Santé et secours · Malaises et perte de connaissance
Malaise vagal
Le malaise vagal est un malaise bref et le plus souvent bénin, dû à une réaction excessive du nerf vague qui ralentit le cœur et fait chuter la tension. Il peut survenir avec ou sans perte de connaissance.
Mis à jour le 7 min de lecture
Le malaise vagal, ou syncope vasovagale, est la cause la plus fréquente de perte de connaissance brève. Il est provoqué par une stimulation excessive du nerf vague, un nerf qui ralentit le cœur et dilate les vaisseaux sanguins. Résultat : le pouls ralentit, la tension artérielle chute, le cerveau reçoit moins de sang pendant quelques secondes. La personne ressent des signes annonciateurs caractéristiques, puis peut s’évanouir. Le malaise est spectaculaire mais, en dehors du risque de chute, il est bénin chez une personne en bonne santé.
Le nerf vague, de quoi s’agit-il ?
Le nerf vague (dixième paire de nerfs crâniens) part du tronc cérébral et descend jusqu’au thorax et à l’abdomen. C’est le principal nerf du système parasympathique, celui qui met l’organisme « au repos » : il ralentit le cœur, stimule la digestion, abaisse la tension. En temps normal, il est équilibré par le système sympathique (celui de l’adrénaline). Lors d’un malaise vagal, un déclencheur provoque un réflexe disproportionné : le frein est serré trop fort. Pour comprendre ce double système, voir la fiche système nerveux.
Les symptômes du malaise vagal
Le malaise vagal s’installe en général en quelques secondes à une ou deux minutes. Les signes annonciateurs (prodromes) sont typiques :
- sensation de chaleur ou de froid, bouffées de chaleur ;
- sueurs, souvent froides ;
- pâleur marquée (« blanc comme un linge ») ;
- nausées, envie de vomir, parfois douleurs abdominales ou envie d’aller à la selle ;
- vision trouble, « voile noir », points lumineux, rétrécissement du champ visuel ;
- bourdonnements d’oreilles, sons lointains ;
- jambes molles, faiblesse, sensation de tête vide ;
- bâillements répétés.
Si la personne ne s’allonge pas, elle peut perdre connaissance et tomber. La perte de connaissance est brève (quelques secondes, rarement plus d’une minute), parfois accompagnée de quelques secousses musculaires. Le réveil est rapide et la personne est immédiatement orientée, mais souvent fatiguée, nauséeuse, en sueur pendant quelques minutes à quelques heures.
Malaise vagal sans perte de connaissance
Beaucoup de malaises vagaux s’arrêtent avant l’évanouissement : on parle de malaise vagal sans perte de connaissance, ou lipothymie. La personne ressent tous les signes annonciateurs (sueurs, pâleur, nausée, vue qui se brouille, jambes en coton) mais reste consciente, notamment si elle a eu le réflexe de s’asseoir ou de s’allonger.
C’est la forme la plus fréquente. Ce qui la distingue :
| Malaise vagal sans perte de connaissance | Malaise vagal avec perte de connaissance | |
|---|---|---|
| Nom médical | Lipothymie | Syncope vasovagale |
| Conscience | Conservée, parfois « dans le brouillard » | Perdue quelques secondes |
| Chute | Rare si la personne s’allonge à temps | Fréquente, risque de blessure |
| Durée | Quelques minutes | Perte de connaissance < 1 minute, fatigue ensuite |
| Conduite à tenir | S’allonger, jambes surélevées | Vérifier la respiration, allonger, surveiller |
Que faire en cas de malaise vagal sans perte de connaissance ?
- S’allonger immédiatement sur le dos, à même le sol si nécessaire, sans chercher à rejoindre un lit ou des toilettes.
- Surélever les jambes (sur une chaise, un sac, contre un mur) pour ramener le sang vers le cœur et le cerveau. À défaut, s’asseoir la tête entre les genoux.
- Desserrer col, ceinture, vêtements serrés ; aérer la pièce, s’éloigner de la chaleur.
- Rester allongé jusqu’à disparition complète des signes, puis quelques minutes de plus.
- Se relever en deux temps : d’abord assis quelques minutes, puis debout lentement, en restant accompagné.
- Boire un verre d’eau (éventuellement sucrée) une fois bien réveillé et capable d’avaler normalement.
Les manœuvres de contre-pression aident aussi à interrompre le malaise quand on ne peut pas s’allonger : croiser les jambes en contractant fortement les cuisses et les fessiers, ou agripper ses deux mains et tirer fort les bras en sens opposé, pendant quelques dizaines de secondes. Ces manœuvres sont recommandées par la Société européenne de cardiologie aux personnes sujettes aux malaises vagaux.
La fiche malaise sans perte de connaissance : que faire détaille les autres causes possibles d’un malaise sans évanouissement (hypoglycémie, chaleur, malaise cardiaque) et les signes qui doivent faire appeler le 15.
Malaise vagal avec perte de connaissance : que faire ?
Si la personne a perdu connaissance :
- Vérifiez qu’elle respire (tête basculée en arrière, menton relevé, 10 secondes).
- Si elle respire et se réveille en quelques secondes : laissez-la allongée, jambes surélevées, rassurez-la.
- Si elle respire mais reste inconsciente plus de quelques secondes : position latérale de sécurité et appel du 15 ou du 112.
- Si elle ne respire pas normalement : appelez le 15, commencez le massage cardiaque et faites chercher un défibrillateur. Ce n’est alors plus un malaise vagal.
- Recherchez une blessure due à la chute, en particulier à la tête.
- Ne la relevez pas avant récupération complète : se redresser trop tôt fait souvent récidiver le malaise.
La conduite détaillée est expliquée dans malaise avec perte de connaissance : que faire.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas rester debout ou essayer de « tenir » : c’est ainsi que surviennent les chutes et les blessures.
- Ne pas relever la personne ni la faire asseoir sur une chaise tant qu’elle est pâle et en sueur.
- Ne pas donner à boire à une personne qui n’est pas parfaitement réveillée.
- Ne pas la gifler ni lui jeter de l’eau froide au visage.
- Ne pas conclure soi-même qu’il s’agit « juste d’un malaise vagal » lors d’un premier épisode : seul un médecin peut l’affirmer.
Les causes et facteurs déclenchants
Le malaise vagal survient sur un terrain favorable (souvent des personnes jeunes, minces, à tension plutôt basse) lorsqu’un déclencheur est présent :
| Type de déclencheur | Exemples |
|---|---|
| Émotion, peur | Vue du sang, prise de sang, piqûre, annonce d’une mauvaise nouvelle |
| Douleur | Douleur vive, choc sur le coude, coliques, règles douloureuses |
| Station debout prolongée | File d’attente, cérémonie, transports bondés |
| Chaleur, confinement | Pièce surchauffée, bain chaud, foule, été |
| Situations dites « situationnelles » | Uriner (surtout la nuit chez l’homme), aller à la selle, tousser, avaler |
| Facteurs aggravants | Fatigue, jeûne, déshydratation, alcool, manque de sommeil |
Malaise vagal ou autre chose ? Les signes qui doivent alerter
Certains malaises ressemblent à un malaise vagal mais relèvent d’une autre cause, parfois grave. Consultez rapidement ou appelez le 15 si :
- le malaise survient pendant un effort physique (et non après) ;
- il survient allongé ou assis ;
- il est brutal, sans signe annonciateur ;
- il est précédé de palpitations ou d’une douleur thoracique (voir malaise cardiaque : les signes) ;
- la personne a une maladie cardiaque connue ou un proche est mort subitement jeune ;
- la récupération est lente, avec une confusion durable, une paralysie ou des troubles de la parole (évoque une crise d’épilepsie ou un AVC) ;
- la personne est diabétique traitée (penser à l'hypoglycémie).
Diagnostic et suivi médical
Le diagnostic de malaise vagal repose sur le récit : un déclencheur typique, des prodromes, une perte de connaissance brève et un réveil rapide chez une personne par ailleurs en bonne santé. Le médecin réalise un examen et un électrocardiogramme pour éliminer une cause cardiaque. En cas de malaises répétés ou atypiques, il peut prescrire un tilt-test (test d’inclinaison sur table basculante), un Holter ou une échographie cardiaque.
Il n’existe pas de traitement médicamenteux de routine : la prise en charge repose sur l’information, l’éviction des déclencheurs, une bonne hydratation et les manœuvres de contre-pression. Dans de rares formes sévères et répétées, le cardiologue discute d’autres options.
Prévention
- Apprendre à reconnaître ses propres signes annonciateurs et s’allonger dès qu’ils apparaissent.
- Prévenir le soignant avant une prise de sang ou un vaccin : il peut la réaliser allongé.
- Boire suffisamment (environ 1,5 à 2 litres par jour, sauf contre-indication médicale), surtout par temps chaud.
- Éviter la station debout immobile prolongée ; contracter régulièrement les mollets.
- Ne pas sauter de repas, limiter l’alcool.
- La nuit, uriner assis en cas de malaises mictionnels.
Questions fréquentes
Le malaise vagal est-il dangereux ?
Il est bénin en lui-même chez une personne en bonne santé. Le principal danger est la chute, qui peut entraîner un traumatisme crânien ou une fracture. Un premier malaise doit toutefois être évalué par un médecin pour éliminer une autre cause.
Combien de temps dure un malaise vagal ?
Les signes annonciateurs durent de quelques secondes à quelques minutes ; la perte de connaissance, s’il y en a une, dure en général moins d’une minute. Une fatigue, des nausées et une pâleur peuvent persister quelques heures.
Peut-on faire un malaise vagal sans perdre connaissance ?
Oui, c’est même la forme la plus fréquente. On parle de lipothymie : la personne ressent les sueurs, la nausée, la vue trouble, mais reste consciente, surtout si elle s’allonge rapidement.
Le stress peut-il provoquer un malaise vagal ?
Oui. Une émotion forte, la peur, l’anxiété ou la vue du sang sont des déclencheurs classiques. Le malaise vagal est différent d’une crise d’angoisse, où le cœur accélère au lieu de ralentir.
Faut-il aller aux urgences après un malaise vagal ?
Pas systématiquement si le malaise est typique, bref, sans blessure et chez une personne déjà connue pour ce problème. Pour un premier épisode, en cas de doute ou de signe inhabituel, appelez le 15 : le médecin régulateur vous orientera.