Histoire · Moyen Âge
La dynastie Ming
La dynastie Ming règne sur la Chine de 1368 à 1644, entre les Mongols et les Mandchous. Elle laisse la Cité interdite, l’essentiel de la Grande Muraille actuelle et la porcelaine bleu et blanc.
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Ming signifie « brillant » ou « lumineux ». Cette dynastie, la dernière d’origine han à gouverner la Chine, est fondée par un ancien moine bouddhiste devenu chef rebelle, Zhu Yuanzhang, qui chasse les Mongols de la dynastie Yuan (voir Empire mongol). Pendant près de trois siècles, la Chine des Ming est l’État le plus peuplé du monde, passant d’environ 60-80 millions à probablement plus de 150 millions d’habitants selon les estimations. Pour une vue d’ensemble des dynasties, voir Chine impériale.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 1351-1368 | Révolte des Turbans rouges contre les Yuan |
| 1368 | Zhu Yuanzhang proclame la dynastie Ming à Nankin ; empereur Hongwu |
| 1402 | Le prince de Yan usurpe le trône : empereur Yongle |
| 1405-1433 | Sept expéditions maritimes de Zheng He |
| 1406-1420 | Construction de la Cité interdite |
| 1421 | Pékin devient la capitale principale |
| 1449 | Crise de Tumu : l’empereur Zhengtong capturé par les Mongols oïrats |
| 1557 | Les Portugais s’installent à Macao |
| 1572-1582 | Réformes du grand secrétaire Zhang Juzheng |
| 1592-1598 | Intervention en Corée contre les invasions japonaises |
| 1601 | Le jésuite Matteo Ricci est admis à Pékin |
| 1644 | Prise de Pékin par le rebelle Li Zicheng ; suicide de l’empereur Chongzhen ; entrée des Mandchous |
Hongwu, le fondateur
L’empereur Hongwu (règne 1368-1398), d’origine paysanne très pauvre, reconstruit un pays ravagé par les guerres. Il redistribue des terres, relance l’agriculture, organise des recensements et des registres fonciers. Méfiant jusqu’à la paranoïa, il supprime en 1380 le poste de chancelier, concentre tous les pouvoirs entre ses mains et mène de sanglantes purges qui auraient fait des dizaines de milliers de victimes. Il rétablit les examens impériaux fondés sur les classiques confucéens, interrompus sous les Mongols.
Yongle et l’apogée
Son fils, le prince de Yan, renverse son neveu et devient l’empereur Yongle (1402-1424). Il :
- transfère la capitale de Nankin à Pékin (« capitale du Nord »), plus proche de la frontière mongole ;
- fait construire la Cité interdite, palais impérial de près de 72 hectares entouré de douves, achevé en 1420 ;
- rénove le Grand Canal pour approvisionner Pékin en riz du Sud ;
- commande l'Encyclopédie Yongle, compilation de plus de 22 000 chapitres, dont il ne subsiste que des fragments ;
- lance les grandes expéditions maritimes.
Les expéditions de Zheng He
Entre 1405 et 1433, l’amiral eunuque Zheng He, musulman originaire du Yunnan, conduit sept expéditions dans l’océan Indien. Les flottes comptent des dizaines de grands navires et des milliers d’hommes ; elles atteignent l’Asie du Sud-Est, Ceylan, l’Inde, le golfe Persique, l’Arabie et la côte est de l’Afrique (Malindi, Mogadiscio). Il s’agit de démontrer la puissance chinoise et d’obtenir l’hommage des souverains étrangers, plus que de commercer ou de coloniser. Une girafe offerte par un souverain bengali est rapportée à Pékin en 1414.
Après la mort de Yongle, la cour juge ces expéditions trop coûteuses : elles cessent en 1433. La Chine se tourne vers la défense de ses frontières terrestres et restreint le commerce maritime privé (politique dite haijin), longtemps avant que les Portugais n’arrivent dans les mêmes eaux (voir grandes découvertes).
La Grande Muraille des Ming
La Grande Muraille telle qu’on la visite aujourd’hui, en briques et en pierre, avec ses tours de guet, date essentiellement des Ming, surtout après la crise de Tumu (1449), où l’empereur fut capturé par les Mongols. Les murailles antérieures, notamment celles des Qin et des Han, étaient pour la plupart en terre damée. La section de Badaling, près de Pékin, est la plus célèbre.
Économie, culture et contacts
Au XVIe siècle, la Chine connaît un essor commercial : textiles, thé, soie et surtout porcelaine de Jingdezhen, au décor bleu de cobalt sur fond blanc, exportée jusqu’en Europe et au Moyen-Orient. L'argent d’Amérique, apporté par les Espagnols via Manille (galions à partir de 1565) et par le Japon, afflue en Chine ; la réforme fiscale du « coup de fouet unique » convertit en argent la plupart des impôts.
La littérature populaire s’épanouit avec les grands romans en langue vernaculaire : Au bord de l’eau, Le Roman des Trois Royaumes, La Pérégrination vers l’Ouest (le Roi des singes) et Jin Ping Mei. Le philosophe Wang Yangming renouvelle le néoconfucianisme.
Le jésuite italien Matteo Ricci s’installe à Pékin en 1601 ; il adopte l’habit des lettrés, traduit Euclide avec Xu Guangqi et réalise une carte du monde en chinois. Les jésuites introduisent mathématiques et astronomie européennes à la cour.
La chute des Ming
À la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, la dynastie s’affaiblit :
- empereurs absents des affaires (Wanli refuse pendant des années de recevoir ses ministres), luttes entre eunuques et lettrés ;
- coûts des guerres en Corée et contre les Mandchous au nord-est ;
- refroidissement climatique, sécheresses, famines et épidémies ;
- chute des arrivées d’argent, qui désorganise la fiscalité.
Des révoltes paysannes éclatent. En avril 1644, le rebelle Li Zicheng prend Pékin ; l’empereur Chongzhen se pend sur la colline de Charbon, derrière la Cité interdite. Le général Wu Sangui, qui garde la Grande Muraille, ouvre le passage aux Mandchous, qui chassent Li Zicheng et fondent la dynastie Qing. Des princes Ming résistent dans le Sud jusqu’en 1662, et à Taïwan jusqu’en 1683.
Questions fréquentes
Qui a fondé la dynastie Ming ?
Zhu Yuanzhang, ancien moine et chef rebelle d’origine paysanne, devenu l’empereur Hongwu en 1368 après avoir chassé les Mongols.
Les Ming ont-ils construit la Grande Muraille ?
Pas entièrement, mais la majeure partie de la muraille en briques et en pierre visible aujourd’hui date de leur époque. Des murs plus anciens existaient depuis le IIIe siècle av. J.-C.
Pourquoi la Chine a-t-elle arrêté les expéditions de Zheng He ?
Pour des raisons de coût, de priorités militaires sur la frontière nord et d’opposition des lettrés confucéens, qui jugeaient ces voyages inutiles et liés au pouvoir des eunuques.
Que vaut un vase Ming ?
Le prix dépend de l’époque, de la qualité et de la provenance. Les pièces impériales du XVe siècle peuvent atteindre plusieurs millions d’euros, mais beaucoup d’objets dits « Ming » sont des copies ou des productions plus tardives.