Histoire · Préhistoire et Antiquité
Sparte
Sparte est une cité grecque du Péloponnèse célèbre pour ses hoplites et son éducation collective très dure, l’agogè. Rivale d’Athènes, elle l’emporte dans la guerre du Péloponnèse (431-404 av. J.-C.).
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Sparte, appelée aussi Lacédémone, est située en Laconie, dans la vallée de l’Eurotas, au sud du Péloponnèse. À l’époque classique, elle est avec Athènes la cité la plus puissante de la Grèce antique, mais selon un modèle opposé : là où Athènes invente la démocratie et vit du commerce maritime, Sparte est une cité oligarchique, terrienne et militaire, fondée sur l’exploitation d’une population asservie. Son image, déjà idéalisée par les Anciens, a nourri le « mirage spartiate ».
Repères chronologiques
| Date (av. J.-C.) | Événement |
|---|---|
| Xe-IXe siècle | Installation de Doriens en Laconie |
| VIIIe-VIIe siècle | Conquête de la Messénie, dont les habitants deviennent hilotes |
| VIIe-VIe siècle | Mise en place des institutions attribuées à Lycurgue |
| VIe siècle | Formation de la Ligue du Péloponnèse dirigée par Sparte |
| 480 | Bataille des Thermopyles : mort du roi Léonidas |
| 479 | Victoire de Platées sous le commandement du Spartiate Pausanias |
| 464 | Séisme et grande révolte des hilotes |
| 431-404 | Guerre du Péloponnèse contre Athènes, victoire de Sparte |
| 371 | Défaite de Leuctres face à Thèbes |
| 369 | Libération de la Messénie par les Thébains |
| 146 | Intégration de la Grèce dans le monde romain |
Une société à trois étages
| Groupe | Statut |
|---|---|
| Spartiates (les « Égaux », homoioi) | Citoyens de plein droit, quelques milliers ; se consacrent exclusivement à la guerre |
| Périèques | Hommes libres des cités voisines, sans droits politiques ; artisans et commerçants, ils servent dans l’armée |
| Hilotes | Population asservie appartenant à la cité, attachée à la terre, qui cultive les lots des Spartiates |
Les hilotes sont bien plus nombreux que les citoyens. La peur de leurs révoltes explique en grande partie le caractère militaire de la cité. Chaque année, les éphores déclaraient rituellement la guerre aux hilotes, et la cryptie permettait à de jeunes Spartiates de tuer des hilotes jugés dangereux.
Des institutions originales
La tradition attribue les lois de Sparte à un législateur, Lycurgue, dont l’existence historique est très incertaine. Le régime associe plusieurs éléments, ce qui le faisait admirer comme une « constitution mixte » :
- deux rois, issus de deux familles (Agiades et Eurypontides), chefs de l’armée et prêtres ;
- la gérousia, conseil de 28 anciens de plus de 60 ans, élus à vie, plus les deux rois ;
- l'apella, assemblée des citoyens, qui vote par acclamation ;
- cinq éphores, élus pour un an, qui surveillent les rois et l’éducation et détiennent un pouvoir considérable.
L’éducation spartiate : l’agogè
À la naissance, l’enfant est examiné par les anciens ; selon Plutarque, ceux jugés trop faibles étaient abandonnés au pied du Taygète. L’archéologie n’a pas confirmé l’existence d’un tel rite à grande échelle.
À 7 ans, les garçons quittent leur famille pour être éduqués par la cité dans des groupes d’âge :
- apprentissage de l’endurance : nourriture réduite, un seul manteau par an, pieds nus, lits de roseaux ;
- entraînement physique et militaire, chants et danses collectives ;
- encouragement au vol de nourriture, puni seulement si l’on est pris ;
- concours d’endurance au sanctuaire d’Artémis Orthia, avec flagellation rituelle.
À 20 ans, le jeune homme entre dans l’armée et dans un syssition, repas commun où il doit fournir sa part ; ne plus pouvoir payer, c’est perdre sa qualité de citoyen. Il ne vit vraiment chez lui qu’à 30 ans. L’adjectif spartiate (austère, rude) et le mot laconique (bref, comme le parler des Laconiens) viennent de ce mode de vie.
Les Spartiates à la guerre
L’armée spartiate repose sur la phalange d’hoplites, fantassins lourdement armés combattant en rangs serrés avec bouclier rond et lance. Entraînés en permanence, vêtus d’un manteau rouge, les Spartiates passent pour les meilleurs soldats de Grèce.
Aux Thermopyles (480 av. J.-C.), lors de la seconde guerre médique contre l'Empire perse, le roi Léonidas et ses 300 Spartiates, avec plusieurs milliers d’autres Grecs au début du combat, retiennent l’armée de Xerxès pendant trois jours avant d’être tournés et massacrés. L’épitaphe de Simonide les célèbre pour avoir obéi aux lois de leur cité.
Sparte dirige ensuite la Ligue du Péloponnèse et l’emporte sur Athènes dans la guerre du Péloponnèse (431-404), avec l’aide financière perse qui lui permet de construire une flotte. Le Spartiate Lysandre détruit la flotte athénienne à Aigos Potamos (405) et impose à Athènes le régime des Trente.
Le déclin
L’hégémonie spartiate dure peu. Le nombre de citoyens ne cesse de baisser (on parle d'oliganthropie) : les terres se concentrent, de nombreux Spartiates perdent leur statut, la cité refuse d’intégrer de nouveaux membres. En 371 av. J.-C., l’armée spartiate est vaincue à Leuctres par le Thébain Épaminondas ; la Messénie est libérée deux ans plus tard. Sparte devient une puissance secondaire, réduite plus tard au rang de ville de l’Empire romain, que les Romains visitaient pour ses rites archaïques.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Sparte et Athènes ?
Athènes est une démocratie (pour les citoyens hommes), ouverte sur la mer et le commerce, foyer de philosophie et de théâtre. Sparte est une oligarchie militaire et terrienne, dont les citoyens se consacrent à la guerre et vivent de l’exploitation des hilotes.
Les 300 Spartiates étaient-ils vraiment seuls aux Thermopyles ?
Non. Ils étaient accompagnés au départ de plusieurs milliers de Grecs d’autres cités. Lors du dernier jour, la plupart se retirèrent ; restèrent avec Léonidas les Spartiates, environ 700 Thespiens et des Thébains.
Que veut dire « laconique » ?
Concis, qui s’exprime en peu de mots. Le mot vient de Laconie, région de Sparte, dont les habitants étaient réputés pour leurs réponses brèves.
Où se trouve Sparte aujourd’hui ?
Une ville moderne de Sparte (Sparti) a été fondée en 1834 près du site antique, dans le sud du Péloponnèse, en Grèce. Il reste peu de ruines de la cité antique, qui n’avait pas de grands monuments.