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Histoire · Histoire de France

Les États généraux de 1789

Les États généraux de 1789 sont l’assemblée des trois ordres réunie à Versailles le 5 mai 1789. Le tiers état s’y proclame Assemblée nationale le 17 juin : la Révolution commence.

Mis à jour le 5 min de lecture

Les États généraux de 1789 sont l’assemblée des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état, convoquée par Louis XVI pour trouver une issue à la faillite de l’État. Ouverts à Versailles le 5 mai 1789, ils se transforment en quelques semaines : le 17 juin, les députés du tiers se proclament Assemblée nationale, le 20 juin ils prêtent le serment du Jeu de paume, et le 9 juillet l’Assemblée se déclare constituante. Ce basculement de la souveraineté du roi vers la nation ouvre la Révolution française.

Pourquoi convoquer les États généraux ?

À la fin des années 1780, l’État est au bord de la banqueroute : la dette, alourdie par la guerre d’indépendance américaine, absorbe environ la moitié des dépenses. Les ministres successifs (Calonne, puis Loménie de Brienne) proposent un impôt touchant aussi les privilégiés, mais se heurtent à l'assemblée des notables (1787) et aux parlements, qui déclarent que seuls les États généraux peuvent consentir de nouveaux impôts. Le 8 août 1788, le roi les convoque pour le 1er mai 1789 et rappelle Necker aux finances.

La préparation : un débat national

Le doublement du tiers

Une question décisive divise l’opinion : comment voter ? Selon la tradition de 1614, chaque ordre délibère séparément et dispose d’une voix, ce qui assure la majorité aux deux ordres privilégiés. En décembre 1788, le Conseil du roi accorde le doublement du tiers (autant de députés du tiers que des deux autres ordres réunis), mais sans trancher la question du vote par tête, qui seul rendrait ce doublement efficace.

L’abbé Sieyès publie en janvier 1789 Qu’est-ce que le Tiers état ?, qui commence par trois questions : qu’est-il ? Tout ; qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien ; que demande-t-il ? À y devenir quelque chose.

Les élections et les cahiers de doléances

Au printemps 1789, les élections mobilisent tout le royaume. Pour le tiers état, presque tous les hommes de plus de 25 ans inscrits au rôle des impôts participent à des assemblées à plusieurs degrés. Chaque assemblée rédige un cahier de doléances, liste de plaintes et de propositions : on en a conservé plusieurs dizaines de milliers. Ils réclament souvent l’égalité devant l’impôt, la suppression de droits seigneuriaux, une constitution et la réunion régulière des États, tout en restant très majoritairement fidèles au roi.

OrdreNombre approximatif de députésProfil
ClergéEnviron 300Majorité de curés, souvent proches du tiers
NoblesseEnviron 270Majorité conservatrice, minorité libérale (La Fayette)
Tiers étatEnviron 580Surtout des avocats et hommes de loi, aucun paysan ni ouvrier

Le déroulement : de mai à juillet 1789

DateÉvénement
4 maiProcession des députés à Versailles
5 maiSéance d’ouverture, salle des Menus-Plaisirs ; discours de Necker sur les finances
6 mai-juinBlocage : le tiers refuse de vérifier les pouvoirs séparément
17 juinLe tiers, rejoint par quelques curés, se proclame Assemblée nationale
19 juinLa majorité du clergé vote la réunion au tiers
20 juinSerment du Jeu de paume
23 juinSéance royale ; le tiers refuse de se séparer
27 juinLe roi ordonne aux deux premiers ordres de rejoindre l’Assemblée
9 juilletL’Assemblée se proclame Assemblée nationale constituante

Le serment du Jeu de paume (20 juin)

Trouvant la salle des séances fermée pour préparer une séance royale, les députés du tiers se réunissent dans la salle du Jeu de paume, à Versailles. Sur proposition de Mounier, ils jurent de « ne jamais se séparer » jusqu’à ce que la constitution du royaume soit établie. Un seul député refuse. La scène a été immortalisée par le dessin de Jacques-Louis David.

La séance royale du 23 juin

Louis XVI annule les décisions du 17 juin et ordonne aux ordres de délibérer séparément. Après son départ, le tiers reste en séance. Au grand maître des cérémonies venu rappeler l’ordre du roi, Mirabeau aurait répondu que les députés étaient là par la volonté du peuple et n’en sortiraient que par la force des baïonnettes ; la phrase exacte est connue par plusieurs versions. Le roi finit par céder le 27 juin.

Pourquoi est-ce une révolution ?

Le 17 juin 1789, les députés du tiers affirment que la souveraineté appartient à la nation, et non plus au roi : c’est une rupture juridique avec la monarchie absolue de droit divin. Les trois ordres fusionnent en une assemblée unique où l’on vote par tête. Le renvoi de Necker le 11 juillet et la concentration de troupes autour de Paris provoquent l’insurrection parisienne et la prise de la Bastille le 14 juillet. L’Assemblée abolit les privilèges dans la nuit du 4 août et adopte la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août.

Questions fréquentes

Quand ont eu lieu les États généraux de 1789 ?

Ils se sont ouverts le 5 mai 1789 à Versailles. En tant qu’États généraux, ils cessent d’exister le 17 juin, quand le tiers se proclame Assemblée nationale, puis le 27 juin, quand les trois ordres sont réunis.

Qu’est-ce qu’un cahier de doléances ?

Un registre où les habitants d’une paroisse, d’une corporation ou d’un bailliage consignaient leurs plaintes et leurs vœux à l’intention du roi, lors de la préparation des États généraux. En 2018-2019, le nom a été repris pour des cahiers ouverts dans les mairies pendant le mouvement des gilets jaunes.

Quelle est la différence entre vote par ordre et vote par tête ?

Dans le vote par ordre, chacun des trois ordres dispose d’une voix : clergé et noblesse peuvent toujours l’emporter à deux contre un. Dans le vote par tête, chaque député compte pour une voix, ce qui donne au tiers, doublé, une majorité avec le soutien de quelques privilégiés.

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