Santé et secours · Maladies courantes
Cholestérol
Le cholestérol est une graisse indispensable à l’organisme, mais un excès de « mauvais » cholestérol (LDL) dans le sang se dépose dans les artères et augmente le risque d’infarctus et d’AVC. Il ne donne aucun symptôme.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le cholestérol n’est pas un ennemi : c’est un constituant des membranes de nos cellules et le point de départ de la fabrication de plusieurs hormones, de la vitamine D et des acides biliaires. L’organisme en produit lui-même la plus grande partie, surtout dans le foie ; l’alimentation n’en apporte qu’une part minoritaire. Le problème vient de l'hypercholestérolémie, un excès de cholestérol LDL dans le sang, qui est l’un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire.
Comment le cholestérol abîme les artères
En excès, le LDL pénètre dans la paroi des artères et y forme, avec des cellules inflammatoires, des plaques d’athérome. Ces plaques rétrécissent l’artère et peuvent se rompre, provoquant un caillot qui bouche brutalement le vaisseau : c’est le mécanisme de la plupart des infarctus et de nombreux AVC. Ce processus, l'athérosclérose, s’installe pendant des années sans aucun signe. Pour le rôle des graisses alimentaires, voir la fiche lipides.
Causes et facteurs de risque
- Génétique : l'hypercholestérolémie familiale, maladie héréditaire fréquente (de l’ordre d’une personne sur 250 à 500 pour la forme hétérozygote), entraîne un LDL très élevé dès l’enfance et des accidents cardiaques précoces.
- Alimentation riche en graisses saturées (charcuteries, viandes grasses, beurre, fromages, produits industriels) et pauvre en fibres.
- Surpoids, sédentarité, consommation excessive d’alcool (qui élève surtout les triglycérides).
- Maladies : hypothyroïdie, diabète, certaines maladies rénales ou hépatiques ; certains médicaments.
- Âge et ménopause, qui élèvent le LDL.
Symptômes
L’hypercholestérolémie ne provoque aucun symptôme. Dans les formes familiales sévères, on peut observer des dépôts jaunâtres sur les paupières (xanthélasmas), sur les tendons (xanthomes) ou un arc blanc autour de l’iris chez un sujet jeune. Le plus souvent, la maladie se révèle par une complication ou par une prise de sang.
Quand consulter
Un bilan est conseillé chez l’adulte, en particulier en cas d’antécédent familial de maladie cardiovasculaire précoce, de diabète, d’hypertension, de tabagisme ou de surpoids. Le médecin décide de la fréquence des contrôles.
Diagnostic : le bilan lipidique
L'exploration d’une anomalie lipidique (EAL) est une prise de sang, idéalement à jeun depuis 12 heures, qui mesure :
| Paramètre | Ce qu’il indique |
|---|---|
| Cholestérol total | Ensemble du cholestérol sanguin |
| LDL-cholestérol | Principal marqueur du risque, cible des traitements |
| HDL-cholestérol | Un taux bas est défavorable |
| Triglycérides | Autre type de graisse, sensible au sucre et à l’alcool |
Il n’existe pas un seul seuil « normal » de LDL valable pour tout le monde : l’objectif est fixé par le médecin selon le risque cardiovasculaire global (âge, tabac, tension, diabète, antécédents). Plus le risque est élevé, plus l’objectif de LDL est bas.
Traitements
- Mesures alimentaires et hygiène de vie, toujours en premier lieu : réduire les graisses saturées au profit des graisses insaturées (huiles de colza et d’olive, poissons gras, fruits à coque), augmenter les fibres, fruits, légumes et légumineuses, pratiquer une activité physique, arrêter le tabac.
- Médicaments si l’objectif n’est pas atteint ou si le risque est élevé : les statines sont le traitement de référence, dont l’efficacité sur la réduction des infarctus et des AVC est solidement démontrée. D’autres médicaments (ézétimibe, anticorps anti-PCSK9, acide bempédoïque) peuvent être ajoutés dans certaines situations.
Prévention
Une alimentation de type méditerranéen, une activité physique régulière (voir recommandations), un poids stable et l’absence de tabac sont les leviers les plus efficaces. Chez les personnes ayant une hypercholestérolémie familiale, le dépistage des proches est recommandé.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Adultes français ayant un LDL élevé | environ 1 sur 5 (étude Esteban 2015) | Santé publique France |
| Hypercholestérolémie familiale hétérozygote | environ 1 personne sur 250 à 500 | Sociétés savantes |
| Rang des maladies cardiovasculaires parmi les causes de décès mondiales | 1er | OMS |
Questions fréquentes
Les œufs font-ils monter le cholestérol ?
Chez la plupart des personnes, le cholestérol alimentaire a un effet modeste sur le cholestérol sanguin ; les graisses saturées comptent davantage. Les œufs peuvent faire partie d’une alimentation équilibrée.
Peut-on avoir trop de cholestérol en étant mince ?
Oui. L’hérédité joue un rôle important : une personne mince et sportive peut avoir un LDL élevé, notamment en cas d’hypercholestérolémie familiale.
Faut-il prendre une statine à vie ?
En général oui : l’effet disparaît à l’arrêt. La décision et son réexamen relèvent du médecin, selon le risque cardiovasculaire.
Les compléments à base de levure de riz rouge sont-ils une alternative ?
Ils contiennent une substance proche d’une statine, avec les mêmes effets indésirables possibles, sans le contrôle d’un médicament. Les autorités sanitaires françaises recommandent de ne pas les prendre sans avis médical.