Sciences · Terre et climat
Le réchauffement climatique
Le réchauffement climatique est la hausse de la température moyenne de la Terre observée depuis le XIXe siècle. Selon le GIEC, elle est sans équivoque due aux activités humaines, surtout à la combustion des énergies fossiles.
Mis à jour le 7 min de lecture
La température moyenne à la surface de la Terre a augmenté d’environ 1,1 °C entre la période 1850-1900 et la décennie 2011-2020, selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC (2021-2023). Le réchauffement s’est poursuivi depuis : l’année 2024 a été la plus chaude jamais mesurée, environ 1,55 °C au-dessus du niveau préindustriel selon l’Organisation météorologique mondiale. Ce changement est rapide à l’échelle de l’histoire de la Terre et ses conséquences sont déjà visibles sur tous les continents.
Les chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Réchauffement 2011-2020 par rapport à 1850-1900 | +1,1 °C | GIEC, AR6 |
| Réchauffement sur terre / sur océan (2011-2020) | +1,59 °C / +0,88 °C | GIEC, AR6 |
| Année la plus chaude mesurée | 2024, environ +1,55 °C | OMM |
| Concentration de CO2 dans l’air | environ 280 ppm avant 1750 ; environ 424 ppm en 2024 | NOAA, OMM |
| Concentration de CO2 la plus élevée depuis | au moins 2 millions d’années | GIEC, AR6 |
| Hausse du niveau moyen des mers 1901-2018 | environ 20 cm | GIEC, AR6 |
| Rythme de hausse du niveau des mers 2006-2018 | 3,7 mm par an | GIEC, AR6 |
| Émissions mondiales de gaz à effet de serre (2019) | environ 59 milliards de tonnes équivalent CO2 | GIEC, AR6 |
Les causes : l’effet de serre renforcé par l’humanité
Le mécanisme
L'effet de serre est un phénomène naturel : certains gaz de l'atmosphère retiennent une partie de la chaleur émise par la Terre. Sans lui, la température moyenne serait d’environ −18 °C au lieu de +15 °C. En rejetant massivement ces gaz depuis la révolution industrielle, l’humanité a renforcé ce phénomène : davantage de chaleur est retenue, et la planète se réchauffe jusqu’à retrouver un équilibre.
Les gaz en cause
| Gaz | Principales sources humaines | Part du réchauffement |
|---|---|---|
| Dioxyde de carbone (CO2) | Charbon, pétrole, gaz ; déforestation ; ciment | Environ les deux tiers |
| Méthane (CH4) | Élevage de ruminants, rizières, décharges, fuites de gaz et de mines | Environ 30 % du réchauffement depuis l’ère préindustrielle |
| Protoxyde d’azote (N2O) | Engrais azotés, industrie | Quelques pour cent |
| Gaz fluorés | Climatisation, réfrigération, industrie | Quelques pour cent |
Environ les trois quarts des émissions mondiales proviennent de la production et de l’usage de l’énergie (électricité, chaleur, transports, industrie, bâtiments). L’agriculture, la forêt et l’usage des sols comptent pour environ un cinquième.
Comment sait-on que c’est l’humanité ?
- Le CO2 supplémentaire porte la signature isotopique du carbone fossile, ancien et pauvre en carbone 14.
- L’oxygène atmosphérique diminue dans les proportions attendues d’une combustion.
- La stratosphère se refroidit tandis que la basse atmosphère se réchauffe, ce qui exclut une cause solaire ; l’activité du Soleil est d’ailleurs stable, voire légèrement en baisse, depuis les années 1980.
- Les modèles climatiques ne reproduisent le réchauffement observé qu’en intégrant les émissions humaines.
Le GIEC conclut dans son sixième rapport (2021) : « Il est sans équivoque que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres. »
Un phénomène connu depuis longtemps
| Date | Étape |
|---|---|
| 1824 | Joseph Fourier décrit le rôle de l’atmosphère dans la température terrestre. |
| 1856-1859 | Eunice Foote puis John Tyndall montrent que le CO2 et la vapeur d’eau absorbent la chaleur. |
| 1896 | Svante Arrhenius calcule qu’un doublement du CO2 réchaufferait la Terre de plusieurs degrés. |
| 1958 | Charles David Keeling commence la mesure continue du CO2 à Mauna Loa (Hawaï). |
| 1988 | Création du GIEC. |
| 1992 | Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Rio). |
| 1997 | Protocole de Kyoto. |
| 12 décembre 2015 | Accord de Paris : limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5 °C. |
| 2021 | Prix Nobel de physique à Syukuro Manabe et Klaus Hasselmann pour la modélisation du climat. |
Les conséquences du réchauffement
Déjà observées
- Vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses : celle de l’été 2003 a causé environ 15 000 décès en excès en France et plus de 70 000 en Europe.
- Fonte des glaces : recul quasi général des glaciers de montagne, perte de masse des calottes du Groenland et de l’Antarctique, diminution de la banquise arctique en été.
- Montée du niveau des mers, par dilatation de l’eau qui se réchauffe et fonte des glaces terrestres, avec une accélération récente.
- Pluies extrêmes plus intenses : chaque degré supplémentaire permet à l’air de contenir environ 7 % de vapeur d’eau en plus.
- Sécheresses agricoles et écologiques accrues dans plusieurs régions, dont le bassin méditerranéen ; saisons des feux plus longues.
- Océans : réchauffement, vagues de chaleur marines, acidification (le pH de surface a baissé d’environ 0,1 depuis l’ère préindustrielle), blanchissement des coraux.
- Biodiversité : déplacement des espèces vers les pôles et en altitude, décalage des saisons de floraison et de migration (voir biodiversité).
Selon les scénarios futurs
Le GIEC a étudié des scénarios d’émissions allant de très faibles à très élevées. Estimations les plus probables du réchauffement en fin de siècle (2081-2100) par rapport à 1850-1900 :
| Scénario (AR6) | Émissions | Réchauffement probable vers 2081-2100 |
|---|---|---|
| SSP1-1.9 | Très faibles, neutralité carbone vers 2050 | environ 1,4 °C |
| SSP1-2.6 | Faibles | environ 1,8 °C |
| SSP2-4.5 | Intermédiaires | environ 2,7 °C |
| SSP3-7.0 | Élevées | environ 3,6 °C |
| SSP5-8.5 | Très élevées | environ 4,4 °C |
Chaque fraction de degré compte : les extrêmes de chaleur, de pluie et de sécheresse augmentent avec chaque incrément de réchauffement. Certains changements sont irréversibles à l’échelle de siècles ou de millénaires, notamment la hausse du niveau des mers, qui se poursuivra longtemps après la stabilisation des températures. Le GIEC alerte aussi sur des points de bascule possibles (effondrement de calottes glaciaires, dépérissement de forêts), dont les seuils restent incertains.
En France
La France métropolitaine s’est réchauffée plus vite que la moyenne mondiale, d’environ 1,7 °C depuis le début du XXe siècle selon Météo-France. Le gouvernement a adopté une trajectoire de référence pour l’adaptation qui prévoit un réchauffement de 4 °C en France en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle (soit environ 3 °C au niveau mondial), afin de préparer infrastructures, agriculture et villes.
Que faire ? Atténuation et adaptation
Pour stabiliser la température, il faut atteindre la neutralité carbone : ne pas émettre plus de CO2 que ce que les puits (forêts, sols, océans, captage) peuvent absorber. Selon le GIEC, limiter le réchauffement à 1,5 °C avec peu ou pas de dépassement suppose de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’environ 43 % en 2030 et de 60 % en 2035 par rapport à 2019, et d’atteindre la neutralité carbone pour le CO2 au début des années 2050.
Les leviers principaux :
- Énergie : sortir progressivement du charbon, du pétrole et du gaz ; développer les énergies renouvelables et les autres énergies bas-carbone ; électrifier les usages.
- Efficacité et sobriété : rénovation des bâtiments, transports en commun, vélo, véhicules plus légers, réduction du gaspillage.
- Agriculture et alimentation : réduction du méthane, des engrais azotés et de la déforestation ; régimes moins riches en viande de ruminants.
- Puits de carbone : protection et restauration des forêts, des zones humides et des sols.
L'adaptation vise à limiter les dégâts des changements devenus inévitables : villes plus résistantes à la chaleur, gestion de l’eau, protection des côtes, systèmes d’alerte.
Questions fréquentes
Le climat a toujours changé : en quoi est-ce différent aujourd’hui ?
Le climat a connu de grandes variations naturelles, comme les glaciations, mais sur des milliers d’années. Le réchauffement actuel s’est produit en environ un siècle et demi et s’explique par les émissions humaines, alors que les facteurs naturels (Soleil, volcans, cycles orbitaux) auraient plutôt dû conduire à un léger refroidissement sur la même période.
Quelle est la différence entre réchauffement climatique et changement climatique ?
Le réchauffement désigne la hausse de la température moyenne. Le changement climatique englobe toutes ses conséquences : modification des pluies, des vents, des extrêmes, du niveau des mers. Les deux expressions désignent le même phénomène sous deux angles.
A-t-on déjà dépassé 1,5 °C ?
L’année 2024 a dépassé 1,5 °C, mais l’objectif de l’Accord de Paris porte sur une moyenne d’au moins 20 ans. Selon les projections du GIEC, ce seuil devrait être atteint en moyenne au début des années 2030, voire plus tôt.
Un hiver froid contredit-il le réchauffement ?
Non. Une vague de froid est un événement météorologique local et de courte durée ; le climat se mesure sur des moyennes de trente ans à l’échelle de la planète. Voir climat et météo : la différence.
Le trou dans la couche d’ozone est-il la cause du réchauffement ?
Non, ce sont deux problèmes distincts. Le trou d’ozone, causé par les CFC, laisse passer davantage d’ultraviolets ; il se résorbe lentement grâce au Protocole de Montréal de 1987. Le réchauffement est dû aux gaz à effet de serre. Les CFC étaient toutefois aussi de puissants gaz à effet de serre.