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Histoire · Moyen Âge

Le commerce au Moyen Âge

Du XIe au XIIIe siècle, le commerce renaît en Europe. Il relie deux grands pôles, l’Italie et la Flandre, qui se rencontrent aux foires de Champagne, et donne naissance à la lettre de change et à la banque.

Mis à jour le 4 min de lecture

Après le recul des échanges du haut Moyen Âge, le commerce connaît un fort essor en Europe à partir du XIe siècle. Il s’organise autour de deux grands pôles : au sud, les villes italiennes (Venise, Gênes, Pise, Florence), en relation avec l’Orient ; au nord, la Flandre et la Hanse, autour de la mer du Nord et de la Baltique. Entre les deux, les foires de Champagne sont, aux XIIe et XIIIe siècles, le grand lieu de rencontre des marchands. Ce commerce stimule les villes et fait naître de nouvelles techniques : lettre de change, comptabilité, banque.

Pourquoi le commerce renaît-il ?

  • La hausse de la production agricole et de la population crée des surplus à vendre et des acheteurs.
  • La sécurité progresse avec la fin des invasions vikings et hongroises.
  • Les villes grandissent et ont besoin de vivres et de matières premières.
  • Les croisades et la reconquête de la Méditerranée renforcent les liens avec l’Orient.
  • Les nobles et l’Église, plus riches, achètent des produits de luxe.

Les grands espaces du commerce

EspaceVilles principalesProduits
MéditerranéeVenise, Gênes, Pise, Marseille, BarceloneÉpices, soie, alun, coton, sucre venus d’Orient ; draps vendus en échange
Mer du Nord et BaltiqueLübeck, Hambourg, Bruges, LondresBois, fourrures, cire, poisson salé (hareng), blé, laine
FlandreBruges, Gand, YpresDraps de laine fabriqués avec la laine anglaise
Routes terrestresChampagne, vallée du Rhône, cols alpinsTous produits, convoyés par mulets et chariots
OrientConstantinople, Alexandrie, AcreDébouché de la route de la soie et de la route des épices

Les épices (poivre, cannelle, gingembre, clou de girofle) viennent d’Inde et d’Asie du Sud-Est. Elles sont très chères et servent en cuisine, en médecine et à conserver les aliments.

Les foires de Champagne

Aux XIIe et XIIIe siècles, le comté de Champagne organise six grandes foires par an, dans quatre villes : Troyes (deux foires), Provins (deux), Lagny et Bar-sur-Aube. Elles se succèdent presque toute l’année et durent chacune plusieurs semaines. Les comtes de Champagne garantissent :

  • la sécurité des marchands sur les routes (le « conduit des foires ») ;
  • une justice rapide par des gardes des foires ;
  • des poids et mesures contrôlés.

Italiens et Flamands s’y retrouvent : les uns apportent épices et soieries, les autres des draps. À la fin des foires se tiennent des journées consacrées au règlement des dettes et au change, qui en font aussi une place financière.

Les foires déclinent à la fin du XIIIe et au XIVe siècle : rattachement de la Champagne au domaine royal (taxes de Philippe le Bel), guerres franco-flamandes, et surtout ouverture d’une route maritime directe entre l’Italie et Bruges par le détroit de Gibraltar (galères génoises dès 1277).

Monnaie, crédit et banque

Les marchands doivent manier des dizaines de monnaies différentes : chaque seigneur ou ville bat la sienne. Les changeurs, installés sur un banc (banco en italien, d’où « banque »), convertissent les pièces. Pour éviter de transporter de l’or et de l’argent sur des routes dangereuses, les marchands italiens développent :

  • la lettre de change : un marchand verse de l’argent à un banquier dans une ville ; celui-ci lui remet un document qui permet d’obtenir la somme, dans une autre monnaie, auprès d’un correspondant dans une autre ville ;
  • la comptabilité en partie double, qui enregistre chaque opération au débit et au crédit ;
  • les compagnies et sociétés commerciales, comme celles des Bardi, des Peruzzi et, au XVe siècle, des Médicis de Florence ;
  • l’assurance maritime, à Gênes et Venise au XIVe siècle.

Le florin de Florence et le ducat de Venise, pièces d’or frappées à partir du XIIIe siècle (1252 et 1284), circulent dans toute l’Europe.

Voyager et transporter

Le transport est lent et coûteux. Par voie de terre, un convoi parcourt environ 30 à 40 km par jour ; les routes sont mauvaises et jalonnées de péages. On préfère les fleuves et la mer, beaucoup moins chers : galères à rames et navires ronds en Méditerranée, cogues de la Hanse dans le nord. Les marchands voyagent en groupe pour se protéger des brigands et des pirates. Certains vont jusqu’en Chine, comme Marco Polo à la fin du XIIIe siècle.

Exercice corrigé

Pourquoi les foires de Champagne sont-elles situées en Champagne ?

  • Parce que la Champagne est à mi-chemin entre les deux grands pôles du commerce européen, l’Italie et la Flandre, et parce que les comtes de Champagne garantissent la sécurité et la justice aux marchands.

Questions fréquentes

Quels produits échangeait-on au Moyen Âge ?

Des produits de luxe (épices, soie, fourrures, vin) et des produits courants : draps de laine, blé, sel, poisson salé, bois, métaux.

Qu’est-ce qu’une lettre de change ?

Un document qui permet de payer à distance et dans une autre monnaie sans transporter d’argent : on dépose une somme dans une ville et on la récupère dans une autre auprès d’un banquier correspondant.

Où se tenaient les foires de Champagne ?

À Troyes, Provins, Lagny et Bar-sur-Aube, selon un calendrier fixe qui couvrait presque toute l’année.

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