont découverts que plus tard sur un électrocardiogramme.
Malaise cardiaque et arrêt cardiaque, est-ce la même chose ?
Non. Lors d’un malaise cardiaque, la personne est consciente et respire. Lors d’un arrêt cardiaque, elle est inconsciente et ne respire plus normalement : il faut masser immédiatement. Un infarctus peut se compliquer d’un arrêt cardiaque.
Une crise d’angoisse peut-elle ressembler à un malaise cardiaque ?
Oui, avec palpitations, oppression thoracique et essoufflement. Mais une crise d’angoisse ne peut être retenue qu’après avoir écarté une cause cardiaque. Au moindre doute, appelez le 15.