Nature et animaux · Mammifères
Le sanglier
Le sanglier (Sus scrofa) est un mammifère omnivore de la famille des suidés, ancêtre du cochon domestique. Très prolifique, il est devenu en quelques décennies le grand gibier le plus abondant de France.
Mis à jour le 4 min de lecture
Le sanglier est présent naturellement dans presque toute l’Europe, en Afrique du Nord et dans une grande partie de l’Asie ; il a été introduit en Amérique et en Australie, où il pose de sérieux problèmes. Animal de forêt à l’origine, il s’adapte aux cultures, aux zones périurbaines et même aux villes. Le cochon domestique descend de lui, domestiqué indépendamment au Proche-Orient et en Chine il y a environ 10 000 ans.
Fiche d’identité
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Nom scientifique | Sus scrofa |
| Classe / famille | Mammifères / Suidés |
| Taille | 1,1 à 1,8 m de long ; 55 à 100 cm au garrot |
| Poids | 50 à 90 kg en moyenne en France ; les vieux mâles dépassent parfois 150 kg |
| Longévité | rarement plus de 5 à 6 ans dans la nature à cause de la chasse ; jusqu’à 20 ans en captivité |
| Habitat | Forêts de feuillus, maquis, marais, cultures, périphérie des villes |
| Régime | Omnivore : glands, faînes, châtaignes, racines, céréales, vers, larves, petits animaux, charognes |
| Statut UICN | Préoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2019 |
Description
Le sanglier a un corps massif et compact, une tête allongée en forme de coin et un groin mobile terminé par un disque de cartilage qui lui sert à fouiller le sol. Son pelage de soies raides, brun-noir à gris, s’épaissit en hiver. Les mâles adultes, appelés solitaires ou vieux mâles, portent des canines à croissance continue : les défenses (inférieures) et les grès (supérieures), qui s’aiguisent les unes contre les autres.
| Nom | Désigne |
|---|---|
| Laie | la femelle |
| Marcassin | le petit rayé, jusqu’à 5-6 mois environ |
| Bête rousse | le jeune de 6 mois à 1 an, au pelage roux |
| Bête de compagnie | le jeune de 1 à 2 ans |
| Ragot, tiers-an, quartanier | le mâle selon l’âge (2, 3, 4 ans) |
Mode de vie
Le sanglier vit en compagnies dirigées par une vieille laie (la meneuse), regroupant plusieurs femelles apparentées et leurs petits. Les jeunes mâles quittent le groupe vers un an et demi ; les adultes vivent seuls et ne rejoignent les laies qu’au moment du rut.
Surtout nocturne dans les zones chassées, il passe la journée couché dans une bauge, une dépression garnie de végétation au cœur d’un fourré. Il se roule régulièrement dans la boue (la souille) pour se débarrasser des parasites et se rafraîchir, faute de glandes sudoripares efficaces, puis se frotte contre des troncs, laissant des traces caractéristiques.
Son alimentation est végétale à plus de 90 % : fruits forestiers (glands, faînes, châtaignes), racines, bulbes, champignons et céréales. Il complète avec des vers de terre, des larves, des œufs d’oiseaux nichant au sol, des petits mammifères et des cadavres. En retournant la terre, il favorise la germination de certaines plantes, mais il peut aussi détruire des prairies et des semis.
Reproduction
| Étape | Période ou durée |
|---|---|
| Rut | principalement novembre à janvier, mais possible toute l’année |
| Gestation | environ 115 jours (« 3 mois, 3 semaines, 3 jours ») |
| Mise bas | surtout de mars à mai, dans un nid de branchages |
| Portée | 4 à 6 marcassins en moyenne, parfois plus de 10 |
| Sevrage | vers 3 à 4 mois |
| Maturité sexuelle | dès 8 à 10 mois chez les femelles bien nourries |
Les marcassins portent un pelage rayé de bandes claires qui les camoufle au sol ; ces rayures disparaissent vers 5 ou 6 mois.
Pourquoi les sangliers prolifèrent-ils ?
Les prélèvements de sangliers à la chasse en France sont passés d’environ 36 000 par an au début des années 1970 à plus de 800 000 par saison depuis la fin des années 2010. Plusieurs causes se combinent :
- Nourriture abondante : extension du maïs, fructifications forestières plus fréquentes avec le réchauffement climatique.
- Reproduction précoce : des femelles d’un an, voire moins, se reproduisent quand la nourriture est abondante.
- Hivers doux qui réduisent la mortalité des jeunes.
- Pratiques de chasse passées : agrainage (nourrissage), lâchers et consignes de préservation des laies.
- Absence de grands prédateurs dans la plupart des régions ; le loup n’en régule qu’une petite partie.
Les dégâts agricoles indemnisés par les chasseurs atteignent plusieurs dizaines de millions d’euros par an, et les collisions avec des véhicules se comptent par dizaines de milliers.
Faits marquants
- Le sanglier peut courir à environ 40 km/h et nager sans difficulté sur plusieurs kilomètres.
- Son odorat est excellent : il détecte des truffes ou des bulbes enfouis sous plusieurs centimètres de terre.
- Il figure sur de nombreux emblèmes gaulois ; il est devenu un symbole associé aux Gaulois dans la culture populaire.
Questions fréquentes
Le sanglier est-il dangereux ?
Il fuit l’homme dans la grande majorité des cas. Le risque existe surtout face à une laie accompagnée de marcassins ou à un animal blessé ou acculé. En cas de rencontre, il faut s’arrêter, ne pas s’approcher et lui laisser une voie de fuite.
Quelle différence entre sanglier et cochon ?
C’est la même espèce : le cochon est la forme domestique du sanglier. Le sanglier a un pelage plus dense et sombre, des pattes plus longues, une tête plus allongée et des défenses plus développées. Les deux peuvent se croiser (« cochongliers »).
Pourquoi voit-on des sangliers en ville ?
Les zones périurbaines offrent nourriture (jardins, déchets, pelouses riches en vers), refuges (friches, bois) et absence de chasse. Des sangliers fréquentent ainsi la périphérie de villes comme Berlin, Barcelone ou Rome.
Que mange un sanglier ?
Surtout des végétaux : glands, châtaignes, faînes, racines, céréales et maïs. Il consomme aussi vers de terre, larves, œufs, petits rongeurs et charognes.