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Droit et institutions · Citoyenneté

L’égalité filles-garçons

L’égalité filles-garçons est un principe que l’école doit transmettre et appliquer : mêmes droits, mêmes enseignements, même accès à toutes les filières, et lutte contre les stéréotypes et les violences sexistes.

Mis à jour le 3 min de lecture

L’égalité entre les filles et les garçons fait partie des missions de l’école inscrites dans le Code de l’éducation (article L121-1) : les établissements contribuent à favoriser la mixité et l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment en matière d’orientation. C’est un thème central de l’EMC, de l’école primaire au lycée. Pour l’égalité dans la loi en général (travail, famille, politique), voir égalité femmes-hommes en droit.

Repères historiques

DateÉtape
1836Les communes sont encouragées à ouvrir des écoles primaires de filles
1861Julie-Victoire Daubié, première femme à obtenir le baccalauréat en France
1867Loi Duruy : école de filles obligatoire dans les communes de plus de 500 habitants
1880Loi Camille Sée : création des lycées de jeunes filles
1881-1882Lois Jules Ferry : école gratuite, laïque et obligatoire pour les filles comme pour les garçons
1924Programmes du secondaire identiques pour filles et garçons, accès au même baccalauréat
1975Loi Haby : la mixité devient obligatoire dans tous les établissements publics
2013Loi de refondation de l’école : l’égalité filles-garçons devient une mission explicite

Les stéréotypes de genre

Les stéréotypes ont des effets réels : ils influencent la confiance en soi, la participation en classe, les choix d’activités et l’orientation. Ils ne s’appuient pas sur des différences de capacités : les performances moyennes des filles et des garçons dans les évaluations sont proches, et les écarts varient selon les pays et les époques, ce qui montre le poids des facteurs sociaux. Le phénomène de menace du stéréotype, étudié en psychologie sociale, montre qu’une personne qui craint de confirmer un stéréotype peut réussir moins bien un exercice. Voir biais cognitifs.

Les écarts qui persistent

  • Orientation : les filles restent minoritaires dans les filières d’ingénieurs, d’informatique et certaines spécialités scientifiques du lycée, et majoritaires dans les filières littéraires, sociales et du soin.
  • Réussite : les filles obtiennent en moyenne de meilleurs résultats au brevet et au baccalauréat et sont plus nombreuses diplômées du supérieur.
  • Climat scolaire : les filles sont plus souvent victimes de violences sexistes et sexuelles, y compris en ligne ; les garçons sont plus souvent sanctionnés et plus souvent en décrochage.

Ces écarts sont suivis chaque année par le ministère de l’Éducation nationale dans la publication statistique Filles et garçons sur le chemin de l’égalité.

Ce que fait l’école

  • Programmes : l’EMC, l’histoire (conquête du droit de vote des femmes, place des femmes dans les sociétés) et l’éducation à la vie affective et relationnelle, puis à la sexualité, abordent l’égalité et le respect du consentement.
  • Référents égalité dans les établissements.
  • Sanctions des propos et comportements sexistes, du harcèlement et des violences, prévues par le règlement intérieur.
  • Orientation : actions pour encourager les filles vers les sciences et les garçons vers les métiers du soin et de l’éducation.

Le sexisme est puni par la loi : l'outrage sexiste (propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste imposé à une personne) est sanctionné depuis 2018, et constitue un délit dans ses formes aggravées depuis 2023.

Exercice corrigé

Repérez le stéréotype dans chaque phrase et reformulez-la.

  1. « Tu es une fille, tu n’as pas besoin de faire de la robotique. »
  2. « Les garçons ne pleurent pas. »
  3. « Pour la sortie, les garçons porteront les sacs. »

Corrigé : 1 le stéréotype associe les sciences aux garçons ; reformulation : « Tout le monde peut s’inscrire à l’atelier robotique. » 2 il interdit l’expression des émotions aux garçons ; reformulation : « Chacun a le droit d’exprimer sa tristesse. » 3 il répartit les tâches selon le sexe ; reformulation : « Chacun portera son sac, et ceux qui le peuvent aideront les autres. »

Questions fréquentes

Depuis quand les écoles sont-elles mixtes en France ?

La mixité s’est développée dans les années 1960 et est devenue obligatoire dans l’enseignement public avec la loi Haby de 1975.

Qu’est-ce que le sexisme ?

C’est l’ensemble des préjugés, propos et comportements qui infériorisent une personne en raison de son sexe. Il peut aller de la remarque à la discrimination et à la violence.

Égalité veut-elle dire que filles et garçons sont identiques ?

Non. L’égalité porte sur les droits, la dignité et les possibilités offertes à chacun, pas sur l’identité des personnes.

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