Histoire · Moyen Âge
Gengis Khan
Gengis Khan (v. 1162–1227), né Temüjin, unifie les tribus mongoles en 1206 et lance les conquêtes qui donneront naissance au plus vaste empire continu de l’histoire.
Mis à jour le 4 min de lecture
Gengis Khan, né Temüjin vers 1162 dans les steppes de Mongolie et mort en août 1227, passe d’une enfance misérable de paria à la tête d’un empire allant de la mer Caspienne au Pacifique. Chef militaire et organisateur hors pair, il transforme une mosaïque de tribus rivales en une machine de guerre redoutable. Ses fils et petits-fils achèveront l'Empire mongol, dont cette fiche présente le fondateur.
Fiche d’identité
| Repère | Donnée |
|---|---|
| Nom de naissance | Temüjin |
| Naissance | vers 1162 (entre 1155 et 1167 selon les sources), près de l’Onon |
| Père | Yesügei, chef du clan Bordjigin, empoisonné par des Tatars |
| Épouse principale | Börte |
| Fils héritiers | Djötchi, Djaghataï, Ögödei, Tolui |
| Titre | Gengis Khan, « souverain universel » ou « souverain océanique », reçu en 1206 |
| Mort | août 1227, lors d’une campagne contre les Xia occidentaux |
| Source majeure | l’Histoire secrète des Mongols, chronique du XIIIe siècle |
Une jeunesse de survie
À la mort de son père, vers 1171, le clan abandonne la veuve et ses enfants. La famille survit de chasse, de pêche et de cueillette. Temüjin tue un demi-frère lors d’une querelle, est capturé et réduit en esclavage par un clan rival, puis s’évade.
Marié à Börte, il la voit enlevée par les Merkits. Il la libère grâce à deux alliés : Toghrul, khan des Kereït, ancien ami de son père, et Djamuqa, son frère juré (anda). Ces alliances deviendront ensuite des rivalités : Temüjin vaincra Djamuqa et Toghrul.
L’unification des Mongols (1206)
Pendant une vingtaine d’années, Temüjin soumet les Tatars, les Kereït, les Naïman et les Merkits. Il intègre les vaincus dans ses troupes au lieu de les laisser groupés en tribus. En 1206, une grande assemblée, le kurultai, réunie près de l’Onon, le proclame Gengis Khan.
Il fait aussi adopter l'écriture ouïghoure pour transcrire le mongol, et un ensemble de règles et de décisions connu sous le nom de Yassa.
Les grandes conquêtes
| Date | Campagne |
|---|---|
| 1209 | Soumission des Xia occidentaux (Tangoutes), au nord-ouest de la Chine |
| 1211 – 1215 | Guerre contre les Jin de Chine du Nord ; prise de Zhongdu (Pékin) en 1215 |
| 1218 | Conquête de l’empire des Kara-Khitaï (Asie centrale) |
| 1219 – 1221 | Destruction de l’empire du Khwarezm : Otrar, Boukhara, Samarcande, Merv, Nichapour |
| 1221 – 1223 | Raid des généraux Djebe et Subötai jusqu’en Géorgie et en Russie ; victoire de la Kalka (1223) sur les princes russes |
| 1226 – 1227 | Nouvelle campagne contre les Xia, qui avaient refusé d’envoyer des troupes |
La guerre contre le Khwarezm commence par le massacre d’une caravane mongole à Otrar et l’exécution d’un ambassadeur. La riposte est terrible : des villes entières sont rasées et leurs habitants tués, à l’exception des artisans et des savants déportés en Mongolie. Les chiffres donnés par les chroniqueurs persans, parfois de plus d’un million de morts par ville, sont exagérés, mais la dévastation est réelle et durable.
Les clés du succès
- Mobilité : chaque cavalier dispose de plusieurs chevaux et peut parcourir de grandes distances.
- Archerie montée : arc composite puissant, tir au galop, fausses retraites pour attirer l’ennemi.
- Renseignement : marchands et espions informent avant chaque campagne.
- Terreur : les villes qui se rendent sont souvent épargnées, celles qui résistent massacrées, ce qui pousse les autres à capituler.
- Ingénieurs : des spécialistes chinois et musulmans apportent les techniques de siège qui manquaient aux nomades.
La mort et le tombeau introuvable
Gengis Khan meurt en août 1227, pendant le siège de la capitale des Xia, peut-être des suites d’une chute de cheval survenue l’hiver précédent. Les circonstances exactes restent inconnues. Son corps est ramené en Mongolie et enterré en un lieu tenu secret, près du mont Burkhan Khaldun selon la tradition ; la tombe n’a jamais été retrouvée.
Avant de mourir, il a choisi son troisième fils, Ögödei, comme successeur, élu par le kurultai en 1229. Ses descendants conquerront la Chine entière, la Perse et la Russie.
Un héritage contrasté
En Mongolie, Gengis Khan est le héros fondateur de la nation : son portrait figure sur les billets et l’aéroport d’Oulan-Bator porte son nom. Ailleurs, il reste associé aux massacres. Les historiens soulignent aussi que l’empire qu’il a fondé a sécurisé les échanges de la route de la soie, toléré toutes les religions et facilité les contacts entre Europe et Chine.
Questions fréquentes
Que signifie « Gengis Khan » ?
Le sens exact est discuté. On le traduit souvent par « souverain universel » ou par « souverain ferme et juste ».
Gengis Khan a-t-il conquis toute la Chine ?
Non. Il a pris la Chine du Nord des Jin, en partie. La Chine des Song est conquise par son petit-fils Kubilaï, achevée en 1279.
Où est enterré Gengis Khan ?
On l’ignore. La tradition le place près du mont Burkhan Khaldun, dans le nord-est de la Mongolie.
Combien de descendants a eu Gengis Khan ?
Une étude génétique de 2003 a suggéré qu’environ 0,5 % des hommes du monde porteraient un chromosome Y issu de sa lignée. Le lien avec Gengis Khan lui-même reste une hypothèse.