Nature et animaux · Arbres et plantes
Le rosier
Le rosier (genre Rosa) est un arbuste épineux de la famille des Rosacées, cultivé depuis l’Antiquité pour ses fleurs. Il existe environ 150 à 200 espèces sauvages et des dizaines de milliers de variétés horticoles.
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Fleur de l’amour, de Vénus et de la Vierge Marie, emblème des maisons d’York et de Lancastre pendant la guerre des Deux-Roses, ingrédient majeur de la parfumerie : la rose est la fleur la plus cultivée et la plus symbolique du monde occidental. Le rosier appartient aux Rosacées, une vaste famille qui comprend aussi le pommier, le poirier, le cerisier, l’amandier et le fraisier.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Genre | Rosa, famille des Rosacées |
| Espèces sauvages | environ 150 à 200, toutes de l’hémisphère Nord |
| Variétés cultivées | plusieurs dizaines de milliers créées |
| Feuilles | Composées, généralement de 5 à 7 folioles dentées |
| Fleurs | 5 pétales chez les espèces sauvages ; nombreux pétales chez beaucoup de variétés (fleurs « doubles ») |
| Fruit | Le cynorrhodon, faux-fruit charnu rouge ou orange contenant les akènes |
| Aiguillons | Les « épines » du rosier sont botaniquement des aiguillons, excroissances de l’écorce qui se détachent facilement |
Les grandes catégories de rosiers
| Catégorie | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Rosiers botaniques (sauvages) | Espèces naturelles et leurs formes proches | Églantier (Rosa canina), rosier des champs, rosier rugueux (R. rugosa) |
| Rosiers anciens | Groupes existant avant 1867 | Gallica, damascena (de Damas), centifolia, alba, moussus, Bourbon, Portland, thé |
| Rosiers modernes | Variétés créées après 1867 | Hybrides de thé, floribundas, grimpants, couvre-sols, rosiers anglais |
L’année 1867 sert de repère conventionnel : elle correspond à l’obtention par le rosiériste lyonnais Jean-Baptiste Guillot de la variété 'La France', considérée comme le premier hybride de thé. Ces rosiers, issus de croisements entre des roses européennes et des rosiers de Chine, ont apporté la remontée, c’est-à-dire la capacité à fleurir plusieurs fois dans la saison, et des fleurs élégantes en bouton.
Les rosiers de Chine, introduits en Europe à la fin du XVIIIe siècle, ont ainsi profondément transformé les roses européennes, qui ne fleurissaient pour la plupart qu’une seule fois, au printemps.
La rose dans l’histoire
- Des roses sont représentées sur des fresques de l’âge du bronze en Crète.
- Les Romains cultivaient des roses en grande quantité pour les banquets, les parfums et les fêtes.
- Au Moyen Âge, la rose de Provins (Rosa gallica 'Officinalis') était cultivée pour ses pétales médicinaux et confits.
- L’impératrice Joséphine réunit à la Malmaison, au début du XIXe siècle, une célèbre collection de roses, peintes par Pierre-Joseph Redouté dans son ouvrage Les Roses.
- La roseraie du Val-de-Marne, à L’Haÿ-les-Roses, créée à partir de 1894 par Jules Gravereaux, est la première roseraie consacrée exclusivement aux roses.
La rose en parfumerie
Deux roses dominent la parfumerie :
- la rose de Damas (Rosa × damascena), cultivée en Bulgarie (vallée des Roses, autour de Kazanlak) et en Turquie (région d’Isparta), pour l'essence de rose obtenue par distillation ;
- la rose centifolia ou rose de mai, cultivée à Grasse, dont les fleurs sont cueillies à la main en mai pour produire l’absolue de rose.
Il faut plusieurs tonnes de pétales pour obtenir un kilogramme d’huile essentielle de rose, ce qui en fait l’une des matières premières les plus chères de la parfumerie.
L’églantier et le cynorrhodon
L'églantier (Rosa canina), rosier sauvage des haies, porte des fleurs simples rose pâle et, à l’automne, des cynorrhodons rouges, appelés familièrement « gratte-cul » à cause des poils irritants qui entourent les graines. Débarrassés de ces poils et de leurs graines, les cynorrhodons sont riches en vitamine C et servent à faire des confitures et des tisanes. L’églantier sert aussi de porte-greffe pour de nombreux rosiers cultivés.
Entretenir un rosier
Maladies et ravageurs
| Problème | Signes | Prévention |
|---|---|---|
| Maladie des taches noires (marsonia) | Taches noires sur les feuilles, qui jaunissent et tombent | Variétés résistantes, arrosage au pied, ramassage des feuilles atteintes |
| Oïdium (« blanc ») | Feutrage blanc sur feuilles et boutons | Aération, éviter l’excès d’azote |
| Rouille | Pustules orange sous les feuilles | Variétés résistantes, suppression des feuilles atteintes |
| Pucerons | Colonies sur les jeunes pousses et boutons | Favoriser coccinelles, syrphes et mésanges, jet d’eau |
Les variétés modernes sélectionnées pour leur résistance aux maladies permettent de cultiver des rosiers sans traitement chimique, conformément à l’interdiction des pesticides de synthèse pour les jardiniers amateurs en France depuis 2019 (voir jardin et biodiversité).
Questions fréquentes
Le rosier a-t-il des épines ?
Au sens botanique, non : il porte des aiguillons, excroissances de l’écorce qui se détachent facilement, alors que les épines vraies (comme celles de l’aubépine) sont des rameaux transformés, reliés au bois.
Quelle est la différence entre un rosier ancien et un rosier moderne ?
Par convention, les rosiers anciens appartiennent à des groupes existant avant 1867, date de création du premier hybride de thé. Les rosiers modernes, issus des croisements ultérieurs, sont souvent remontants, alors que beaucoup de rosiers anciens ne fleurissent qu’une fois par an, avec un parfum souvent plus marqué.
Les pétales de rose sont-ils comestibles ?
Les pétales de roses parfumées non traitées sont utilisés en pâtisserie et en confiserie (loukoums, eau de rose). Il ne faut pas consommer de roses achetées chez un fleuriste, souvent traitées avec des pesticides.