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Santé et secours · Corps humain

La coagulation du sang

La coagulation transforme le sang liquide en caillot pour boucher une brèche dans un vaisseau : le vaisseau se contracte, les plaquettes forment un bouchon, puis la fibrine le solidifie.

Mis à jour le 4 min de lecture

Quand on se coupe le doigt, le saignement s’arrête de lui-même en quelques minutes. Ce mécanisme de protection, appelé hémostase, évite de perdre du sang à chaque petite blessure. La coagulation en est l’étape centrale. Elle doit être finement réglée : trop faible, elle laisse saigner ; trop forte, elle forme des caillots qui bouchent les vaisseaux (thrombose).

Les trois temps de l’arrêt du saignement

ÉtapeDélaiCe qui se passe
1. VasoconstrictionImmédiateLe vaisseau blessé se contracte et réduit le débit de sang
2. Clou plaquettaire (hémostase primaire)Quelques minutesLes plaquettes se collent à la paroi lésée et entre elles, formant un bouchon fragile
3. Coagulation proprement diteQuelques minutesUne cascade de réactions transforme le fibrinogène, protéine soluble du plasma, en fibrine insoluble qui consolide le bouchon

Ensuite, le caillot se rétracte, la paroi se répare, et le caillot est progressivement dissous (fibrinolyse). Sur la peau, le caillot séché forme la croûte.

Schéma décrit : la formation du caillot

On dessine un vaisseau sanguin en coupe longitudinale, avec une brèche dans sa paroi.

  • Dans un premier temps, on représente des petits ronds (les plaquettes) accrochés aux bords de la brèche et entre eux : c’est le clou plaquettaire.
  • Dans un second temps, on ajoute un enchevêtrement de filaments (la fibrine) tendus à travers la brèche et autour des plaquettes.
  • Dans ce filet, on dessine des globules rouges piégés : c’est ce qui donne au caillot sa couleur rouge.

Une légende rappelle la réaction clé : fibrinogène (soluble) → fibrine (insoluble), sous l’action d’une enzyme, la thrombine.

La cascade de la coagulation

La coagulation fait intervenir une douzaine de protéines du plasma, les facteurs de coagulation, numérotés en chiffres romains. Chacun active le suivant, comme une rangée de dominos : une petite activation au départ produit très vite une grande quantité de thrombine. Le calcium est indispensable à plusieurs de ces étapes, ce qui explique que les tubes de prélèvement contiennent souvent un produit qui le capte pour empêcher le sang de coaguler.

Plusieurs de ces facteurs sont fabriqués par le foie et nécessitent la vitamine K (voir vitamines). C’est pourquoi on donne de la vitamine K aux nouveau-nés, dont les réserves sont faibles.

Quand la coagulation dysfonctionne

SituationConséquence
HémophilieMaladie génétique : un facteur de coagulation (VIII pour l’hémophilie A, IX pour l’hémophilie B) manque ; saignements prolongés, hémorragies dans les articulations. Le gène est porté par le chromosome X, d’où une maladie touchant surtout les garçons (voir maladies génétiques)
Manque de plaquettesBleus faciles, saignements des gencives, petites taches rouges sur la peau
ThromboseCaillot formé dans un vaisseau sain : phlébite (veine de la jambe), embolie pulmonaire, infarctus, AVC

Les anticoagulants et antiagrégants plaquettaires (comme l’aspirine à faible dose) sont des médicaments qui freinent la coagulation chez les personnes à risque de thrombose. Ils augmentent le risque de saignement : on ne les prend, ne les arrête ou ne les associe jamais sans avis médical.

Que faire face à un saignement ?

Pour une petite coupure : nettoyer, puis appuyer quelques minutes avec une compresse propre (voir plaie, coupure). Face à un saignement abondant qui ne s’arrête pas, comprimer fortement et appeler le 15 ou le 112 (911 au Québec) : les gestes sont détaillés dans la fiche hémorragie : que faire.

Erreurs fréquentes

  • Croire que le caillot est fait de globules rouges collés : son armature est la fibrine ; les globules rouges y sont piégés.
  • Confondre plaquettes et globules blancs : les plaquettes servent à l’hémostase, les globules blancs à la défense.
  • Penser que l’hémophilie se « transmet » par le sang : c’est une maladie génétique héréditaire.
  • Arracher les croûtes : cela retarde la cicatrisation et favorise l’infection.

Exercice corrigé

Énoncé. On recueille du sang dans deux tubes. Le tube A ne contient rien ; le tube B contient une substance qui capte le calcium. Après 15 minutes, le sang du tube A est solidifié, celui du tube B est resté liquide. Interprète.

Corrigé.

  • Dans le tube A, le sang a coagulé : la cascade de la coagulation a transformé le fibrinogène en fibrine, formant un caillot.
  • Dans le tube B, le calcium a été capté : or plusieurs étapes de la cascade nécessitent du calcium.
  • Sans calcium, la cascade est bloquée, la fibrine ne se forme pas et le sang reste liquide.
  • Conclusion : le calcium est indispensable à la coagulation.

Questions fréquentes

Combien de temps met une petite coupure à arrêter de saigner ?

En général quelques minutes, plus vite si l’on appuie. Un saignement qui persiste malgré une compression bien faite justifie un avis médical.

Pourquoi a-t-on des bleus ?

Un choc rompt de petits vaisseaux sous la peau : le sang s’échappe dans les tissus avant que l’hémostase ne le stoppe. Sa dégradation progressive explique les changements de couleur du bleu au vert puis au jaune.

Pourquoi le sang ne coagule-t-il pas dans les vaisseaux sains ?

La paroi intacte des vaisseaux produit des substances anticoagulantes et ne présente pas les signaux qui activent les plaquettes. L’équilibre entre coagulation et anticoagulation est permanent.

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