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Nature et animaux · Arbres et plantes

Les plantes carnivores

Les plantes carnivores capturent de petits animaux, surtout des insectes, et les digèrent pour en tirer l’azote et le phosphore absents des sols où elles poussent. On en connaît plus de 800 espèces.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les plantes carnivores restent des plantes vertes : elles produisent leur énergie par photosynthèse, comme les autres. Leurs proies ne leur servent pas de source d’énergie mais d'engrais : elles vivent dans des tourbières, des marais acides ou des sols sableux lessivés, très pauvres en nutriments. Charles Darwin leur a consacré en 1875 un ouvrage entier, Insectivorous Plants, où il démontre expérimentalement qu’elles digèrent leurs proies.

Les cinq grands types de pièges

Type de piègePrincipeExemples
Piège à mâchoiresDeux lobes qui se referment brusquementDionée attrape-mouche, aldrovanda
Piège à glu (papier tue-mouche)Poils sécrétant une substance collanteDroséras, grassettes, byblis
Urne (piège passif)Feuille en forme de vase où la proie glisse et se noieNépenthès, sarracénies, céphalotus
Piège à aspirationPetite outre qui aspire la proie en une fraction de millisecondeUtriculaires
NassePassages à poils orientés qui guident la proie vers une zone de digestionGenlisea

La carnivorie est apparue indépendamment au moins une dizaine de fois au cours de l’évolution des plantes à fleurs : c’est un exemple classique de convergence évolutive.

Les espèces les plus connues

La dionée attrape-mouche

La dionée (Dionaea muscipula) ne pousse naturellement que dans une petite zone de Caroline du Nord et du Sud, aux États-Unis. Chaque piège porte sur sa face interne trois à quatre poils sensitifs : il faut que deux contacts surviennent en une vingtaine de secondes pour que le piège se ferme, en un dixième de seconde environ, ce qui évite les fausses alertes dues à la pluie. Le piège se resserre ensuite et digère la proie en une dizaine de jours. Chaque piège ne fonctionne que quelques fois avant de mourir. L’espèce est classée vulnérable par l’UICN, selon une évaluation déjà ancienne, en raison de la destruction de son habitat et des collectes illégales.

Les népenthès

Les népenthès, ou « plantes à urnes », vivent surtout en Asie du Sud-Est. Leurs urnes, suspendues au bout des feuilles, contiennent un liquide digestif ; le bord glissant, le péristome, fait tomber les insectes attirés par le nectar. Les plus grandes urnes, chez Nepenthes rajah de Bornéo, contiennent plus d’un litre de liquide et capturent parfois de petits vertébrés. Certaines espèces ont développé des relations inattendues : l’urne de Nepenthes lowii sert de toilettes aux toupayes, de petits mammifères, dont les excréments nourrissent la plante.

Les sarracénies

Originaires d’Amérique du Nord, les sarracénies portent des feuilles en cornet dressé, souvent colorées et veinées de rouge. La sarracénie pourpre est présente jusqu’au Québec, dans les tourbières, et figure parmi les plantes emblématiques du Canada atlantique : elle est la fleur emblème de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les utriculaires

Plantes aquatiques sans racines, les utriculaires portent de minuscules outres maintenues en dépression. Lorsqu’une petite larve ou une daphnie touche les poils de la porte, celle-ci s’ouvre et l’outre aspire l’eau et la proie en moins d’une milliseconde, l’un des mouvements les plus rapides du règne végétal.

Les plantes carnivores de France

La France métropolitaine compte une vingtaine d’espèces de plantes carnivores indigènes, toutes liées aux milieux humides et pauvres :

  • droséras : droséra à feuilles rondes, droséra intermédiaire, droséra à longues feuilles, dans les tourbières et landes humides ;
  • grassettes (Pinguicula) : grassette commune, grassette du Portugal, grassette à grandes fleurs, sur les suintements des montagnes ;
  • utriculaires, dans les mares et fossés ;
  • aldrovanda, piège aquatique à mâchoires, aujourd’hui disparue de France à l’état sauvage selon les données disponibles.

Plusieurs de ces espèces sont protégées au niveau national ou régional. Leur principale menace est la disparition des tourbières et zones humides par drainage, enrésinement et abandon du pâturage. La sarracénie, plantée dans certaines tourbières françaises, y est devenue envahissante.

Cultiver une plante carnivore

Questions fréquentes

Une plante carnivore peut-elle être dangereuse pour l’homme ?

Non. Aucune plante carnivore ne peut blesser un humain. Les plus grandes capturent occasionnellement des grenouilles, lézards ou petits rongeurs.

Pourquoi les plantes carnivores mangent-elles des insectes ?

Pour compenser le manque d’azote, de phosphore et d’autres minéraux dans les sols où elles vivent. Elles produisent leurs sucres par photosynthèse, comme les autres plantes.

Combien de temps une dionée met-elle à digérer un insecte ?

Environ 5 à 12 jours selon la taille de la proie et la température. Le piège se rouvre ensuite, ne laissant que l’exosquelette.

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