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Histoire · Moyen Âge

Les chevaliers au Moyen Âge

Le chevalier est un guerrier noble combattant à cheval, au service d’un seigneur. Formé dès l’enfance, il est fait chevalier lors de l’adoubement et doit suivre un idéal de courage, de loyauté et de protection des faibles.

Mis à jour le 4 min de lecture

Le chevalier est un guerrier à cheval, lourdement armé, au service d’un seigneur. Il apparaît vers l’an 1000, quand les seigneurs des châteaux forts s’entourent de combattants professionnels. D’abord simples soldats, les chevaliers se fondent peu à peu dans la noblesse aux XIIe et XIIIe siècles. L’Église tente de canaliser leur violence en leur proposant un idéal, la chevalerie : courage, loyauté envers le seigneur, protection de l’Église et des faibles. Le chevalier est l’une des figures centrales de la société de la féodalité, celle de ceux qui combattent.

Devenir chevalier

Une longue formation

Âge (approximatif)ÉtapeActivités
Jusqu’à 7 ansEnfanceÉducation à la maison
7 à 14 ansPageEnvoyé chez un autre seigneur, il apprend à monter à cheval, à servir à table, les bonnes manières
14 à 21 ansÉcuyerAu service d’un chevalier : il soigne ses chevaux, porte ses armes, l’accompagne au combat, s’entraîne
Vers 18-21 ansAdoubementIl devient chevalier

L’adoubement

L'adoubement est la cérémonie par laquelle le jeune homme est fait chevalier. Au XIe siècle, c’est surtout une remise d’armes : le parrain lui ceint l'épée et les éperons, puis lui donne la colée, un coup du plat de la main sur la nuque ou l’épaule. Peu à peu, l’Église christianise le rituel : veillée d’armes de prière dans une chapelle, bain, bénédiction de l’épée, serment de défendre l’Église et les faibles. Une démonstration d’adresse à cheval termine souvent la fête.

L’équipement du chevalier

ÉlémentDescription
Cheval de guerre (destrier)Animal puissant et très coûteux ; le chevalier en possède plusieurs
HaubertCotte de mailles d’anneaux de fer entrelacés, jusqu’aux genoux, pesant 10 à 15 kg
HeaumeCasque, d’abord conique à nasal, puis fermé (heaume à partir de la fin du XIIe siècle)
ÉcuBouclier, souvent décoré des armoiries de la famille
LanceUtilisée « couchée » sous le bras pour la charge
ÉpéeArme noble par excellence, à double tranchant
Armure de platesPlaques d’acier articulées, au XIVe-XVe siècle ; une armure complète pèse environ 20 à 30 kg

Cet équipement coûte une fortune, l’équivalent de plusieurs dizaines de bœufs : seuls les nobles ou les hommes entretenus par un seigneur peuvent devenir chevaliers. Les armoiries (héraldique) apparaissent au XIIe siècle pour reconnaître les combattants sous leur heaume.

La vie du chevalier

La guerre

Le chevalier doit le service d’ost à son seigneur, souvent 40 jours par an. Sa grande arme tactique est la charge, lance couchée, en rangs serrés. Au combat, on cherche moins à tuer un chevalier adverse qu’à le capturer pour obtenir une rançon. Beaucoup partent aux croisades ; certains entrent dans des ordres religieux militaires, comme les Templiers et les Hospitaliers.

Les tournois

Les tournois sont des combats d’entraînement organisés à partir du XIe siècle. D’abord, ce sont de véritables mêlées entre deux équipes, dangereuses et parfois mortelles ; les vaincus perdent armes et chevaux. L’Église les condamne. Aux XIVe et XVe siècles, on préfère les joutes, duels à la lance entre deux cavaliers séparés par une barrière, devenus de grands spectacles. Le roi Henri II meurt en 1559 des suites d’une blessure reçue lors d’une joute.

L’idéal courtois

La littérature célèbre les chevaliers : La Chanson de Roland (fin du XIe siècle), les romans de Chrétien de Troyes sur les chevaliers de la Table ronde (Lancelot, Perceval), les poèmes des troubadours. On y développe l'amour courtois : le chevalier sert une dame, et doit se montrer courageux, généreux et raffiné.

La réalité et la légende

L’idéal chevaleresque est souvent loin de la réalité : de nombreux chevaliers pillent, rançonnent les paysans et mènent des guerres privées. C’est pour limiter cette violence que l’Église impose la paix de Dieu (fin du Xe siècle) et la trêve de Dieu (XIe siècle).

Le déclin de la chevalerie

À partir du XIVe siècle, la chevalerie perd son rôle militaire :

  • Les archers anglais déciment la chevalerie française à Crécy (1346), Poitiers (1356) et Azincourt (1415), pendant la guerre de Cent Ans ;
  • les fantassins organisés (piquiers suisses) résistent aux charges ;
  • l’artillerie et les armées permanentes payées par le roi la remplacent.

La chevalerie devient alors un titre honorifique et un modèle culturel. Des ordres de chevalerie prestigieux sont créés par les souverains, comme l’ordre de la Jarretière en Angleterre (vers 1348) ou l’ordre de la Toison d’or en Bourgogne (1430).

Exercice corrigé

Remets dans l’ordre les étapes de la vie d’un futur chevalier : adoubement, écuyer, page.

  • Réponse : page (vers 7 ans), écuyer (vers 14 ans), adoubement (vers 18-21 ans).

Questions fréquentes

Tous les chevaliers étaient-ils nobles ?

Pas au début : vers l’an 1000, certains chevaliers sont des guerriers d’origine modeste entretenus par un seigneur. Aux XIIe et XIIIe siècles, chevalerie et noblesse se confondent largement.

Combien pesait l’armure d’un chevalier ?

Une cotte de mailles pesait 10 à 15 kg ; une armure de plates complète du XVe siècle, environ 20 à 30 kg, bien répartis sur le corps. Un chevalier pouvait monter à cheval seul et courir avec.

Quelle est la différence entre un chevalier et un seigneur ?

Le seigneur possède une seigneurie et exerce le pouvoir sur des terres et des hommes. Le chevalier est un guerrier à cheval, qui peut être seigneur lui-même ou simplement au service d’un seigneur.

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