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Droit et institutions · Citoyenneté

Racisme et antisémitisme

Le racisme est l’idéologie qui hiérarchise des groupes humains supposés et justifie leur rejet ; l’antisémitisme vise spécifiquement les Juifs. En France, leurs manifestations sont des délits.

Mis à jour le 3 min de lecture

Le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions protégées par la liberté d’expression : la loi française les traite comme des délits dès lors qu’ils s’expriment publiquement, se traduisent par des discriminations ou des violences. Leur étude est au programme d’EMC et d’histoire, en lien avec la Shoah, l'esclavage et la colonisation.

Les définitions

NotionDéfinition
RacismeIdéologie qui divise l’humanité en « races » hiérarchisées et justifie l’hostilité, le mépris ou la discrimination envers certains groupes
AntisémitismeHostilité, préjugés ou haine envers les Juifs en tant que tels
XénophobieHostilité envers les étrangers
Haine antimusulmaneHostilité envers les musulmans en raison de leur religion, réelle ou supposée
Afrophobie, racisme anti-asiatique, antitsiganismeFormes de racisme visant des groupes précis

Repères historiques

  • Antijudaïsme chrétien au Moyen Âge : accusations, expulsions (des Juifs de France en 1394), persécutions.
  • XIXe siècle : apparition de théories pseudo-scientifiques de hiérarchie des « races » ; le mot « antisémitisme » se répand vers 1880.
  • Affaire Dreyfus (1894-1906) : un officier juif condamné à tort, révélateur de l’antisémitisme en France (voir affaire Dreyfus).
  • Génocide des Juifs par l’Allemagne nazie : environ six millions de victimes ; en France, le régime de Vichy adopte des statuts des Juifs en 1940 et 1941 et participe aux déportations.
  • Esclavage et colonisation : justifiés par des théories racistes ; la loi Taubira de 2001 reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
  • Ségrégation et apartheid : régimes de séparation raciale aux États-Unis et en Afrique du Sud, abolis dans les années 1960 et 1990 (voir apartheid).

Ce que dit la loi française

TexteApport
Loi du 1er juillet 1972 (loi Pleven)Crée le délit de provocation à la haine raciale ; permet aux associations antiracistes d’agir en justice
Loi du 13 juillet 1990 (loi Gayssot)Punit la contestation de crimes contre l’humanité, notamment la négation de la Shoah
Loi de 2003 puis loi de 2017Le mobile raciste, antisémite ou religieux devient une circonstance aggravante générale des crimes et délits
Code pénal, art. 225-1Punit la discrimination fondée sur l’origine ou la religion (voir discriminations)

Exemples de sanctions :

  • injure publique à caractère raciste : jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende ;
  • provocation publique à la haine ou à la violence : jusqu’à 1 an et 45 000 € ;
  • violences commises en raison de l’origine ou de la religion : peine aggravée ;
  • injure raciste non publique (dans un cercle privé) : contravention.

Les propos tenus sur un réseau social ouvert au public sont des propos publics. Le délai de prescription pour les délits de presse à caractère raciste est d'un an, au lieu de trois mois.

Les acteurs de la lutte

  • La DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) coordonne l’action de l’État.
  • La CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) publie chaque année un rapport sur la lutte contre le racisme.
  • Le Défenseur des droits traite les réclamations pour discrimination.
  • La plateforme Pharos permet de signaler les contenus illicites en ligne.
  • Des associations antiracistes peuvent se porter partie civile.

Que faire si l’on est victime ou témoin ?

  1. Conserver les preuves (captures d’écran avec l’adresse et la date, témoignages).
  2. Porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République.
  3. Signaler les contenus en ligne sur Pharos et à la plateforme concernée.
  4. Se faire accompagner par une association ou, pour un élève, en parler à un adulte de l’établissement.

Questions fréquentes

Une blague raciste est-elle punissable ?

Oui, si elle est publique et constitue une injure ou une provocation à la haine. Le caractère humoristique n’est pas une excuse automatique ; le juge apprécie le contexte.

Quelle différence entre antisémitisme et critique d’un État ?

La critique de la politique d’un gouvernement relève de la liberté d’expression. Elle devient antisémite lorsqu’elle vise les Juifs en tant que tels, leur attribue une responsabilité collective ou recourt à des stéréotypes antisémites.

Le racisme « anti-blanc » est-il puni ?

La loi protège toute personne en raison de son origine, sans distinction : une injure ou une violence fondée sur l’origine est punie quelle que soit la victime.

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