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Histoire · Préhistoire et Antiquité

La Gaule romaine

La Gaule romaine désigne la Gaule sous domination de Rome, de la conquête de César (58-51 av. J.-C.) à la fin du Ve siècle. Les Gaulois deviennent des Gallo-Romains : villes, routes, latin et droit romain s’imposent.

Mis à jour le 4 min de lecture

Après la conquête de la Gaule par Jules César entre 58 et 51 av. J.-C., et la défaite de Vercingétorix à Alésia en 52 av. J.-C., le territoire gaulois est intégré à l'Empire romain pour environ cinq siècles. Les habitants adoptent progressivement la langue, les lois, l’urbanisme et la culture des Romains, tout en conservant des traditions gauloises : c’est la romanisation, qui donne naissance à la civilisation gallo-romaine. Elle prend fin avec les invasions barbares et la chute de l’Empire romain d’Occident en 476.

Les grandes étapes

DateÉvénement
121-118 av. J.-C.Création de la province de Narbonnaise dans le sud (la Provincia, d’où le nom Provence)
58-51 av. J.-C.Guerre des Gaules menée par César
52 av. J.-C.Siège d’Alésia, reddition de Vercingétorix
43 av. J.-C.Fondation de Lugdunum (Lyon)
27-12 av. J.-C.Auguste organise la Gaule chevelue en trois provinces
12 av. J.-C.Création du sanctuaire fédéral des Trois Gaules à Lyon
48 apr. J.-C.Claude ouvre le Sénat aux notables gaulois
177Martyrs chrétiens de Lyon (Blandine, Pothin)
212Édit de Caracalla : citoyenneté pour les hommes libres
260-274« Empire des Gaules », sécession temporaire
IIIe-Ve siècleRaids germaniques, remparts autour des villes
486Clovis bat Syagrius, dernier représentant du pouvoir romain dans le nord

L’organisation administrative

Sous Auguste, la Gaule est divisée en quatre provinces :

ProvinceCapitaleStatut
NarbonnaiseNarbonneProvince sénatoriale, très romanisée
LyonnaiseLyonProvince impériale
AquitaineSaintes, puis BordeauxProvince impériale
BelgiqueReimsProvince impériale

Lyon est la capitale des « Trois Gaules » (Lyonnaise, Aquitaine, Belgique). Chaque province est dirigée par un gouverneur ; le territoire est découpé en cités (civitates), qui reprennent souvent les anciens peuples gaulois : les Parisii autour de Lutetia (Paris), les Arvernes autour d'Augustonemetum (Clermont). Beaucoup de noms de villes actuelles viennent de ces peuples : Paris, Reims (Rèmes), Amiens (Ambiens), Nantes (Namnètes).

Les villes gallo-romaines

Rome développe des villes sur le modèle romain, avec un plan en damier organisé autour de deux axes : le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest). On y trouve :

  • le forum, place publique avec temple, basilique (tribunal) et curie ;
  • les thermes, bains publics ;
  • le théâtre et l'amphithéâtre (arènes de Nîmes, d’Arles) ;
  • les aqueducs, comme le pont du Gard (Ier siècle apr. J.-C.), qui alimentait Nîmes ;
  • les arcs monumentaux (Orange) et les temples (Maison carrée de Nîmes).

Routes, commerce et campagnes

  • Les voies romaines relient les villes : via Domitia en Narbonnaise, réseau d’Agrippa au départ de Lyon. Elles servent l’armée, l’administration et le commerce.
  • Les campagnes se couvrent de villae, grands domaines agricoles avec une maison de maître et des bâtiments d’exploitation. La Gaule produit du blé, du vin (la vigne se répand), de la céramique sigillée (La Graufesenque, près de Millau) et des étoffes.
  • La monnaie romaine et le commerce méditerranéen se diffusent.

Langue, religion et société

Le latin

Les élites apprennent le latin, langue de l’administration et de l’ascension sociale. Le gaulois recule lentement et disparaît sans doute vers le Ve ou le VIe siècle ; il laisse une centaine de mots au français (voir les mots d’origine gauloise). Le français est issu du latin parlé en Gaule.

Une religion mêlée

Les Gallo-Romains vénèrent les dieux romains, souvent associés aux dieux gaulois : on parle de syncrétisme. Mercure, le dieu le plus honoré en Gaule selon César, est associé à un dieu gaulois, Apollon à Belenos ; les déesses mères et la déesse-jument Epona restent populaires. Le culte impérial exprime la fidélité à Rome. Le christianisme apparaît au IIe siècle, notamment à Lyon, et se répand surtout aux IVe et Ve siècles (saint Martin, évêque de Tours).

La société

Les notables gaulois obtiennent la citoyenneté romaine, exercent les magistratures municipales et financent des monuments (évergétisme). Sous eux, une population d’artisans, de paysans libres et d’esclaves.

Exercice corrigé

Relève trois éléments qui montrent la romanisation d’une ville comme Nîmes.

  • Un amphithéâtre (les arènes) pour les spectacles de gladiateurs.
  • Un temple romain (la Maison carrée) dédié au culte impérial.
  • Un aqueduc (avec le pont du Gard) pour apporter l’eau aux thermes et aux fontaines.

Questions fréquentes

Combien de temps la Gaule a-t-elle été romaine ?

Environ cinq siècles pour la Gaule chevelue (de la conquête de César à la fin du Ve siècle), et près de six siècles pour la Narbonnaise, conquise dès 121 av. J.-C.

Les Gaulois ont-ils été forcés de devenir romains ?

Non, pour l’essentiel. Après la conquête violente, la romanisation a été progressive et souvent volontaire, surtout chez les élites, qui y gagnaient pouvoir et prestige.

Que reste-t-il de la Gaule romaine aujourd’hui ?

La langue française, de nombreux noms de villes, le tracé de certaines routes, des monuments (pont du Gard, arènes de Nîmes et d’Arles, théâtre d’Orange) et l’influence du droit romain.

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