Nature et animaux · Mammifères
Le castor
Le castor est un grand rongeur semi-aquatique qui abat des arbres et construit des barrages. Deux espèces existent, le castor d’Europe et le castor du Canada, toutes deux non menacées.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le castor est souvent qualifié d'« ingénieur des écosystèmes » : en construisant des barrages, il transforme un ruisseau en succession d’étangs et de zones humides favorables à de nombreuses autres espèces. Chassé pour sa fourrure pendant des siècles, il a frôlé la disparition en Europe et a été au cœur de l’histoire de la Nouvelle-France et du Canada, dont il est aujourd’hui l’emblème officiel.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Noms scientifiques | Castor fiber (Europe), Castor canadensis (Amérique du Nord) |
| Classe / famille | Mammifères / Castoridés (rongeurs) |
| Taille | 80 cm à 1 m sans la queue ; queue de 25 à 35 cm |
| Poids | 15 à 30 kg |
| Longévité | 7 à 15 ans dans la nature |
| Habitat | Rivières, ruisseaux, lacs bordés de saules, peupliers, trembles |
| Régime | Herbivore : écorces, rameaux, feuilles, plantes aquatiques |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC) pour les deux espèces (évaluations de 2016) |
Description
Le castor est le plus grand rongeur de l’hémisphère Nord ; seul le capybara d’Amérique du Sud le dépasse. Il possède une épaisse fourrure brune imperméable, entretenue par une sécrétion huileuse, des pattes arrière palmées et une queue plate et écailleuse qui sert de gouvernail, de réserve de graisse et d’alarme : il frappe l’eau avec elle pour avertir ses congénères. Ses incisives orange, renforcées par du fer dans l’émail, poussent en continu et s’usent au contact du bois. Des membranes transparentes protègent ses yeux sous l’eau, et il peut rester en plongée environ 15 minutes.
Barrages, huttes et terriers
Le castor vit en famille : un couple stable et les jeunes des deux dernières années. Il installe son gîte de deux façons :
- le terrier-hutte creusé dans la berge, dont l’entrée est toujours sous l’eau ;
- la hutte de branches et de boue construite au milieu de l’eau, quand la berge est trop basse.
Lorsque le niveau d’eau est insuffisant pour protéger l’entrée, il construit un barrage de branches, de pierres et de boue. Les barrages du castor canadien sont les plus spectaculaires : le plus long connu, dans le parc national Wood Buffalo (Alberta), dépasse 800 m et est visible sur les images satellites. Le castor d’Europe construit moins de grands barrages, surtout sur les cours d’eau étroits.
Un castor peut abattre un arbre de 10 cm de diamètre en une nuit. Il en consomme l’écorce et les rameaux, et stocke à l’automne des branches sous l’eau près de son gîte comme réserve d’hiver, accessible sous la glace.
Reproduction
| Étape | Donnée |
|---|---|
| Accouplement | janvier-février, dans l’eau |
| Gestation | environ 105 jours |
| Naissance | mai-juin, 2 à 4 castorins |
| Départ de la famille | vers 2 ans |
Le castor en France
Abondant au Moyen Âge, le castor d’Europe a été chassé pour sa fourrure, sa chair et le castoréum, une sécrétion utilisée en parfumerie et en médecine. Au début du XXe siècle, il ne subsistait plus en France que quelques dizaines d’individus dans la basse vallée du Rhône. Il a été protégé dans plusieurs départements à partir de 1909, puis sur tout le territoire en 1968. Des réintroductions à partir de 1959 (Loire, Alsace, Bretagne, Moselle…) et la recolonisation naturelle des cours d’eau lui ont permis de réoccuper la majeure partie du bassin du Rhône et de la Loire, et de nombreux autres bassins. La population française est estimée à au moins 15 000 individus selon les estimations récentes de l’Office français de la biodiversité.
Le castor au Canada
Le commerce des fourrures de castor, très recherchées en Europe pour la fabrication de chapeaux de feutre, a motivé l’exploration de l’intérieur du continent nord-américain aux XVIIe et XVIIIe siècles et l’essor de la Nouvelle-France (voir l'histoire du Québec). Le castor figure sur la pièce de 5 cents canadienne depuis 1937 et est devenu l'emblème officiel du Canada par une loi de 1975. On estime la population nord-américaine à plusieurs millions d’individus.
Faits marquants
- Les barrages de castor ralentissent les crues, rechargent les nappes et retiennent les sédiments ; plusieurs pays les utilisent désormais pour restaurer des zones humides.
- Le castor est l’un des rares mammifères à rester en couple à long terme.
- Contrairement à une idée reçue, il ne mange pas de poisson : il est strictement herbivore.
Questions fréquentes
Le castor mange-t-il du poisson ?
Non. Le castor est herbivore : écorce, rameaux, feuilles, racines et plantes aquatiques.
Où voir des castors en France ?
Sur la Loire, le Rhône et leurs affluents notamment, au crépuscule, en repérant les arbres rongés en forme de crayon et les « coulées » sur les berges.
Pourquoi le castor construit-il des barrages ?
Pour maintenir un niveau d’eau suffisant autour de son gîte, afin que l’entrée reste immergée, et pour faciliter le transport du bois et l’accès à ses réserves d’hiver.