Nature et animaux · Mammifères
L’ours polaire
L’ours polaire (Ursus maritimus) est le plus grand carnivore terrestre. Il chasse le phoque depuis la banquise arctique, dont il dépend entièrement ; il est classé vulnérable par l’UICN depuis 2006.
Mis à jour le 4 min de lecture
L’ours polaire, ou ours blanc, vit autour du pôle Nord, dans cinq pays : Canada, États-Unis (Alaska), Russie, Norvège (Svalbard) et Groenland (Danemark). Le Canada en abrite environ les deux tiers. Considéré comme un mammifère marin, il passe la plus grande partie de sa vie sur la banquise, d’où il chasse les phoques. Sa population mondiale est estimée à environ 26 000 individus, répartis en 19 sous-populations.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Ursus maritimus |
| Classe / famille | Mammifères / Ursidés |
| Taille | 2 à 2,5 m de long pour le mâle, 1,8 à 2 m pour la femelle ; jusqu’à 3 m debout |
| Poids | 350 à 700 kg pour le mâle (record au-delà de 800 kg) ; 150 à 300 kg pour la femelle |
| Longévité | 15 à 20 ans dans la nature ; plus de 30 ans en captivité |
| Habitat | Banquise et côtes de l’océan Arctique |
| Régime | Carnivore : phoques annelés et barbus surtout |
| Statut UICN | Vulnérable (VU), évaluation mondiale de 2015 |
Description
Le pelage de l’ours polaire paraît blanc ou crème, mais ses poils sont en réalité transparents et creux ; ils diffusent la lumière, d’où leur aspect blanc. Sa peau est noire, comme on le voit sur le nez. Une couche de graisse pouvant dépasser 10 cm d’épaisseur l’isole du froid et lui sert de réserve. Ses pattes, très larges (jusqu’à 30 cm), répartissent son poids sur la glace mince et servent de pagaies ; leurs plantes sont couvertes de petites papilles et de poils qui l’empêchent de glisser.
Il descend de l'ours brun, dont il s’est séparé il y a quelques centaines de milliers d’années ; les deux espèces peuvent encore s’hybrider.
Mode de vie
L’ours polaire est solitaire, sauf les femelles accompagnées de leurs petits et les rassemblements occasionnels autour d’une carcasse de baleine. Il parcourt d’immenses territoires, de plusieurs dizaines de milliers à plus de 300 000 km² pour certaines femelles de la mer de Beaufort, en suivant les mouvements de la glace.
C’est un excellent nageur : il peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres d’affilée, et un cas de plus de 680 km en neuf jours a été documenté, au prix d’une importante perte de poids.
Alimentation
Sa proie principale est le phoque annelé, puis le phoque barbu. Il chasse surtout à l’affût près des trous de respiration percés dans la glace, attendant parfois des heures qu’un phoque remonte. Il consomme d’abord la graisse, très énergétique. Au printemps, il capture aussi des jeunes phoques dans leurs abris de neige. Pendant l’été, quand la glace fond dans certaines régions (baie d’Hudson), il est contraint de jeûner sur la terre ferme pendant plusieurs mois.
Reproduction
| Étape | Période ou durée |
|---|---|
| Accouplement | avril-mai, sur la banquise |
| Ovo-implantation différée | l’embryon ne s’implante qu’à l’automne si la femelle a assez de réserves |
| Tanière | creusée dans la neige en octobre-novembre, souvent sur la terre ferme |
| Mise bas | décembre-janvier |
| Portée | 1 à 3 oursons, le plus souvent 2, d’environ 600 g |
| Sortie de la tanière | mars-avril |
| Indépendance | vers 2 ans et demi |
La femelle gestante jeûne jusqu’à 8 mois au total, en allaitant ses petits dans la tanière avec un lait très riche en graisse.
Menaces : le climat avant tout
La principale menace est la fonte de la banquise due au réchauffement climatique, deux à quatre fois plus rapide en Arctique que la moyenne mondiale. Moins de glace signifie moins de temps pour chasser, des jeûnes plus longs, des femelles plus maigres et moins d’oursons survivants. Dans l’ouest de la baie d’Hudson, la population a nettement diminué depuis les années 1980.
Autres menaces : la pollution par des contaminants persistants (PCB, mercure) concentrés dans la graisse des phoques, l’exploitation pétrolière et gazière, le trafic maritime croissant et les conflits avec les populations humaines, plus fréquents quand les ours affamés s’approchent des villages. La chasse, encadrée par l’Accord international sur la conservation des ours blancs de 1973, reste pratiquée par les peuples autochtones au Canada et au Groenland.
Faits marquants
- L’ours polaire peut détecter l’odeur d’un phoque à plus d’un kilomètre, voire sous une épaisse couche de neige.
- Il n’y a pas d’ours polaire en Antarctique : il vit uniquement dans l’hémisphère Nord.
- Sous sa fourrure, sa peau noire absorbe la chaleur du soleil.
Questions fréquentes
Combien reste-t-il d’ours polaires ?
Environ 26 000 selon l’estimation retenue par l’UICN en 2015, avec une marge d’incertitude importante car certaines sous-populations, en Russie notamment, sont mal connues.
L’ours polaire est-il dangereux pour l’homme ?
Oui, c’est l’un des rares animaux qui peut considérer l’humain comme une proie, surtout s’il est affamé. Dans les zones à ours (Svalbard, Churchill, Nunavut), les déplacements à pied se font avec des précautions strictes.
Pourquoi l’ours polaire a-t-il besoin de la banquise ?
Parce qu’il chasse presque uniquement des phoques, qu’il ne peut attraper qu’à partir de la glace. Il nage bien mais est incapable de capturer des phoques en pleine eau.
L’ours polaire hiberne-t-il ?
Seules les femelles gestantes passent l’hiver dans une tanière, où elles mettent bas. Les mâles et les femelles non gestantes restent actifs tout l’hiver sur la banquise.