Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Perte de connaissance chez l’enfant
Si un enfant perd connaissance et ne respire pas, appelez le 15 et commencez la réanimation ; s’il respire, mettez-le sur le côté et appelez le 15. Les causes sont souvent bénignes ; un avis médical s’impose.
Mis à jour le 5 min de lecture
Voir son enfant perdre connaissance est terrifiant. La plupart du temps, la cause est bénigne : malaise vagal chez l’adolescent, spasme du sanglot chez le jeune enfant, convulsion due à la fièvre. Mais une perte de connaissance peut aussi révéler un étouffement, un traumatisme crânien, une intoxication ou, rarement, un problème cardiaque. Les gestes de premiers secours sont proches de ceux de l’adulte, avec quelques adaptations selon l’âge. Tout épisode doit être signalé à un médecin.
Que faire étape par étape
- Protégez l’enfant et vous-même (route, eau, prise électrique, produit toxique).
- Stimulez-le : appelez-le par son prénom, tapotez ses épaules (chez le nourrisson, la plante des pieds). Ne le secouez jamais.
- Criez à l’aide pour qu’une personne alerte les secours.
- Libérez les voies aériennes : sur le dos, basculez doucement la tête en arrière et relevez le menton (chez le nourrisson, gardez la tête en position neutre, simplement alignée avec le corps).
- Vérifiez la respiration pendant 10 secondes maximum.
- S’il ne respire pas ou respire anormalement : si vous êtes formé, faites 5 insufflations, puis 15 compressions et 2 insufflations, en continu. Si vous êtes seul, faites une minute de réanimation avant d’appeler, ou appelez immédiatement avec le haut-parleur. Si vous n’êtes pas formé, appelez le 15 et suivez les consignes du médecin. Détails par âge dans massage cardiaque.
- S’il respire : mettez-le sur le côté (PLS pour l’enfant ; nourrisson couché sur le côté dans vos bras, tête légèrement plus basse), appelez le 15, surveillez sa respiration en continu.
- S’il se réveille rapidement : laissez-le allongé, rassurez-le, cherchez une blessure, notez la durée et ce que vous avez vu, appelez le 15 pour avis.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne jamais secouer un bébé ou un enfant : chez le nourrisson, le secouement peut provoquer des lésions cérébrales graves.
- Ne pas donner à boire ni à manger tant qu’il n’est pas parfaitement réveillé.
- Ne pas mettre les doigts dans sa bouche à l’aveugle (risque d’enfoncer un objet), ni quoi que ce soit en cas de convulsion.
- Ne pas plonger l’enfant dans l’eau froide en cas de fièvre ou de convulsion.
- Ne pas attendre que « ça passe » s’il ne respire pas normalement.
Les causes fréquentes selon l’âge
| Cause | Âge typique | Ce qui oriente |
|---|---|---|
| Spasme du sanglot | 6 mois à 5 ans | Pleurs ou colère, blocage de la respiration, enfant bleu ou pâle, perte de connaissance brève |
| Convulsions fébriles | 6 mois à 5 ans | Fièvre, raidissement puis secousses, quelques minutes |
| Malaise vagal | Grand enfant, adolescent | Debout, chaleur, prise de sang, émotion ; sueurs, pâleur, nausée |
| Traumatisme crânien | Tout âge | Chute, choc ; voir commotion cérébrale |
| Étouffement | Surtout 1 à 4 ans | Jouait ou mangeait, toux brutale, impossible de parler ou crier |
| Crise d’épilepsie | Tout âge | Convulsions sans fièvre, confusion après |
| Hypoglycémie | Enfant diabétique | Sueurs, pâleur, comportement inhabituel |
| Intoxication | Surtout 1 à 4 ans | Médicaments, produits ménagers, plantes, monoxyde de carbone |
| Noyade | Tout âge | Contexte évident |
| Cause cardiaque | Tout âge, rare | Malaise à l’effort, dans l’eau, au bruit soudain, antécédent familial de mort subite |
Le spasme du sanglot
Fréquent chez le jeune enfant, il survient lors d’une colère, d’une frustration, d’une douleur ou d’une peur. L’enfant pleure, bloque sa respiration en fin d’expiration, devient bleu (forme cyanotique) ou pâle (forme pâle, souvent après une petite chute ou une douleur), puis perd connaissance quelques secondes, parfois avec quelques secousses. Il reprend ensuite sa respiration et se réveille spontanément. Le spasme du sanglot est impressionnant mais bénin ; il disparaît avec l’âge. Le premier épisode doit être montré au médecin pour confirmer le diagnostic.
Quand appeler le 15 ou consulter en urgence
Appelez le 15 dans tous les cas où :
- l’enfant ne se réveille pas rapidement, ou reste somnolent, confus, difficile à réveiller ;
- la perte de connaissance survient pendant un effort, une baignade ou après un bruit soudain ;
- il a des convulsions durant plus de 5 minutes, ou c’est une première crise ;
- il a subi un choc à la tête ;
- il a peut-être avalé un médicament ou un produit toxique ;
- il s’agit d’un nourrisson de moins de 3 mois, ou l’enfant a une fièvre mal tolérée ;
- il respire mal, devient bleu ou gris.
Pour les intoxications, les centres antipoison peuvent aussi être joints ; en urgence vitale, le 15 reste prioritaire. Au Québec, le Centre antipoison du Québec répond au 1 800 463-5060.
Prévention
- Ne jamais laisser un jeune enfant seul près de l’eau, même peu profonde.
- Ranger médicaments et produits ménagers hors de portée, dans leur emballage d’origine.
- Couper les aliments ronds et durs (raisins, tomates cerises) pour les jeunes enfants ; éviter les cacahuètes entières avant 5 ans environ.
- Faire vérifier chaque année les appareils de chauffage (monoxyde de carbone) et installer des détecteurs de fumée.
- Se former aux premiers secours pédiatriques (voir formation aux premiers secours).
Questions fréquentes
Un enfant peut-il faire un malaise vagal ?
Oui, surtout à partir de 8 à 10 ans et à l’adolescence : station debout prolongée, chaleur, prise de sang, émotion. Les signes sont ceux de l’adulte. Un premier épisode doit être montré à un médecin.
Mon enfant a perdu connaissance en pleurant, est-ce grave ?
Il s’agit très probablement d’un spasme du sanglot, bénin. Lors du premier épisode, consultez pour confirmer le diagnostic et écarter une autre cause.
Faut-il donner du sucre à un enfant qui a fait un malaise ?
Seulement s’il est diabétique, parfaitement réveillé et capable d’avaler. Dans les autres cas, ne donnez rien sans avis médical.
Quand un enfant peut-il reprendre l’école après une perte de connaissance ?
Après avis médical. En cas de choc à la tête, la reprise des activités, et surtout du sport, suit un protocole progressif décidé par le médecin.