Aller au contenu
connaissance.org

Histoire · Préhistoire et Antiquité

Alexandre le Grand

Alexandre le Grand (356–323 av. J.-C.) est le roi de Macédoine qui, en onze ans, a conquis l’Empire perse et bâti un empire allant de la Grèce à l’Indus, avant de mourir à 32 ans à Babylone.

Mis à jour le 5 min de lecture

Alexandre III de Macédoine, dit Alexandre le Grand, né en 356 av. J.-C. à Pella et mort le 10 ou 11 juin 323 av. J.-C. à Babylone, est l’un des plus grands conquérants de l’histoire. Roi à 20 ans, il franchit l’Hellespont en 334 av. J.-C., renverse l’Empire perse des Achéménides et pousse jusqu’à l’Indus sans jamais perdre une bataille rangée. Son empire ne lui survit pas, mais ses conquêtes ouvrent l'époque hellénistique, pendant laquelle la culture grecque se diffuse dans tout le Proche-Orient.

Fiche d’identité

RepèreDonnée
Naissance356 av. J.-C., à Pella (Macédoine)
ParentsPhilippe II, roi de Macédoine, et Olympias, princesse d’Épire
PrécepteurAristote, de 343 à 340 av. J.-C. environ
Règne336 – 323 av. J.-C.
ÉpousesRoxane (327), puis Stateira et Parysatis, princesses perses (324)
Mortjuin 323 av. J.-C., à Babylone, à 32 ans
ChevalBucéphale, mort en 326 av. J.-C. en Inde

Jeunesse et accession au trône

Son père Philippe II a fait de la Macédoine, royaume du nord de la Grèce, la principale puissance du monde grec, grâce à une armée réformée fondée sur la phalange (fantassins armés d’une longue lance, la sarisse) et la cavalerie des Compagnons. À 18 ans, Alexandre commande la cavalerie à la bataille de Chéronée (338 av. J.-C.), qui soumet Athènes et Thèbes.

Philippe est assassiné en 336 av. J.-C. Alexandre, 20 ans, lui succède, élimine ses rivaux, écrase la révolte de Thèbes, qu’il rase en 335, et reprend le projet paternel : une expédition panhellénique contre la Perse, présentée comme une vengeance des guerres médiques.

Les conquêtes (334 – 325 av. J.-C.)

Date (av. J.-C.)Événement
334Passage en Asie avec environ 40 000 hommes ; victoire du Granique
333Victoire d’Issos sur le roi perse Darius III, qui s’enfuit
332Siège et prise de Tyr (sept mois) ; entrée en Égypte
331Fondation d’Alexandrie ; visite de l’oracle d’Amon à Siwa ; victoire décisive de Gaugamèles (1er octobre)
330Prise de Babylone, Suse et Persépolis, dont le palais est incendié ; Darius III est assassiné par un de ses satrapes
329 – 327Campagnes en Bactriane et Sogdiane (Afghanistan, Ouzbékistan) ; mariage avec Roxane
326Victoire de l’Hydaspe sur le roi indien Poros ; à l’Hyphase, l’armée refuse d’aller plus loin
325Retour par la Gédrosie (désert du Baloutchistan), traversée meurtrière
324Retour à Suse ; « noces de Suse » entre officiers macédoniens et femmes perses
323Mort à Babylone

En onze ans, l’armée a parcouru près de 20 000 km. Alexandre doit ses victoires à la combinaison de la phalange et de la cavalerie lourde, qu’il mène lui-même en première ligne, à sa rapidité et à son audace tactique.

Comment Alexandre gouvernait-il son empire ?

Alexandre ne se contente pas de remplacer les Perses : il veut fondre vainqueurs et vaincus. Il conserve l’administration achéménide en satrapies, nomme des satrapes perses, adopte une partie du cérémonial et du costume perses, et exige la proskynèse (prosternation), ce qui choque les Macédoniens. Il intègre 30 000 jeunes Perses formés à la macédonienne dans l’armée et organise en 324 le mariage collectif de ses officiers avec des femmes de l’aristocratie perse.

Il fonde de nombreuses villes, souvent nommées Alexandrie, dont la plus célèbre, en Égypte, devient la grande métropole intellectuelle de l’Antiquité. Il se fait reconnaître fils d’Amon en Égypte et réclame en 324 des honneurs divins aux cités grecques.

Son pouvoir devient de plus en plus autoritaire : il fait exécuter son général Parménion (330) et tue de sa main son ami Cleitos lors d’une dispute en état d’ivresse (328).

La mort d’Alexandre

Alexandre meurt à Babylone en juin 323 av. J.-C., après une dizaine de jours de fièvre, à l’âge de 32 ans. Les causes restent discutées : paludisme, typhoïde, conséquences de l’alcool et de ses blessures ; l’hypothèse d’un empoisonnement, évoquée dès l’Antiquité, n’est pas prouvée. Son corps, détourné par Ptolémée, est inhumé à Alexandrie ; son tombeau n’a jamais été retrouvé.

Le partage de l’empire

Alexandre ne laisse pas d’héritier capable de régner : son fils Alexandre IV, né de Roxane après sa mort, est assassiné vers 310 av. J.-C. Ses généraux, les diadoques (« successeurs »), se disputent l’empire pendant plus de quarante ans. Après la bataille d’Ipsos (301 av. J.-C.), trois grands royaumes s’imposent :

RoyaumeFondateurTerritoireFin
Lagide (Ptolémées)PtoléméeÉgypte30 av. J.-C. (Cléopâtre VII)
SéleucideSéleucosSyrie, Mésopotamie, Iran63 av. J.-C.
AntigonideAntigone, puis ses descendantsMacédoine168 av. J.-C. (conquête romaine)

Quel est l’héritage d’Alexandre ?

  • L’hellénisme : le grec commun (koinè) devient la langue des échanges de la Méditerranée à l’Asie centrale ; c’est en grec que sera rédigé le Nouveau Testament.
  • Les villes : Alexandrie d’Égypte, avec son phare et sa bibliothèque, devient le premier centre scientifique du monde antique (Euclide, Ératosthène).
  • L’art gréco-bouddhique du Gandhara (Pakistan, Afghanistan), où les premières représentations humaines du Bouddha empruntent au style grec.
  • Un modèle : César, Auguste, Napoléon se sont mesurés à lui ; il est devenu un héros légendaire dans les traditions perse, arabe (Dhû-l-Qarnayn) et médiévale (Roman d’Alexandre).

Pour l'Égypte comme pour la Mésopotamie, sa conquête marque la fin des grandes monarchies indigènes.

Questions fréquentes

Pourquoi Alexandre est-il appelé « le Grand » ?

En raison de l’ampleur exceptionnelle de ses conquêtes, réalisées en onze ans sans défaite en bataille rangée. Le surnom est attesté chez les auteurs romains.

Quelle était l’étendue de l’empire d’Alexandre ?

De la Grèce et de l’Égypte à l’ouest jusqu’à l’Indus (Pakistan actuel) à l’est, soit environ 5 millions de km², l’un des plus vastes empires de l’Antiquité.

Qui a été le professeur d’Alexandre le Grand ?

Le philosophe Aristote, appelé par Philippe II, l’a instruit pendant environ trois ans, à partir de 343 av. J.-C., à Mieza en Macédoine.

Où est le tombeau d’Alexandre le Grand ?

On l’ignore. Il était à Alexandrie, où les empereurs romains l’ont encore visité ; sa trace se perd à la fin de l’Antiquité.

À lire aussi

Préhistoire et Antiquité : toutes les fiches