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Nature et animaux · Milieux naturels

Les zones humides

Les zones humides sont des terrains inondés ou gorgés d’eau de façon permanente ou temporaire : marais, tourbières, prairies inondables, étangs, lagunes, mangroves. Elles comptent parmi les milieux les plus utiles et les plus menacés.

Mis à jour le 4 min de lecture

Longtemps considérées comme des terres insalubres à assécher, foyers de paludisme et obstacles à l’agriculture, les zones humides sont aujourd’hui reconnues comme des infrastructures naturelles de premier ordre : elles stockent l’eau, la filtrent, amortissent les crues et abritent une biodiversité exceptionnelle. Elles ont été les premiers écosystèmes à faire l’objet d’un traité international, la convention de Ramsar, en 1971.

Les principaux types de zones humides

TypeCaractéristiquesExemples en France
Marais d’eau douceEau peu profonde, roselièresMarais poitevin, Brière
TourbièresSol de matière végétale mal décomposée (tourbe), acideJura, Vosges, Massif central, Monts d’Arrée
Prairies humides et inondablesInondées en hiver, fauchées ou pâturées en étéVallées de la Loire, de la Saône, Basses vallées angevines
Étangs et maresPlans d’eau peu profonds, souvent créés par l’hommeDombes, Brenne, Sologne
Lagunes et marais littorauxEau saumâtre, salinsCamargue, étangs du Languedoc, bassin d’Arcachon
Estuaires et vasièresMélange d’eau douce et salée, maréesBaie de Somme, baie du Mont-Saint-Michel, estuaire de la Gironde
Forêts alluviales (ripisylves)Boisements des bords de cours d’eauRhin, Loire, Allier
MangrovesForêts littorales tropicalesGuyane, Antilles, Mayotte, Nouvelle-Calédonie ; voir mangrove

Les services rendus par les zones humides

  • Régulation de l’eau : comme des éponges, elles absorbent l’eau lors des crues et la restituent lentement en période sèche, soutenant le débit des rivières et la recharge des nappes (voir le cycle de l’eau).
  • Épuration : les plantes, les sédiments et les micro-organismes retiennent ou dégradent l’azote, le phosphore et une partie des polluants.
  • Protection du littoral : marais salés et mangroves amortissent les vagues et les tempêtes.
  • Stockage du carbone : les tourbières, qui couvrent environ 3 % des terres émergées, contiennent environ un tiers du carbone des sols de la planète, soit davantage que toutes les forêts du monde. Drainées ou brûlées, elles le relâchent.
  • Ressources : pêche, élevage, roseaux, sel, riziculture, tourisme de nature.

Une biodiversité concentrée

Bien qu’elles n’occupent qu’une petite part des terres, les zones humides abritent une proportion considérable des espèces. En France, environ la moitié des espèces d’oiseaux et une grande partie des plantes protégées en dépendent. On y trouve :

  • les amphibiens (voir grenouille et amphibiens) et les libellules, dont les larves sont aquatiques ;
  • les oiseaux d’eau : hérons, aigrettes, cigognes, canards, limicoles, flamants roses de Camargue ;
  • des mammifères comme la loutre et le castor, lui-même créateur de zones humides ;
  • des plantes spécialisées : sphaignes, linaigrettes, plantes carnivores, iris des marais, nénuphars.

Une disparition massive

Selon le rapport Global Wetland Outlook de la convention de Ramsar (2018), environ 35 % des zones humides du monde ont disparu entre 1970 et 2015, trois fois plus vite que les forêts. Sur une période plus longue, les estimations dépassent la moitié des surfaces d’origine. En France, on estime généralement que la moitié environ des zones humides a disparu entre 1960 et 1990, et qu’à l’échelle du XXe siècle les pertes atteignent les deux tiers.

Les causes : drainage agricole, urbanisation et infrastructures, extraction de tourbe, rectification des cours d’eau, pollution, espèces invasives (jussie, écrevisses américaines, ragondin) et changement climatique.

La convention de Ramsar

Signée le 2 février 1971 à Ramsar, en Iran, la convention sur les zones humides d’importance internationale engage les États à conserver et à utiliser rationnellement ces milieux. Le 2 février est devenu la Journée mondiale des zones humides, proclamée journée internationale par l’ONU en 2021. Plus de 170 pays y adhèrent et plus de 2 500 sites, couvrant au total plus de 2,5 millions de km², sont inscrits sur la liste de Ramsar.

La France a ratifié la convention en 1986. Elle compte plus de 50 sites Ramsar, en métropole et en outre-mer, dont la Camargue, le lac du Bourget, la baie du Mont-Saint-Michel, la Brenne, les étangs de la Dombes et le marais audomarois.

Questions fréquentes

À quoi servent les zones humides ?

Elles stockent l’eau et limitent les crues, soutiennent les rivières en été, filtrent les polluants, protègent les côtes, stockent du carbone et abritent une grande partie de la biodiversité.

Quelle est la plus grande zone humide de France ?

En métropole, la Camargue, delta du Rhône, couvre environ 150 000 hectares en incluant ses marais, étangs et salins. Le Marais poitevin est souvent cité comme la deuxième plus grande zone humide de France métropolitaine.

Une tourbière est-elle une zone humide ?

Oui. C’est même l’une des plus précieuses : la tourbe s’y accumule de quelques millimètres par an au maximum, et une tourbière détruite met des millénaires à se reconstituer.

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