Histoire · Histoire de France
François Ier
François Ier (1494-1547), roi de France de 1515 à 1547, est le souverain de la Renaissance française : vainqueur à Marignan, rival de Charles Quint, mécène de Léonard de Vinci.
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François Ier (1494-1547) est le roi de France de la branche des Valois-Angoulême qui règne de 1515 à 1547. Son nom est associé à la victoire de Marignan (1515), à la longue rivalité avec l’empereur Charles Quint, à l’éclat de la Renaissance française — Léonard de Vinci, Chambord, Fontainebleau — et à l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), qui impose le français dans les actes de justice et d’administration. Son règne voit aussi les débuts de la Réforme protestante en France et les voyages de Jacques Cartier.
Repères
| Date | Événement |
|---|---|
| 12 septembre 1494 | Naissance à Cognac, fils de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie |
| 1er janvier 1515 | Devient roi à la mort de Louis XII, son cousin et beau-père |
| 13-14 septembre 1515 | Victoire de Marignan sur les Suisses ; conquête du Milanais |
| 1516 | Concordat de Bologne avec le pape ; arrivée de Léonard de Vinci à Amboise |
| 1519 | Charles Quint élu empereur ; début du chantier de Chambord |
| Juin 1520 | Camp du Drap d’or avec Henri VIII d’Angleterre |
| 24 février 1525 | Défaite et capture à Pavie |
| 1526 | Traité de Madrid ; libération du roi contre ses deux fils en otage |
| 1529 | Paix de Cambrai, dite « paix des Dames » |
| 1530 | Création des lecteurs royaux, futur Collège de France |
| 1534 | Premier voyage de Jacques Cartier ; affaire des Placards |
| Août 1539 | Ordonnance de Villers-Cotterêts |
| 31 mars 1547 | Mort à Rambouillet ; son fils Henri II lui succède |
Un roi inattendu
François n’est pas fils de roi : il est le cousin de Louis XII, mort sans fils. Élevé par sa mère Louise de Savoie, qui jouera un rôle politique majeur (deux fois régente), et proche de sa sœur Marguerite, future reine de Navarre et écrivaine, il épouse en 1514 Claude de France, fille de Louis XII, ce qui lui apporte la Bretagne. Il monte sur le trône à vingt ans, grand, sportif, cultivé, amateur de chasse et de fêtes.
Les guerres d’Italie et la rivalité avec Charles Quint
Marignan (1515)
Dès son avènement, François Ier reprend les guerres d’Italie pour reconquérir le duché de Milan. Les 13 et 14 septembre 1515, à Marignan, près de Milan, son armée, appuyée par l’artillerie, bat les mercenaires suisses. La tradition rapporte que le roi se fit armer chevalier par Bayard sur le champ de bataille, épisode probablement embelli. Marignan, « 1515 », est devenue une des dates les plus connues de l’histoire de France. La « paix perpétuelle » de Fribourg (1516) avec les cantons suisses durera jusqu’à la Révolution.
Face à l’empire des Habsbourg
En 1519, François Ier est candidat à l’élection impériale, mais les électeurs choisissent Charles Quint, déjà roi d’Espagne, maître des Pays-Bas, de l’Autriche et de territoires en Italie et en Amérique. La France est encerclée. Le camp du Drap d’or (1520), rencontre fastueuse avec Henri VIII près de Calais, ne permet pas d’obtenir l’alliance anglaise.
Le 24 février 1525, à Pavie, l’armée française est écrasée et le roi est fait prisonnier, puis emmené à Madrid. Pour être libéré, il signe le traité de Madrid (1526), cédant la Bourgogne, et livre ses deux fils en otage ; il le dénonce dès son retour. La paix des Dames (Cambrai, 1529), négociée par Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche, permet la libération des enfants contre rançon. Pour contrer Charles Quint, François Ier noue une alliance avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique, choix qui scandalise l’Europe chrétienne (voir Empire ottoman).
Le roi de la Renaissance
François Ier attire des artistes italiens et fait de sa cour un foyer culturel :
- Léonard de Vinci s’installe en 1516 au Clos Lucé, près d’Amboise, où il meurt en 1519 ; il apporte avec lui La Joconde, aujourd’hui au Louvre (voir Léonard de Vinci) ;
- le château de Chambord, commencé en 1519, avec son escalier à double révolution ;
- le château de Fontainebleau, transformé à partir de 1528 et décoré par Rosso et Primatice : c’est l'« école de Fontainebleau » ;
- la création en 1530 des lecteurs royaux, professeurs de grec, d’hébreu et de mathématiques indépendants de la Sorbonne, origine du Collège de France ;
- l’ordonnance de Montpellier (1537), qui crée le dépôt légal des livres imprimés.
L’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539)
Signée en août 1539 au château de Villers-Cotterêts, cette ordonnance de 192 articles réforme la justice. Deux articles sont restés célèbres :
- les articles 110 et 111 imposent que les actes de justice et les actes notariés soient rédigés « en langage maternel françois et non autrement », au lieu du latin ;
- elle oblige les curés à tenir des registres des baptêmes, ancêtres de l’état civil.
C’est le plus ancien texte législatif encore partiellement en vigueur en France. Le château abrite depuis 2023 la Cité internationale de la langue française.
Le roi face à la Réforme
D’abord tolérant envers les humanistes favorables à une réforme de l’Église, encouragés par sa sœur Marguerite, François Ier se durcit après l'affaire des Placards (octobre 1534) : des affiches attaquant la messe sont placardées jusque sur la porte de sa chambre à Amboise. La répression des protestants commence, culminant avec le massacre des Vaudois du Luberon (1545). Ces tensions annoncent les guerres de religion.
Un État qui se renforce
Par le concordat de Bologne (1516), le roi obtient du pape le droit de nommer les évêques et les abbés du royaume, ce qui lui donne un contrôle considérable sur l’Église de France. Il développe l’administration, fonde le port du Havre (1517) et soutient l’exploration de l’Amérique du Nord : Jacques Cartier prend possession de Gaspé en son nom en 1534.
Questions fréquentes
Que s’est-il passé en 1515 ?
François Ier, roi depuis le 1er janvier, remporte la bataille de Marignan les 13 et 14 septembre 1515 contre les Suisses alliés du duc de Milan, et s’empare du Milanais.
Pourquoi l’ordonnance de Villers-Cotterêts est-elle importante ?
Elle impose l’usage du français dans les actes juridiques et administratifs, à la place du latin, et crée les registres paroissiaux de baptême. C’est un texte fondateur de la place du français comme langue de l’État.
François Ier a-t-il connu Léonard de Vinci ?
Oui. Il l’invite en France en 1516 et l’installe au manoir du Clos Lucé, à Amboise, avec une pension. Léonard y meurt le 2 mai 1519. La scène où il expire dans les bras du roi est une légende.
Quelle est la devise de François Ier ?
Son emblème est la salamandre, accompagnée de la devise latine Nutrisco et extinguo (« Je nourris le bon feu et j’éteins le mauvais »). On la voit sculptée à Chambord, Blois et Fontainebleau.