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Histoire · Époque moderne

Les guerres de religion en France

Les guerres de religion sont les huit conflits qui opposent catholiques et protestants en France de 1562 à 1598. Elles s’achèvent avec l’édit de Nantes, signé par Henri IV, qui accorde la liberté de culte aux protestants.

Mis à jour le 5 min de lecture

Les guerres de religion sont une série de huit guerres civiles qui déchirent le royaume de France entre 1562 et 1598. Elles opposent les catholiques, majoritaires, aux protestants calvinistes, appelés huguenots, et se mêlent aux rivalités entre grandes familles nobles et à l’affaiblissement de la monarchie. Elles sont marquées par des massacres, dont celui de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), et s’achèvent avec l'édit de Nantes (avril 1598), par lequel Henri IV impose la coexistence des deux religions.

Repères essentiels

RepèreDonnée
Dates1562 (massacre de Wassy) – 1598 (édit de Nantes)
Campscatholiques (dirigés par les Guise, puis la Ligue) contre protestants (dirigés par les Bourbons et Coligny)
RoisCharles IX (1560-1574), Henri III (1574-1589), Henri IV (1589-1610) ; rôle majeur de la reine mère Catherine de Médicis
Nombre de guerreshuit
Finédit de Nantes et paix de Vervins avec l’Espagne (1598)

Quelles sont les causes ?

  • La diffusion du calvinisme : à partir des années 1540, la Réforme protestante gagne une partie de la population française, surtout dans le sud et l’ouest, ainsi qu’une partie de la noblesse. Vers 1560, les protestants représentent environ 10 % de la population, avec plus de 1 500 églises organisées.
  • L’impossible tolérance : pour la plupart des contemporains, un royaume ne peut avoir qu’une religion (« une foi, une loi, un roi »). Le roi, sacré, est le protecteur de l’Église catholique.
  • La faiblesse du pouvoir royal : la mort accidentelle d'Henri II en 1559, blessé lors d’un tournoi, laisse le trône à des fils jeunes : François II (15 ans), puis Charles IX (10 ans). Leur mère, Catherine de Médicis, tente de gouverner entre les factions.
  • Les rivalités nobiliaires : les Guise, chefs catholiques intransigeants, s’opposent aux Bourbons (Antoine de Navarre, le prince de Condé) et à l’amiral de Coligny, protecteurs des protestants.

Le déroulement

Le déclenchement (1560 – 1562)

En 1560, des protestants tentent d’enlever le jeune François II pour le soustraire à l’influence des Guise : c’est la conjuration d’Amboise, durement réprimée. Catherine de Médicis cherche l’apaisement : le colloque de Poissy (1561) puis l'édit de janvier 1562 autorisent le culte protestant hors des villes. Le 1er mars 1562, les hommes du duc François de Guise massacrent des protestants réunis pour leur culte dans une grange à Wassy (Champagne). C’est le début de la première guerre.

Les guerres et les paix (1562 – 1572)

Les trois premières guerres se succèdent, ponctuées de batailles (Dreux, 1562 ; Jarnac et Moncontour, 1569), d’assassinats (François de Guise, 1563 ; Condé, 1569) et d’édits de paix éphémères. La paix de Saint-Germain (1570) accorde aux protestants la liberté de culte dans certains lieux et quatre places de sûreté, dont La Rochelle.

La Saint-Barthélemy (1572)

Pour sceller la réconciliation, la sœur du roi, Marguerite de Valois, épouse le protestant Henri de Navarre le 18 août 1572 à Paris. Les chefs protestants affluent pour la noce. Le 22 août, Coligny est blessé dans un attentat. Craignant une vengeance protestante, le roi et son conseil décident d’éliminer les principaux chefs huguenots. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, Coligny est assassiné, et l’exécution ciblée tourne au massacre populaire : environ 3 000 protestants sont tués à Paris, et plusieurs milliers d’autres dans une vingtaine de villes de province dans les semaines suivantes. Henri de Navarre sauve sa vie en abjurant.

La Ligue et la crise de la monarchie (1576 – 1589)

Les catholiques intransigeants forment en 1576 la Ligue (Sainte Union), dirigée par le duc Henri de Guise et soutenue par l’Espagne. En 1584, la mort du frère du roi fait du protestant Henri de Navarre l’héritier du trône d’Henri III, sans enfant : la Ligue refuse un roi « hérétique ». Paris se soulève contre Henri III lors de la journée des Barricades (12 mai 1588). Le roi fait assassiner Henri de Guise à Blois le 23 décembre 1588. Il est à son tour poignardé par le moine ligueur Jacques Clément le 1er août 1589 et meurt le lendemain, après avoir reconnu Henri de Navarre comme successeur.

La reconquête du royaume par Henri IV (1589 – 1598)

Roi légitime mais protestant, Henri IV doit conquérir son royaume contre la Ligue et l’Espagne (victoires d’Arques en 1589 et d’Ivry en 1590). Il abjure le protestantisme à Saint-Denis le 25 juillet 1593, est sacré à Chartres en février 1594 et entre dans Paris le 22 mars 1594. La formule « Paris vaut bien une messe », qui lui est attribuée, est apocryphe. Il rallie peu à peu les chefs ligueurs, souvent en les achetant, et bat les Espagnols.

L’édit de Nantes (1598)

En avril 1598, Henri IV signe l'édit de Nantes, qui établit une paix religieuse durable :

  • le catholicisme reste religion du royaume et est rétabli partout ;
  • les protestants obtiennent la liberté de conscience et la liberté de culte dans des lieux définis (là où il était pratiqué en 1596-1597, chez certains seigneurs, dans deux localités par bailliage), mais pas à Paris ;
  • ils ont accès à toutes les charges et emplois ;
  • des chambres de justice mixtes jugent leurs procès ;
  • ils conservent pour plusieurs années une centaine de places de sûreté.

La même année, la paix de Vervins met fin à la guerre avec l’Espagne.

Les conséquences

  • Un royaume ruiné et meurtri par trente-six ans de guerres, de pillages et de massacres.
  • Une tolérance limitée et fragile : l’édit est une trêve plus qu’une reconnaissance de la liberté religieuse. Henri IV est assassiné par Ravaillac le 14 mai 1610 ; Richelieu retire aux protestants leurs places fortes après le siège de La Rochelle (1627-1628) ; Louis XIV révoque l’édit en 1685 (édit de Fontainebleau).
  • Le renforcement de l’autorité royale : pour éviter le retour des guerres civiles, de nombreux penseurs, comme Jean Bodin (Les Six Livres de la République, 1576), défendent un pouvoir souverain fort, au-dessus des partis : c’est l’une des origines de la monarchie absolue.
  • Les « politiques », catholiques modérés comme Michel de L’Hospital, ont fait émerger l’idée que l’unité de l’État importe plus que l’unité religieuse.

Questions fréquentes

Combien de temps ont duré les guerres de religion ?

Trente-six ans, de 1562 à 1598, avec huit guerres séparées par des périodes de paix précaires.

Combien de morts a fait la Saint-Barthélemy ?

Environ 3 000 à Paris, et plusieurs milliers en province : les estimations totales vont généralement de 5 000 à 10 000 victimes, voire davantage.

Pourquoi Henri IV s’est-il converti au catholicisme ?

Parce que la majorité catholique du royaume, et surtout Paris, refusait d’obéir à un roi protestant. Sa conversion, en 1593, lui permet d’être sacré et de rallier ses adversaires.

Qu’est-ce que l’édit de Nantes ?

L’édit signé par Henri IV en avril 1598 qui accorde aux protestants la liberté de conscience, une liberté de culte limitée, l’égalité civile et des places de sûreté. Il est révoqué par Louis XIV en 1685.

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