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Nature et animaux · Milieux naturels

Faune et flore de montagne

En montagne, la température baisse d’environ 0,6 °C tous les 100 m : la végétation s’étage des forêts aux pelouses alpines puis aux neiges éternelles. Animaux et plantes y sont adaptés au froid.

Mis à jour le 4 min de lecture

Monter de 1 000 m en altitude revient, pour le climat, à parcourir plusieurs centaines de kilomètres vers le nord. Les montagnes concentrent ainsi sur de courtes distances des milieux très différents, et abritent de nombreuses espèces endémiques, présentes nulle part ailleurs, isolées sur les sommets depuis la fin de la dernière glaciation. Pour le relief des massifs français, voir les montagnes de France.

Les étages de végétation dans les Alpes

ÉtageAltitude (Alpes du Nord, versant ombragé, ordre de grandeur)VégétationAnimaux caractéristiques
Collinéenjusqu’à 800-900 mChênes, charmes, châtaigniers, culturesChevreuil, sanglier, renard
Montagnard800 à 1 600 mHêtraie-sapinière, épicéasCerf, gélinotte, chouette de Tengmalm
Subalpin1 600 à 2 200 mÉpicéas, mélèzes, pins cembro et à crochets ; landes à rhododendronsTétras-lyre, casse-noix moucheté, chamois
Alpin2 200 à 3 000 mPelouses rases, plantes en coussinet ; plus d’arbresMarmotte, bouquetin, lagopède, niverolle
Nivalau-delà de 3 000 mNeiges et glaces ; lichens, rares plantes à fleursChocard à bec jaune, quelques insectes

Les limites varient selon le massif, l’exposition (l'adret, ensoleillé, est plus chaud que l'ubac, à l’ombre) et la latitude : elles sont plus hautes dans les Alpes du Sud et les Pyrénées que dans les Vosges. La limite supérieure de la forêt se situe généralement vers 2 000 à 2 300 m dans les Alpes.

Les plantes de montagne et leurs adaptations

  • Port en coussinet ou en rosette (silène acaule, androsaces, joubarbes) : la plante reste plaquée au sol, à l’abri du vent, et garde la chaleur.
  • Poils denses : l'edelweiss, emblème des Alpes, est couvert d’un feutre blanc qui le protège des UV et du dessèchement.
  • Couleurs intenses des fleurs (gentianes bleues, rhododendrons) attirant les rares pollinisateurs.
  • Vie courte de la saison : la plupart des plantes alpines sont vivaces et fleurissent dès la fonte des neiges, avec des bourgeons préformés l’année précédente. La soldanelle fleurit parfois à travers la neige.
  • Racines profondes pour s’ancrer dans les éboulis.

Parmi les plantes emblématiques et souvent protégées : edelweiss, génépis (dont la cueillette est réglementée), lys martagon, sabot de Vénus (orchidée protégée), chardon bleu des Alpes, ancolie des Alpes, gentiane jaune.

Les animaux de montagne

AnimalAdaptation
Marmotte des AlpesHiberne 5 à 6 mois en famille dans un terrier ; sa température tombe vers 5 °C
Bouquetin des AlpesSabots à bord dur et coussinet souple pour l’escalade ; vit au-dessus de la forêt
Chamois (isard dans les Pyrénées)Sabots écartables, pelage d’hiver sombre et épais
Lièvre variablePelage blanc en hiver, brun en été
Lagopède alpinPlumage blanc en hiver, pattes emplumées comme des raquettes ; s’enterre dans la neige
Gypaète barbuVautour qui se nourrit d’os, qu’il casse en les laissant tomber sur les rochers
Aigle royalChasse les marmottes en longeant les reliefs
ApollonPapillon de montagne, protégé

Les animaux de montagne réduisent leur activité en hiver (hibernation de la marmotte, ralentissement du métabolisme du bouquetin) ou descendent dans la vallée. Leur pelage ou plumage d’hiver, épais et parfois blanc, isole et camoufle.

Des espèces sauvées

  • Le bouquetin des Alpes, réduit à moins d’une centaine d’individus au début du XIXe siècle dans le massif du Grand-Paradis (Italie), a survécu grâce à une réserve de chasse royale devenue en 1922 le premier parc national italien. Le parc national de la Vanoise, premier parc national français créé en 1963, a notamment été fondé pour le protéger. L’espèce est aujourd’hui présente dans tout l’arc alpin.
  • Le gypaète barbu, exterminé des Alpes au début du XXe siècle, y a été réintroduit à partir de 1986 ; il s’y reproduit de nouveau depuis la fin des années 1990. Une petite population a survécu dans les Pyrénées.
  • Le bouquetin ibérique a été réintroduit dans les Pyrénées françaises à partir de 2014, après l’extinction du bouquetin des Pyrénées (sous-espèce disparue en 2000).

Les menaces

  • Réchauffement climatique : les montagnes se réchauffent plus vite que la moyenne ; les espèces montent en altitude, et celles des sommets n’ont plus nulle part où aller. Les glaciers alpins reculent rapidement.
  • Tourisme et aménagements : stations de ski, câbles où percutent le tétras-lyre et le grand tétras, dérangement hivernal des animaux qui épuise leurs réserves.
  • Abandon du pastoralisme, qui entraîne l’embroussaillement des pelouses, ou au contraire surpâturage local.
  • Cueillette excessive de plantes rares.

Questions fréquentes

Pourquoi fait-il plus froid en altitude ?

Parce que l’air se détend et se refroidit en s’élevant, et qu’une atmosphère moins dense retient moins la chaleur. La température baisse en moyenne d’environ 0,6 à 0,65 °C tous les 100 m.

L’edelweiss est-il protégé ?

Oui, l’edelweiss est protégé dans plusieurs régions et pays alpins ; sa cueillette est interdite ou réglementée selon les départements et les parcs nationaux. Il est préférable de ne jamais cueillir de fleurs en montagne.

Quelle différence entre chamois et isard ?

Ils se ressemblent beaucoup, mais ce sont deux espèces distinctes : l’isard des Pyrénées (Rupicapra pyrenaica), un peu plus petit et plus roux en été, et le chamois des Alpes (Rupicapra rupicapra).

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