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Histoire · Époque moderne

La dynastie Qing

La dynastie Qing, d’origine mandchoue, est la dernière dynastie impériale de Chine (1644-1912). Apogée au XVIIIe siècle, elle s’effondre sous les coups des puissances étrangères et des révoltes.

Mis à jour le 5 min de lecture

Les Qing (« pur ») sont issus des Mandchous, peuple de Mandchourie, au nord-est de la Chine, unifié au début du XVIIe siècle par Nurhaci. Minoritaires, les Mandchous dominent pendant plus de deux siècles et demi une population chinoise han immense, qui passe d’environ 150 millions d’habitants vers 1700 à plus de 400 millions vers 1850. Ils donnent à la Chine ses frontières les plus étendues, en grande partie celles de la Chine actuelle. Le XIXe siècle, en revanche, est celui des humiliations face à l’Occident et au Japon. Pour l’ensemble des dynasties, voir Chine impériale.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1616Nurhaci fonde la dynastie des Jin postérieurs
1636Son fils Hong Taiji adopte le nom de Qing
1644Entrée des Mandchous à Pékin après la chute des Ming
1661-1722Règne de l’empereur Kangxi
1673-1681Révolte des Trois Feudataires
1683Conquête de Taïwan
1689Traité de Nertchinsk avec la Russie
1723-1735Règne de Yongzheng
1735-1796Règne de Qianlong ; conquête du Xinjiang (1755-1759)
1793Ambassade britannique de lord Macartney
1839-1842 et 1856-1860Guerres de l’opium
1851-1864Révolte des Taiping
1861-1908Influence de l’impératrice douairière Cixi
1894-1895Défaite face au Japon
1898Réforme des Cent Jours, interrompue par Cixi
1900Révolte des Boxers ; siège des légations de Pékin
10 octobre 1911Soulèvement de Wuchang
12 février 1912Abdication de Puyi, dernier empereur

La conquête mandchoue

En 1644, le rebelle Li Zicheng prend Pékin et le dernier empereur Ming se suicide. Le général Ming Wu Sangui ouvre aux Mandchous le passage de Shanhaiguan, sur la Grande Muraille. Les Mandchous chassent les rebelles et proclament la dynastie Qing à Pékin avec un empereur enfant, Shunzhi. La conquête du Sud prend près de quarante ans et s’accompagne de massacres (Yangzhou, 1645).

Les Qing imposent aux hommes chinois la natte et le front rasé, signe de soumission. Mais ils conservent l’essentiel de l’administration Ming, les examens impériaux confucéens et le système des mandarins. Ils s’appuient sur les Huit Bannières, organisation militaire mandchoue, et pratiquent une double nomination, mandchoue et chinoise, aux postes clés.

L’apogée : Kangxi, Yongzheng et Qianlong

Les trois grands empereurs du XVIIIe siècle règnent ensemble plus de 130 ans :

EmpereurRègneApports
Kangxi1661-1722Écrase la révolte des Trois Feudataires, conquiert Taïwan, signe avec la Russie le traité de Nertchinsk, accueille les jésuites, fait compiler un grand dictionnaire
Yongzheng1723-1735Renforce la centralisation et les finances, crée le Grand Conseil
Qianlong1735-1796Conquiert le Xinjiang et étend la domination sur le Tibet et la Mongolie ; mécène et collectionneur ; fait compiler la Bibliothèque complète des Quatre Trésors

L’empire atteint environ 13 millions de km². Les jésuites sont présents à la cour comme astronomes, cartographes, peintres (Giuseppe Castiglione) et architectes : ils participent aux palais de style européen de l'ancien palais d’Été (Yuanmingyuan). La Chine fascine l’Europe des Lumières, qui admire son gouvernement de lettrés.

Le XIXe siècle, siècle des crises

Les guerres de l’opium et les traités inégaux

Les Britanniques financent leurs achats de thé par la vente d'opium produit en Inde. La tentative chinoise d’interdire ce trafic conduit aux deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860), perdues par la Chine. Les traités inégaux (Nankin, 1842 ; Tianjin, 1858 ; Pékin, 1860) ouvrent des ports, cèdent Hong Kong au Royaume-Uni et accordent aux étrangers des privilèges juridiques. En 1860, les troupes franco-britanniques pillent et incendient le palais d’Été.

La révolte des Taiping

Hong Xiuquan, candidat malheureux aux examens, se dit frère cadet de Jésus et fonde le « Royaume céleste de la Grande Paix » (Taiping Tianguo). Sa révolte (1851-1864) prend Nankin et contrôle une partie de la Chine du Sud. Elle est écrasée par des armées régionales levées par des lettrés comme Zeng Guofan, avec l’aide d’officiers occidentaux. C’est l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire : les estimations courantes vont de 20 à 30 millions de morts.

Cixi et les réformes avortées

L’impératrice douairière Cixi, ancienne concubine, domine la cour de 1861 à sa mort en 1908, comme régente puis en coulisses. Le « mouvement d’auto-renforcement » crée des arsenaux et des chantiers navals modernes, sans réformer l’État. La défaite face au Japon de l'ère Meiji en 1895 (traité de Shimonoseki, cession de Taïwan) révèle son échec. En 1898, l’empereur Guangxu lance la réforme des Cent Jours, interrompue par un coup de force de Cixi, qui le fait mettre en résidence surveillée.

Les Boxers

En 1900, la société secrète des Boxers (Poings de justice et de concorde), hostile aux étrangers et aux chrétiens, assiège les légations de Pékin avec le soutien de la cour. Une expédition de huit puissances (dont le Royaume-Uni, la France, le Japon, la Russie, les États-Unis et l’Allemagne) prend Pékin. Le protocole de 1901 impose une indemnité énorme.

La chute de l’empire

Après 1901, la cour tente des réformes : abolition des examens impériaux (1905), nouvelle armée, projet de constitution. Trop tard : les révolutionnaires républicains de Sun Yat-sen gagnent du terrain. Le 10 octobre 1911, une mutinerie à Wuchang déclenche la révolution ; les provinces font sécession les unes après les autres. La République de Chine est proclamée le 1er janvier 1912 à Nankin. Le 12 février 1912, l’empereur enfant Puyi, âgé de six ans, abdique : deux millénaires d’empire prennent fin. Puyi deviendra en 1934 empereur du Mandchoukouo, État fantoche créé par le Japon. La suite de l’histoire chinoise est racontée dans la fiche révolution chinoise.

Questions fréquentes

Qui étaient les Mandchous ?

Un peuple d’origine toungouse de Mandchourie, au nord-est de la Chine, descendant des Jürchen. Ils avaient leur propre langue et leur écriture, et ont conquis la Chine en 1644.

Qui était le dernier empereur de Chine ?

Puyi (1906-1967), monté sur le trône en 1908 à deux ans et contraint d’abdiquer le 12 février 1912. Sa vie a inspiré le film Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci (1987).

Pourquoi la dynastie Qing est-elle tombée ?

Sous l’effet combiné des défaites face aux puissances étrangères, des grandes révoltes intérieures, de l’échec des réformes, de difficultés financières et de la montée du nationalisme chinois hostile à une dynastie jugée étrangère.

Combien de temps a duré la dynastie Qing ?

268 ans, de 1644 à 1912 à Pékin, ou 276 ans si l’on compte depuis l’adoption du nom Qing en 1636.

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