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Histoire · Préhistoire et Antiquité

Les Hittites

Les Hittites sont un peuple d’Anatolie centrale qui forme un puissant empire du XVIIe au début du XIIe siècle av. J.-C., rival de l’Égypte. Leur langue est la plus anciennement attestée des langues indo-européennes.

Mis à jour le 4 min de lecture

Les Hittites dominent, pendant l’âge du bronze récent, le centre de l’Anatolie (l’actuelle Turquie) depuis leur capitale Hattusa. À leur apogée, au XIVe et au XIIIe siècle av. J.-C., ils contrôlent une grande partie de l’Asie Mineure et le nord de la Syrie, et traitent d’égal à égal avec l'Égypte, Babylone et l’Assyrie. Leur empire s’effondre brutalement vers 1180 av. J.-C. Oubliés pendant trois mille ans, ils ont été redécouverts par l’archéologie au début du XXe siècle.

Repères chronologiques

Date (av. J.-C., approximative)Événement
XVIIe siècleHattusili Ier fait de Hattusa sa capitale : fondation de l’Ancien royaume
Vers 1595Le roi Mursili Ier pille Babylone, mettant fin à la dynastie de Hammurabi
Vers 1350-1322Règne de Suppiluliuma Ier : l’empire atteint la Syrie
1274Bataille de Qadesh contre Ramsès II
Vers 1259Traité de paix entre Hattusili III et Ramsès II
Vers 1180Chute de Hattusa et fin de l’empire
XIIe-VIIIe siècleRoyaumes « néo-hittites » en Syrie du Nord, absorbés par l’Assyrie

Les dates de l’Orient ancien au IIe millénaire restent discutées de quelques décennies selon la chronologie retenue.

Un peuple indo-européen

Les Hittites parlent une langue indo-européenne, apparentée de loin au grec, au latin ou au sanskrit. Le linguiste tchèque Bedřich Hrozný l’établit en 1915 en déchiffrant les tablettes de Hattusa : il remarque que la phrase nu ninda-an ezzateni, watar-ma ekutteni signifie « maintenant vous mangerez le pain et boirez l’eau », avec watar proche de l’anglais water. C’est la plus ancienne langue indo-européenne connue par des textes.

Les Hittites écrivent en cunéiforme, emprunté à la Mésopotamie (voir Mésopotamie), et utilisent aussi l’akkadien, langue diplomatique de l’époque. Des hiéroglyphes louvites, autre écriture d’Anatolie, servent pour les inscriptions monumentales.

Hattusa, capitale de l’empire

Le site de Hattusa, près du village de Boğazkale, à environ 150 km à l’est d’Ankara, est fouillé depuis 1906. On y a mis au jour :

  • une enceinte de plusieurs kilomètres percée de portes monumentales (porte des Lions, porte du Roi, porte des Sphinx) ;
  • des dizaines de temples et un palais royal sur l’acropole de Büyükkale ;
  • des archives de plus de 25 000 tablettes d’argile : lois, traités, rituels, lettres diplomatiques ;
  • à proximité, le sanctuaire rupestre de Yazılıkaya, aux reliefs de dieux en procession.

Hattusa est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986.

État, société et religion

Le roi hittite, « Mon Soleil », est chef de guerre, juge suprême et grand prêtre. Une assemblée de nobles, le pankus, intervient dans certaines affaires de succession. Les lois hittites se distinguent de celles de Babylone (voir Code de Hammurabi) par la place des compensations financières à la place des châtiments corporels pour de nombreux délits.

La religion est réputée pour ses « mille dieux » : les Hittites intègrent les divinités des peuples soumis. Le couple principal réunit le dieu de l’Orage et la déesse Soleil d’Arinna.

Les Hittites sont souvent présentés comme les inventeurs du fer. En réalité, ils travaillaient le fer, alors précieux, mais leur armée reposait sur le bronze et le char de guerre léger, monté par trois hommes. La généralisation du fer est postérieure à leur empire.

Qadesh et le premier grand traité de paix

En 1274 av. J.-C., le roi Muwatalli II affronte le pharaon Ramsès II à Qadesh, en Syrie, dans l’une des plus grandes batailles de chars de l’Antiquité. Ramsès célèbre une victoire sur les murs de ses temples, mais l’issue est indécise : les Hittites conservent la région.

Vers 1259 av. J.-C., Hattusili III et Ramsès II concluent un traité de paix, connu à la fois par une version égyptienne gravée à Karnak et par une version akkadienne retrouvée à Hattusa. Il prévoit la non-agression, l’assistance mutuelle et l’extradition des fugitifs. C’est l’un des plus anciens traités de paix dont on possède le texte ; une copie est exposée au siège de l'ONU à New York. L’alliance est scellée par le mariage de Ramsès avec une princesse hittite.

La disparition de l’empire

Vers 1180 av. J.-C., Hattusa est abandonnée puis incendiée. L’effondrement s’inscrit dans la crise générale de la fin de l’âge du bronze qui frappe toute la Méditerranée orientale (fin de Mycènes, destruction d’Ougarit). Les causes sont multiples et encore discutées : sécheresses et famines, révoltes, pression des peuples voisins comme les Gasgas, raids des « Peuples de la mer » cités par les textes égyptiens.

Des royaumes dits néo-hittites (Karkemish, Malatya) prolongent la culture hittite en Syrie du Nord jusqu’à leur conquête par l’Assyrie au VIIIe siècle av. J.-C.

Questions fréquentes

Où vivaient les Hittites ?

En Anatolie centrale, dans la boucle du fleuve Kızılırmak (l’Halys antique), autour de Hattusa. Leur empire s’étendit ensuite jusqu’à la Syrie du Nord.

Qui a gagné la bataille de Qadesh ?

Aucun des deux camps n’a obtenu de victoire décisive. Ramsès II a échappé à un piège et l’a présentée comme un triomphe, mais les Hittites ont gardé le contrôle de Qadesh et de la Syrie du Nord.

Les Hittites ont-ils inventé le fer ?

Non, pas au sens strict. Ils comptent parmi les premiers peuples à travailler le fer, mais ce métal restait rare et coûteux ; leur armement était surtout en bronze.

Pourquoi les Hittites ont-ils disparu ?

Leur empire s’est effondré vers 1180 av. J.-C. lors de la crise générale de la fin de l’âge du bronze, sous l’effet combiné de difficultés climatiques et alimentaires, de troubles internes et d’invasions.

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