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Santé et secours · Gestes de premiers secours

Massage cardiaque

Le massage cardiaque consiste à comprimer fortement le centre de la poitrine d’une personne en arrêt cardiaque, 100 à 120 fois par minute, pour faire circuler le sang en attendant le défibrillateur et les secours.

Mis à jour le 7 min de lecture

L’arrêt cardiaque survient quand le cœur cesse de pomper efficacement le sang. Le cerveau, privé d’oxygène, subit des lésions en quelques minutes. En France, on estime à environ 40 000 à 50 000 le nombre d’arrêts cardiaques soudains survenant chaque année hors de l’hôpital, et la survie reste inférieure à 10 %, en grande partie parce que les témoins n’agissent pas assez tôt. Chaque minute sans massage ni défibrillation réduit les chances de survie d’environ 10 %. Le massage cardiaque (ou compressions thoraciques) remplace temporairement la pompe cardiaque : il ne « relance » pas le cœur, mais il maintient un minimum de circulation jusqu’à ce qu’un défibrillateur puisse rétablir un rythme normal.

Reconnaître un arrêt cardiaque

Une victime est en arrêt cardiaque si :

  1. elle ne répond pas quand on lui parle et ne réagit pas quand on lui demande de serrer la main ;
  2. elle ne respire pas, ou respire de façon anormale : mouvements lents, bruyants, irréguliers (gasps).

On ne cherche pas le pouls : cette recherche est peu fiable chez le non-professionnel et fait perdre du temps. La vérification de la respiration se fait en 10 secondes au maximum, tête basculée en arrière et menton relevé (voir perte de connaissance).

La chaîne de survie

MaillonGesteQui
1. AlerterAppel du 15, du 112 ou du 18 (911 au Québec)Témoin
2. MasserCompressions thoraciques immédiatesTémoin
3. DéfibrillerDéfibrillateur automatisé externe (DAE)Témoin
4. Prise en charge spécialiséeRéanimation médicalisée, hôpitalSAMU, pompiers

Les trois premiers maillons dépendent entièrement des témoins. Un massage commencé tôt et une défibrillation dans les premières minutes peuvent multiplier la survie par deux à trois.

Massage cardiaque chez l’adulte : étape par étape

  1. Allongez la victime sur le dos, sur une surface dure (le sol plutôt qu’un lit). Dégagez sa poitrine si possible.
  2. Agenouillez-vous à côté de son thorax.
  3. Placez le talon d’une main au centre de la poitrine, sur la moitié inférieure du sternum (entre les deux seins chez l’homme).
  4. Posez l’autre main par-dessus, doigts entrecroisés ou relevés pour ne pas appuyer sur les côtes.
  5. Bras tendus, épaules à la verticale de vos mains, appuyez de tout le poids de votre corps pour enfoncer le sternum de 5 à 6 cm.
  6. Relâchez complètement la pression entre chaque compression, sans décoller les mains, pour laisser le thorax reprendre sa forme et le cœur se remplir.
  7. Rythme : 100 à 120 compressions par minute, soit environ deux par seconde. Le tempo de chansons comme Stayin' Alive (Bee Gees) est souvent utilisé comme repère.
  8. Si vous êtes formé, après 30 compressions, faites 2 insufflations (tête basculée, nez pincé, bouche-à-bouche d’une seconde chacune, en regardant la poitrine se soulever), puis reprenez immédiatement les compressions. Cycle : 30 compressions / 2 insufflations.
  9. Si vous n’êtes pas formé ou ne souhaitez pas faire le bouche-à-bouche, faites des compressions seules, en continu. C’est beaucoup mieux que rien.
  10. Ne vous arrêtez pas, sauf pour laisser le défibrillateur analyser, si la victime se met à respirer normalement, bouge, ou si les secours prennent le relais. Changez de sauveteur toutes les deux minutes si possible : la fatigue réduit très vite l’efficacité.

Avec un défibrillateur (DAE)

Dès qu’un défibrillateur automatisé externe arrive :

  1. allumez-le (ou ouvrez le capot) et suivez ses instructions vocales ;
  2. collez les électrodes sur la poitrine nue et sèche, comme indiqué sur les schémas (sous la clavicule droite et sous l’aisselle gauche) ;
  3. ne touchez plus la victime pendant l’analyse et le choc ;
  4. reprenez le massage immédiatement après le choc ou si l’appareil indique qu’aucun choc n’est nécessaire.

Le défibrillateur ne délivre un choc que s’il est utile : il ne peut pas blesser une victime qui n’en a pas besoin. Voir défibrillateur (DAE) : mode d’emploi.

Massage cardiaque chez l’enfant (1 an à la puberté)

Chez l’enfant, l’arrêt cardiaque est le plus souvent la conséquence d’un manque d’oxygène (étouffement, noyade, détresse respiratoire). Si vous êtes formé :

  1. libérez les voies aériennes et faites 5 insufflations initiales ;
  2. comprimez le centre de la poitrine avec le talon d’une seule main (ou deux mains si l’enfant est grand), pour enfoncer le thorax d’un tiers de son épaisseur (environ 5 cm) ;
  3. rythme de 100 à 120 par minute ;
  4. alternez 15 compressions et 2 insufflations ;
  5. si vous êtes seul, réalisez une minute de réanimation avant d’alerter, sauf si vous pouvez téléphoner haut-parleur activé en continuant.

Si vous n’êtes pas formé, appliquez la technique de l’adulte (30/2 ou compressions seules) : agir vaut toujours mieux que s’abstenir. Le défibrillateur s’utilise aussi chez l’enfant, avec des électrodes pédiatriques si elles sont disponibles (sinon, électrodes adultes, l’une devant, l’autre dans le dos).

Massage cardiaque chez le nourrisson (moins de 1 an)

  1. Allongez-le sur une surface plane et dure, tête en position neutre (non basculée).
  2. Faites 5 insufflations initiales en couvrant à la fois sa bouche et son nez avec votre bouche, en soufflant doucement.
  3. Comprimez le sternum avec la pulpe de deux doigts (index et majeur), juste sous la ligne reliant les mamelons, ou avec les deux pouces en encerclant le thorax si vous êtes deux.
  4. Enfoncez d’un tiers de l’épaisseur du thorax (environ 4 cm).
  5. Rythme de 100 à 120 par minute, cycles de 15 compressions et 2 insufflations.

Voir aussi perte de connaissance chez l’enfant.

Récapitulatif par âge

AdulteEnfant (1 an à la puberté)Nourrisson (< 1 an)
Insufflations initialesNon55
Mains2 mains1 ou 2 mains2 doigts ou 2 pouces
Profondeur5 à 6 cm1/3 du thorax (≈ 5 cm)1/3 du thorax (≈ 4 cm)
Rythme100 à 120/min100 à 120/min100 à 120/min
Ratio (sauveteur formé)30/215/215/2
DAEOuiOui (électrodes pédiatriques si possible)Oui si disponible

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Ne pas chercher le pouls ou écouter le cœur : on perd un temps précieux.
  • Ne pas masser sur un lit ou un canapé : l’efficacité est très réduite. Mettez la victime au sol.
  • Ne pas placer les mains trop bas (sur l’estomac) ou sur le côté de la poitrine.
  • Ne pas plier les bras : la force doit venir du poids du corps.
  • Ne pas interrompre les compressions plus de 10 secondes.
  • Ne pas s’arrêter parce que la victime ne « revient » pas : le massage est utile même s’il ne produit aucun signe visible.
  • Ne pas mettre en PLS une victime qui ne respire pas.

Quand arrêter le massage ?

  • quand les secours (pompiers, SAMU) prennent le relais et vous le demandent ;
  • quand la victime respire de nouveau normalement, bouge, tousse ou ouvre les yeux : mettez-la alors en position latérale de sécurité et surveillez-la ;
  • quand vous êtes physiquement épuisé et qu’aucun relais n’est possible ;
  • si votre sécurité est menacée.

Se former

Lire une fiche ne remplace pas la pratique sur mannequin. En France, la formation PSC1 (environ 7 heures) et l’initiation « Gestes qui sauvent » (environ 2 heures) enseignent le massage cardiaque et l’utilisation du défibrillateur. Au Québec, des cours de RCR sont proposés notamment par la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, la Croix-Rouge et Ambulance Saint-Jean. Voir formation aux premiers secours (PSC1).

Questions fréquentes

Faut-il faire le bouche-à-bouche ?

Seulement si vous êtes formé et le souhaitez. Pour un adulte, les compressions seules, en continu, sont efficaces pendant les premières minutes. Chez l’enfant et le nourrisson, les insufflations sont plus importantes, car l’arrêt est souvent d’origine respiratoire.

Combien de temps faut-il masser ?

Jusqu’à l’arrivée des secours, la reprise d’une respiration normale, ou l’épuisement. Les secours arrivent en général en 10 à 20 minutes : relayez-vous toutes les deux minutes si vous êtes plusieurs.

Peut-on faire du mal en massant quelqu’un qui n’est pas en arrêt cardiaque ?

Le risque est faible et sans commune mesure avec celui de ne pas masser une victime en arrêt. Une personne qui n’est pas en arrêt réagit en général à la douleur des compressions.

Quelle est la bonne profondeur de compression ?

Chez l’adulte, 5 à 6 cm, soit une pression beaucoup plus forte que ce que l’on imagine. Chez l’enfant et le nourrisson, environ un tiers de l’épaisseur du thorax.

Le massage cardiaque est-il obligatoire ?

En France, le Code pénal sanctionne la non-assistance à personne en danger lorsqu’on pouvait agir sans risque pour soi. Appeler les secours est le minimum ; masser, guidé par le SAMU au téléphone, est à la portée de chacun.

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