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Nature et animaux · Milieux naturels

Le récif corallien

Un récif corallien est une structure calcaire construite par des coraux, de petits animaux vivant en symbiose avec des algues. Les récifs couvrent moins de 1 % du fond des océans mais abritent environ un quart des espèces marines connues.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les récifs coralliens sont souvent appelés les « forêts tropicales des mers ». Ils se développent surtout entre les tropiques, dans des eaux claires, chaudes (entre environ 20 et 29 °C), peu profondes et pauvres en nutriments. Ils protègent les côtes, nourrissent des centaines de millions de personnes et sont aujourd’hui l’un des écosystèmes les plus menacés par le réchauffement climatique.

Le corail : un animal, une algue et du calcaire

Un récif est formé de colonies de milliers à millions de polypes, chacun ressemblant à une petite anémone, avec une bouche entourée de tentacules urticants. Chez les coraux constructeurs de récifs, les tissus du polype abritent des zooxanthelles, des algues microscopiques unicellulaires. C’est une symbiose :

  • l’algue fait la photosynthèse et fournit au corail jusqu’à 90 % de son énergie sous forme de sucres ;
  • le corail offre à l’algue un abri, du CO₂ et des nutriments ;
  • les pigments des algues donnent aux coraux une grande partie de leurs couleurs.

Les squelettes calcaires accumulés sur des milliers d’années forment le récif. Un récif ne croît que de quelques millimètres à quelques centimètres par an.

Les types de récifs

TypeDescriptionExemple
Récif frangeantAccolé au rivageMer Rouge, La Réunion
Récif-barrièreSéparé de la côte par un lagonGrande Barrière (Australie), Nouvelle-Calédonie
AtollAnneau de récifs autour d’un lagon, sur un volcan engloutiTuamotu (Polynésie française), Maldives

Charles Darwin a proposé dès 1842 que les atolls se forment sur des volcans qui s’enfoncent lentement pendant que le corail continue à croître vers la lumière, une théorie confirmée au XXe siècle par des forages.

Une biodiversité exceptionnelle

Les récifs occupent environ 0,1 à 0,2 % de la surface des océans mais abritent environ 25 % des espèces marines connues : poissons-perroquets, poissons-clowns et leurs anémones, mérous, requins de récif, raies, tortues marines, mollusques, éponges, échinodermes. Le Triangle de corail, entre l’Indonésie, les Philippines et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en est l’épicentre, avec plus de 600 espèces de coraux constructeurs.

La Grande Barrière de corail, au large du Queensland (Australie), est le plus grand ensemble récifal du monde : environ 2 300 km de long et quelque 3 000 récifs. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.

Les récifs français

Grâce à ses territoires d’outre-mer, la France est l’un des rares pays présents dans les trois océans tropicaux et abrite environ 10 % des récifs coralliens du monde selon l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR). Le lagon de Nouvelle-Calédonie, inscrit au patrimoine mondial en 2008, entoure l’un des plus longs récifs-barrières du monde. La Polynésie française compte plusieurs dizaines d’atolls. On trouve aussi des récifs en Guadeloupe, en Martinique, à Mayotte, à La Réunion et à Wallis-et-Futuna. Voir l'outre-mer français.

Les services rendus

  • Protection des côtes : un récif absorbe la majeure partie de l’énergie des vagues, ce qui protège les plages et les villages des tempêtes ;
  • pêche : source de protéines pour des centaines de millions de personnes ;
  • tourisme de plongée et de baignade ;
  • médicaments : des molécules issues d’organismes récifaux sont étudiées ou utilisées contre le cancer et la douleur.

Le blanchissement des coraux

Lorsque l’eau devient trop chaude, même de 1 °C au-dessus des maximums habituels pendant quelques semaines, la symbiose se rompt : le corail expulse ses zooxanthelles et devient blanc, son squelette apparaissant à travers ses tissus transparents. C’est le blanchissement. Un corail blanchi n’est pas mort, mais affamé : si la chaleur dure, il meurt et se couvre d’algues.

Les épisodes de blanchissement massif se multiplient : 1998, 2010, 2014-2017, puis un quatrième épisode mondial confirmé en avril 2024 par l’agence américaine NOAA, qui a touché plus de 80 % des récifs du monde selon le suivi de 2025. Le GIEC estime qu’avec un réchauffement de 1,5 °C, 70 à 90 % des coraux tropicaux disparaîtraient, et plus de 99 % à 2 °C.

Les autres menaces

  • Acidification des océans, qui ralentit la fabrication des squelettes calcaires ;
  • pollution par les rejets agricoles et les eaux usées, qui favorise les algues et certaines maladies ;
  • surpêche des poissons herbivores, qui laisse les algues étouffer les coraux, et pêche à l’explosif ou au cyanure ;
  • pullulations d'étoiles de mer dévoreuses de corail (acanthasters) ;
  • aménagements côtiers et sédimentation ;
  • certains filtres UV de crèmes solaires, interdits par quelques territoires (Hawaï, Palaos), dont l’effet à grande échelle reste discuté.

Questions fréquentes

Le corail est-il un animal ou une plante ?

Un animal, de la même famille que les méduses. Mais les coraux bâtisseurs vivent en symbiose avec des algues microscopiques, ce qui explique qu’on les ait longtemps pris pour des plantes.

Un corail blanchi peut-il se rétablir ?

Oui, si la température redevient normale assez vite : il peut récupérer des zooxanthelles en quelques semaines ou mois. Si le stress dure, il meurt.

Où se trouvent les récifs coralliens ?

Principalement entre les tropiques du Cancer et du Capricorne : Indo-Pacifique, mer Rouge, Caraïbes, océan Indien. Il existe aussi des coraux d’eau froide en profondeur, jusqu’au large de la Norvège, qui ne dépendent pas des algues.

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