Santé et secours · Corps humain
Respiration
La respiration permet d’apporter l’oxygène de l’air au sang et d’éliminer le dioxyde de carbone. Au repos, un adulte respire environ 12 à 20 fois par minute, grâce surtout à la contraction du diaphragme.
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Respirer, c’est faire entrer de l’air dans les poumons (inspiration) puis l’en faire sortir (expiration). Ce mouvement permanent, le plus souvent inconscient, a un but : fournir aux cellules l'oxygène dont elles ont besoin pour produire leur énergie et éliminer le dioxyde de carbone (CO2) qu’elles fabriquent. Les poumons et le cœur travaillent de concert : la respiration charge le sang en oxygène, la circulation sanguine le distribue. En premiers secours, vérifier si une victime respire normalement est le geste qui décide de tout le reste.
Le trajet de l’air
- Le nez et la bouche : l’air entre, de préférence par le nez, qui le filtre, le réchauffe et l’humidifie.
- Le pharynx (gorge), carrefour commun à l’air et aux aliments.
- Le larynx, qui contient les cordes vocales ; l'épiglotte, petit clapet, ferme le larynx lors de la déglutition pour éviter la fausse route.
- La trachée, tube rigide d’une dizaine de centimètres, renforcé d’anneaux de cartilage.
- Les bronches, qui se divisent en bronches de plus en plus fines, puis en bronchioles.
- Les alvéoles pulmonaires, minuscules sacs entourés de capillaires sanguins, où ont lieu les échanges gazeux. On en compte plusieurs centaines de millions, pour une surface d’échange de plusieurs dizaines de mètres carrés.
Lorsqu’un corps étranger bloque le larynx ou la trachée, l’air ne passe plus : c’est l’étouffement (voir étouffement et méthode de Heimlich). Chez une personne inconsciente allongée sur le dos, c’est la langue qui peut obstruer la gorge, d’où l’importance de basculer la tête en arrière et de la position latérale de sécurité.
La mécanique : comment l’air entre et sort
Les poumons n’ont pas de muscle propre. Ils suivent les mouvements de la cage thoracique.
- Inspiration (active) : le diaphragme, muscle en forme de dôme situé sous les poumons, se contracte et s’abaisse ; les muscles intercostaux soulèvent les côtes. Le volume du thorax augmente, la pression dans les poumons baisse, et l’air entre.
- Expiration (passive au repos) : les muscles se relâchent, les poumons, élastiques, reviennent à leur volume initial et chassent l’air. À l’effort ou lors de la toux, l’expiration devient active grâce aux muscles abdominaux.
À chaque respiration calme, un adulte fait entrer environ un demi-litre d’air.
Les échanges gazeux
| Air inspiré | Air expiré | |
|---|---|---|
| Oxygène (O2) | Environ 21 % | Environ 16 % |
| Dioxyde de carbone (CO2) | Environ 0,04 % | Environ 4 % |
| Azote | Environ 78 % | Environ 78 % |
Dans les alvéoles, l’oxygène traverse une paroi extrêmement fine et passe dans le sang, où il se fixe sur l'hémoglobine des globules rouges. Le CO2 fait le chemin inverse. Les 16 % d’oxygène encore présents dans l’air expiré expliquent que le bouche-à-bouche soit efficace.
Le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine à la place de l’oxygène, ce qui explique sa toxicité (voir intoxication au monoxyde de carbone).
Qui commande la respiration ?
La respiration est commandée automatiquement par des centres nerveux du tronc cérébral (voir cerveau). Le principal signal qui déclenche l’envie de respirer n’est pas le manque d’oxygène mais l'augmentation du CO2 dans le sang. On peut toutefois modifier volontairement sa respiration (retenir son souffle, parler, chanter), dans certaines limites. L’hyperventilation, au cours d’une crise d’angoisse par exemple, fait baisser le CO2 et provoque fourmillements et tête vide.
La fréquence respiratoire normale
| Âge | Fréquence au repos (cycles par minute, valeurs indicatives) |
|---|---|
| Nourrisson | 30 à 60 |
| Enfant de 1 à 5 ans | 20 à 40 |
| Enfant plus âgé | 15 à 30 |
| Adulte | 12 à 20 |
La saturation en oxygène du sang, mesurée au bout du doigt par un oxymètre, est normalement d’environ 95 à 100 % chez une personne en bonne santé.
Respiration normale et anormale : ce que doit savoir le témoin
Lors d’une perte de connaissance, on vérifie la respiration pendant 10 secondes au maximum, tête basculée en arrière : on regarde le ventre et la poitrine se soulever, on écoute les bruits respiratoires, on sent le souffle sur sa joue.
Chez une personne consciente, les signes de détresse respiratoire imposent l’appel du 15 : impossibilité de parler ou de finir ses phrases, respiration très rapide, sifflements, tirage (creusement entre les côtes ou au-dessus du sternum), lèvres ou ongles bleutés, sueurs, agitation ou somnolence.
Questions fréquentes
Combien de fois respire-t-on par jour ?
Au repos, un adulte respire environ 12 à 20 fois par minute, soit de l’ordre de 20 000 respirations par jour.
Pourquoi bâille-t-on ?
Le rôle exact du bâillement reste débattu. Il est associé aux transitions entre veille et sommeil, à l’ennui, et il est contagieux. Il fait aussi partie des signes annonciateurs du malaise vagal.
Respire-t-on mieux par le nez ou par la bouche ?
Par le nez, au repos : il filtre, réchauffe et humidifie l’air. La respiration par la bouche prend le relais à l’effort intense ou lorsque le nez est bouché.
Combien de temps peut-on rester sans respirer ?
Quelques dizaines de secondes à une ou deux minutes pour la plupart des personnes en apnée volontaire. En cas d’arrêt respiratoire, le cerveau subit des lésions en quelques minutes : la réanimation doit être immédiate.