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Nature et animaux · Mammifères

Le raton laveur

Le raton laveur (Procyon lotor) est un mammifère omnivore d’Amérique du Nord au masque noir et à la queue annelée. Très adaptable, il prospère en ville et est devenu une espèce envahissante en Europe.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le raton laveur est originaire d’Amérique du Nord et centrale, du sud du Canada au Panamá. Il est très commun au Québec et dans les grandes villes nord-américaines comme Toronto, souvent surnommée « capitale mondiale du raton laveur ». Introduit en Europe au XXe siècle pour sa fourrure et comme animal de compagnie, il s’y est installé durablement, surtout en Allemagne, et figure depuis 2016 sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes de l’Union européenne.

Fiche d’identité

CaractéristiqueDonnée
Nom scientifiqueProcyon lotor
Classe / familleMammifères / Procyonidés
Taille40 à 70 cm de corps ; queue de 20 à 40 cm
Poids4 à 9 kg, parfois plus avant l’hiver
Longévité2 à 3 ans en moyenne dans la nature ; jusqu’à 20 ans en captivité
HabitatForêts proches de l’eau, marais, zones agricoles, villes
RégimeOmnivore : invertébrés, écrevisses, grenouilles, œufs, fruits, noix, maïs, déchets
Statut UICNPréoccupation mineure (LC), évaluation mondiale de 2016

Description

Le raton laveur a un pelage gris mêlé de brun, un masque noir autour des yeux bordé de blanc et une queue touffue marquée de 5 à 7 anneaux sombres. Ses pattes avant ressemblent à de petites mains à cinq doigts très mobiles et extrêmement sensibles : une grande partie de son cortex sensoriel est consacrée au toucher. Il peut ouvrir des loquets, des couvercles de poubelles et même certaines portes.

Pourquoi « laveur » ?

Le raton laveur semble souvent « laver » sa nourriture en la tripotant dans l’eau. En réalité, il ne la nettoie pas : l’eau rend ses mains encore plus sensibles, ce qui l’aide à explorer et identifier ce qu’il tient. Il palpe d’ailleurs ses aliments de la même façon loin de l’eau, et le « lavage » proprement dit est surtout observé chez les animaux captifs. Son nom latin, lotor, signifie « laveur ».

Mode de vie

Le raton laveur est nocturne et plutôt solitaire, même si des femelles apparentées partagent parfois des territoires voisins et que des mâles forment de petits groupes. Il gîte dans des arbres creux, des terriers abandonnés, des greniers ou des cheminées. Dans le nord de son aire, il ne hiberne pas mais passe les périodes les plus froides endormi dans son gîte, vivant sur ses réserves de graisse, ce qui peut lui faire perdre une bonne partie de son poids.

Son régime varie selon la saison et le milieu : écrevisses, poissons, grenouilles et insectes au bord de l’eau, œufs et oisillons, fruits, noix, glands et maïs, et en ville, déchets et nourriture pour animaux. Il est capable de mémoriser la solution d’un problème pendant plusieurs années, ce qui explique son succès dans les milieux urbains.

Reproduction

ÉtapePériode ou durée
Accouplementfin d’hiver (janvier à mars)
Gestationenviron 63 à 65 jours
Mise basavril-mai
Portée2 à 5 petits
Sorties avec la mèredès 8 à 10 semaines
Indépendanceà l’automne ou au printemps suivant

Le raton laveur en Europe

Les populations européennes proviennent de plusieurs introductions : lâchers volontaires en Allemagne dans les années 1930 près du lac Edersee (Hesse), évasions d’élevages à fourrure, et animaux de compagnie de soldats américains stationnés en Europe. L’Allemagne compte aujourd’hui de l’ordre d’un million de ratons laveurs.

En France, le principal noyau, dans l’Aisne, est issu d’animaux échappés ou relâchés autour d’une base de l’OTAN dans les années 1960-1970 ; d’autres populations se sont installées en Auvergne, dans le Grand Est et en Gironde. Classé espèce exotique envahissante, il peut être piégé et chassé, et sa détention, son transport et sa vente sont interdits.

Ses impacts : prédation sur les amphibiens, les tortues cistudes, les oiseaux nicheurs et les œufs, concurrence avec les espèces locales et dégâts dans les bâtiments.

Faits marquants

  • Le raton laveur peut descendre des arbres la tête en bas en tournant ses pattes arrière vers l’arrière.
  • Les jeunes poussent de petits cris aigus ressemblant à des pépiements d’oiseaux.
  • Une espèce voisine, le raton crabier, vit en Amérique du Sud, dont la Guyane.

Questions fréquentes

Le raton laveur est-il dangereux ?

Il fuit généralement l’homme, mais peut mordre s’il est acculé ou manipulé. Le vrai risque concerne les maladies (rage en Amérique du Nord) et les parasites qu’il peut transmettre.

Pourquoi les ratons laveurs aiment-ils les villes ?

Les villes leur offrent une nourriture abondante (poubelles, jardins, nourriture pour animaux), des abris (greniers, cabanons) et peu de prédateurs. Ils y vivent souvent en densité bien plus forte qu’en forêt.

Y a-t-il des ratons laveurs en France ?

Oui. Plusieurs milliers vivent à l’état sauvage, principalement dans l’Aisne, en Auvergne, en Gironde et dans le Grand Est. L’espèce est classée exotique envahissante.

Le raton laveur est-il un rongeur ?

Non. C’est un carnivore de la famille des Procyonidés, plus proche des mustélidés et des ours que des rongeurs.

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