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Nature et animaux · Mammifères

Le paresseux

Les paresseux sont des mammifères arboricoles d’Amérique centrale et du Sud, célèbres pour leur extrême lenteur. Il en existe six espèces, réparties entre paresseux à deux doigts et à trois doigts.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les paresseux vivent dans les forêts tropicales du Honduras au nord de l’Argentine, y compris en Guyane. Ils passent presque toute leur vie suspendus aux branches, la tête en haut ou en bas, et ne se déplacent que de quelques dizaines de mètres par jour. Leur lenteur n’est pas de la paresse : c’est une stratégie d’économie d’énergie adaptée à un régime de feuilles peu nourrissant. Leurs plus proches parents sont les fourmiliers et, plus lointainement, les tatous.

Fiche d’identité (paresseux à trois doigts)

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueBradypus tridactylus (paresseux à gorge jaune)
Classe / ordreMammifères / Pilosa (Xénarthres)
Taille45 à 60 cm
Poids3 à 6 kg
Longévité20 à 30 ans environ
HabitatForêts tropicales humides de basse altitude
RégimeFolivore : feuilles, bourgeons et pousses d’arbres
Statut UICNPréoccupation mineure (LC)

Les deux groupes de paresseux

Paresseux à trois doigts (Bradypus)Paresseux à deux doigts (Choloepus)
Espèces42
Doigts aux mains3 griffes2 griffes (3 aux pieds dans les deux groupes)
Vertèbres du cou8 à 9, rotation de la tête jusqu’à 270°5 à 7
Poids3 à 6 kg4 à 9 kg
Régimepresque uniquement des feuillesplus varié : feuilles, fruits, parfois petits animaux
Activitéjour et nuitsurtout nocturne

Les deux groupes ne sont pas étroitement apparentés : ils ont développé la vie suspendue de façon indépendante, à partir d’ancêtres terrestres. Parmi ceux-ci figuraient les paresseux géants, comme le mégathérium, qui pouvait atteindre 6 m et plusieurs tonnes, éteint il y a environ 10 000 ans.

Statuts UICN des espèces

EspèceStatut UICN
Paresseux à gorge jaune (Bradypus tridactylus)LC
Paresseux à gorge brune (Bradypus variegatus)LC
Paresseux à crinière (Bradypus torquatus), forêt atlantique du BrésilVulnérable (VU)
Paresseux nain (Bradypus pygmaeus), île Escudo de Veraguas (Panamá)En danger critique (CR)
Paresseux à deux doigts de Linné et d’Hoffmann (Choloepus)LC

Une vie au ralenti

Les feuilles fournissent très peu d’énergie et contiennent des toxines. Le paresseux y répond par une série d’adaptations :

  • un métabolisme très bas, parmi les plus lents des mammifères, et une température corporelle variable (environ 30 à 34 °C), qu’il régule en partie en s’exposant au soleil ;
  • une musculature réduite : environ 25 à 30 % de son poids, contre 40 à 45 % chez la plupart des mammifères ;
  • un estomac à plusieurs compartiments où des bactéries fermentent les feuilles ; la digestion d’un repas peut prendre plusieurs semaines ;
  • des griffes en crochet de 8 à 10 cm et des tendons qui lui permettent de rester suspendu sans effort, même en dormant.

Il se déplace à environ 0,2 à 0,3 km/h dans les arbres. Sa lenteur et son immobilité le rendent peu visible pour ses prédateurs : jaguar, ocelot et surtout la harpie féroce, un grand aigle qui le capture à la cime des arbres.

Un écosystème dans la fourrure

Les poils du paresseux sont creusés de fissures où poussent des algues vertes, qui lui donnent une teinte verdâtre et un camouflage efficace. Sa fourrure abrite aussi des papillons de nuit, des coléoptères et des champignons, dont certains n’existent nulle part ailleurs.

La descente hebdomadaire

Environ une fois par semaine, le paresseux à trois doigts descend au pied de son arbre pour déféquer et uriner, en creusant un petit trou avec sa queue. Ce comportement risqué, puisqu’il l’expose aux prédateurs, reste mal expliqué ; une hypothèse le relie aux papillons qui pondent dans ses excréments et entretiennent indirectement les algues de son pelage.

Au sol, il rampe difficilement, mais il est un bon nageur et peut retenir sa respiration jusqu’à 40 minutes en ralentissant son cœur.

Reproduction

ÉtapeDonnée
Gestationenviron 6 mois (paresseux à trois doigts) ; 10 à 11 mois (à deux doigts)
Portée1 petit, né dans les arbres
Accroché à sa mère6 à 9 mois
Maturité sexuellevers 3 ans

Menaces

La plupart des espèces ne sont pas menacées, mais la déforestation fragmente leur habitat et les oblige à traverser routes et clôtures, où ils sont victimes de collisions, de chiens et d’électrocutions sur les lignes électriques. Le commerce de jeunes paresseux pour des photos touristiques est aussi un problème croissant. Le paresseux nain, qui ne vit que sur une petite île de mangrove, compterait moins de 100 individus.

Questions fréquentes

Pourquoi le paresseux est-il si lent ?

Parce que son régime de feuilles apporte très peu d’énergie. En bougeant peu, avec un métabolisme lent et peu de muscles, il dépense moins qu’il ne consomme.

Combien de temps dort un paresseux ?

On a longtemps cité 15 à 20 heures par jour d’après des animaux captifs ; des mesures sur des paresseux sauvages ont montré environ 9 à 10 heures de sommeil par jour.

Le paresseux est-il dangereux ?

Non pour l’homme s’il n’est pas manipulé. Ses griffes peuvent toutefois blesser lorsqu’on tente de le saisir, et le paresseux à deux doigts peut mordre pour se défendre.

Y a-t-il des paresseux en France ?

Oui, en Guyane, où vivent le paresseux à gorge jaune et le paresseux à deux doigts de Linné.

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