Santé et secours · Corps humain
Le réflexe myotatique
Le réflexe myotatique est la contraction involontaire d’un muscle provoquée par son propre étirement. L’exemple le plus connu est le réflexe rotulien : un coup de marteau sous la rotule fait se lever la jambe.
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Le réflexe myotatique est étudié au lycée en France (programme de spécialité SVT) comme modèle simple de la commande nerveuse du mouvement. Il permet de comprendre l'arc réflexe : un circuit nerveux qui relie un récepteur à un muscle en passant par la moelle épinière, sans intervention de la volonté. Il sert au maintien de la posture : quand le corps penche, les muscles étirés se contractent automatiquement.
Le réflexe rotulien, un exemple classique
Le médecin fait asseoir le patient jambes pendantes et frappe légèrement le tendon rotulien, juste sous la rotule, avec un marteau à réflexes.
- Le choc étire brièvement le quadriceps, le muscle de l’avant de la cuisse.
- Des récepteurs situés dans ce muscle détectent l’étirement.
- Un message nerveux part vers la moelle épinière et revient aussitôt vers le quadriceps.
- Le quadriceps se contracte : la jambe se lève (extension du genou).
Le délai entre le choc et la contraction est très court, de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes.
Le même réflexe existe pour d’autres muscles : réflexe achilléen (cheville), bicipital (biceps), tricipital (triceps).
Les cinq éléments de l’arc réflexe
| Élément | Dans le réflexe rotulien |
|---|---|
| 1. Récepteur | Fuseaux neuromusculaires du quadriceps, sensibles à l’étirement |
| 2. Voie sensitive (afférente) | Fibre du neurone sensitif, dans le nerf rachidien ; son corps cellulaire est dans le ganglion rachidien |
| 3. Centre nerveux | Moelle épinière (région lombaire) : une seule synapse entre neurone sensitif et neurone moteur |
| 4. Voie motrice (efférente) | Axone du motoneurone, qui part de la corne antérieure de la moelle |
| 5. Effecteur | Quadriceps, qui se contracte |
Parce qu’il ne comporte qu'une seule synapse entre le neurone sensitif et le motoneurone, on dit que le réflexe myotatique est monosynaptique. Sur la transmission entre neurones, voir synapse et neurotransmetteurs.
Schéma décrit : l’arc réflexe
On dessine à droite une coupe transversale de la moelle épinière (forme de papillon gris au centre, la substance grise, entourée de substance blanche), et à gauche la cuisse avec le quadriceps en avant et les muscles fléchisseurs (ischio-jambiers) en arrière.
- Dans le quadriceps, un petit fuseau représente le récepteur.
- Un neurone sensitif part du fuseau, a son corps cellulaire dans un renflement (le ganglion rachidien) et entre dans la moelle par la racine dorsale (arrière).
- Dans la substance grise, il fait synapse directement avec un motoneurone dont le corps cellulaire est dans la corne antérieure.
- L’axone du motoneurone sort par la racine ventrale (avant) et retourne au quadriceps.
- Une branche du neurone sensitif fait aussi synapse avec un petit interneurone inhibiteur, relié au motoneurone des ischio-jambiers.
Des flèches indiquent le sens du message : du muscle vers la moelle par le neurone sensitif, de la moelle vers le muscle par le motoneurone.
L’inhibition du muscle antagoniste
Pour que la jambe se lève, il ne suffit pas que le quadriceps se contracte : son antagoniste, les ischio-jambiers, doit se relâcher. C’est le rôle de l’interneurone inhibiteur, qui empêche le motoneurone des ischio-jambiers d’envoyer des messages. Ce circuit avec deux synapses est polysynaptique. Cette coordination automatique entre muscles antagonistes s’appelle l'innervation réciproque (voir articulations pour les muscles antagonistes).
À quoi sert l’examen des réflexes ?
Le médecin teste les réflexes pour vérifier le bon fonctionnement de tout l’arc : muscle, nerfs et moelle épinière. Un réflexe absent, très faible ou au contraire exagéré peut orienter vers une atteinte d’un nerf, de la moelle ou du cerveau (le cerveau module en permanence les réflexes). Seul un médecin peut interpréter cet examen.
Erreurs fréquentes
- Croire que le cerveau commande le réflexe : le centre est la moelle épinière ; le cerveau est informé mais n’intervient pas dans la réponse.
- Placer le récepteur dans le tendon ou la peau : le récepteur de l’étirement est le fuseau neuromusculaire, dans le muscle.
- Oublier le relâchement de l’antagoniste.
- Confondre réflexe et réaction volontaire : un réflexe ne s’apprend pas et ne se décide pas.
Exercice corrigé
Énoncé. Chez un patient, le réflexe rotulien est absent à droite et normal à gauche. La sensibilité de la peau de la cuisse droite est elle aussi abolie. Le quadriceps droit se contracte normalement quand le patient tend volontairement la jambe. Quel élément de l’arc réflexe est probablement atteint ?
Corrigé.
- Le quadriceps droit se contracte de façon volontaire : le muscle et le motoneurone fonctionnent.
- La sensibilité de la cuisse est abolie : les informations sensitives n’arrivent plus à la moelle.
- L’élément atteint est donc probablement la voie sensitive (nerf ou racine dorsale) du côté droit : le message d’étirement n’atteint plus la moelle, le réflexe ne peut pas se produire.
Questions fréquentes
Peut-on empêcher un réflexe ?
On peut parfois le diminuer en se concentrant ou au contraire l’augmenter (le médecin demande parfois de serrer les mains). Mais on ne peut pas le supprimer entièrement par la volonté.
Le réflexe de retrait de la main d’une plaque chaude est-il myotatique ?
Non : c’est un réflexe de flexion déclenché par des récepteurs de la douleur dans la peau, et il passe par plusieurs synapses. Seul le réflexe déclenché par l’étirement du muscle est myotatique.
Pourquoi les réflexes sont-ils si rapides ?
Le circuit est court (aller-retour jusqu’à la moelle) et ne comporte qu’une synapse, l’étape la plus lente de la transmission.