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Histoire · Époque moderne

Bataille de Lépante

La bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, voit la flotte de la Sainte Ligue, commandée par Don Juan d’Autriche, détruire la flotte ottomane dans le golfe de Patras, en Grèce.

Mis à jour le 4 min de lecture

La bataille de Lépante se livre le 7 octobre 1571 à l’entrée du golfe de Patras, en Grèce, près du port de Naupacte, appelé Lépante par les Occidentaux. La flotte de la Sainte Ligue, coalition chrétienne réunie par le pape Pie V, y remporte une victoire écrasante sur la flotte de l'Empire ottoman. C’est la plus grande bataille navale de galères de l’histoire et la première grande défaite navale ottomane, mais ses conséquences stratégiques sont plus limitées que son retentissement.

L’essentiel en bref

RepèreDonnée
Datedimanche 7 octobre 1571
Lieuentrée du golfe de Patras (Grèce occidentale)
Sainte LigueEspagne, Venise, États pontificaux, Gênes, Savoie, ordre de Malte, Toscane
Commandant chrétienDon Juan d’Autriche, 24 ans
Commandant ottomanMüezzinzade Ali Pacha, tué au combat
Forcesenviron 200 galères et 6 galéasses chrétiennes ; environ 230 galères et une soixantaine de galiotes ottomanes
Résultatvictoire de la Sainte Ligue ; flotte ottomane presque entièrement détruite ou prise

Le contexte : la guerre de Chypre

Après la mort de Soliman le Magnifique, son fils Sélim II attaque en 1570 l’île de Chypre, possession vénitienne. Nicosie tombe en septembre 1570 ; Famagouste résiste près d’un an et capitule en août 1571. Son commandant, Marcantonio Bragadin, est supplicié et écorché vif malgré la reddition, ce qui provoque l’indignation en Europe.

Face à la menace, le pape Pie V forme en mai 1571 la Sainte Ligue, réunissant surtout l’Espagne de Philippe II et la république de Venise, rivales qui se méfient l’une de l’autre. Le commandement suprême est confié à Don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles Quint et demi-frère de Philippe II.

Le déroulement de la bataille

Les deux flottes se rencontrent au matin du 7 octobre. Chacune se déploie en ligne, avec une aile gauche, un centre, une aile droite et une réserve.

  1. Les galéasses : six grosses galères vénitiennes, très armées en artillerie, sont placées devant la ligne chrétienne. Leurs tirs désorganisent l’avance ottomane avant même le contact.
  2. L’aile gauche (côté côte), sous le Vénitien Agostino Barbarigo, est tournée par les Ottomans de Mehmed Siroco, mais finit par les repousser vers le rivage ; Barbarigo et Siroco meurent.
  3. Le centre : la Real de Don Juan aborde la Sultana d’Ali Pacha. Après plusieurs assauts, les arquebusiers espagnols s’emparent du navire amiral ; Ali Pacha est tué et sa tête exhibée.
  4. L’aile droite : le Génois Gian Andrea Doria est attiré au large par l’habile corsaire Uluç Ali, qui perce la ligne, puis s’échappe avec une partie de ses navires lorsque la réserve chrétienne intervient.

La bataille, menée surtout par abordages, se termine en fin d’après-midi.

Le bilan

Sainte LigueOttomans
Navires perdusune douzaine de galèresla grande majorité de la flotte, coulée ou capturée
Mortsenviron 7 500 à 8 000estimés à 20 000 à 30 000, morts et prisonniers
Autre—des milliers de galériens chrétiens libérés

Une victoire sans lendemain ?

L’Europe chrétienne célèbre Lépante comme la fin de l’invincibilité ottomane : Te Deum, fêtes, tableaux de Titien et de Véronèse. Pie V institue une fête de la Victoire, devenue la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre.

Sur le plan stratégique, les effets sont limités :

  • les Ottomans reconstruisent une flotte d’environ 200 galères dès l’année suivante ;
  • la Ligue, divisée, ne profite pas de sa victoire et ne reprend pas Chypre ;
  • Venise signe en 1573 une paix séparée et cède définitivement Chypre au sultan ;
  • en 1574, les Ottomans reprennent Tunis aux Espagnols.

Selon un récit vénitien, le grand vizir Sokollu Mehmed Pacha aurait résumé la situation à l’ambassadeur de Venise : prendre Chypre, c’était couper un bras à Venise ; détruire la flotte ottomane, ce n’était que leur raser la barbe, qui repousse.

Lépante a cependant une portée réelle : la Méditerranée occidentale ne sera plus menacée par une grande offensive navale ottomane. Les deux empires se tournent ensuite vers d’autres fronts, l’Espagne vers l’Atlantique et les Pays-Bas, les Ottomans vers la Perse. Ce fut aussi l’une des dernières grandes batailles de galères à rames, avant la domination des navires à voile armés de canons.

Questions fréquentes

Qui a gagné la bataille de Lépante ?

La Sainte Ligue, coalition chrétienne menée par l’Espagne, Venise et la papauté, sous le commandement de Don Juan d’Autriche.

Où se trouve Lépante ?

Lépante est l’ancien nom de Naupacte, port grec du golfe de Corinthe. La bataille s’est livrée plus à l’ouest, à l’entrée du golfe de Patras.

Pourquoi la bataille de Lépante est-elle célèbre ?

Elle est la première grande défaite navale des Ottomans et la plus grande bataille de galères de l’histoire, célébrée en Europe comme un tournant.

Cervantès a-t-il combattu à Lépante ?

Oui. Blessé, il perdit l’usage de sa main gauche, ce qui lui valut le surnom de « manchot de Lépante ».

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