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Histoire · Histoire de France

L’armistice du 11 novembre 1918

L’armistice du 11 novembre 1918 est signé à 5 h 15 dans un wagon, en forêt de Compiègne, entre les Alliés et l’Allemagne. Entré en vigueur à 11 heures, il met fin aux combats.

Mis à jour le 4 min de lecture

L'armistice du 11 novembre 1918 est l’accord de cessation des hostilités conclu entre les Alliés, représentés par le maréchal Foch, et l'Allemagne. Signé vers 5 h 15 du matin dans le wagon-salon de Foch, dans la clairière de Rethondes (forêt de Compiègne), il entre en vigueur à 11 heures : les clairons sonnent le cessez-le-feu sur tout le front. Ce n’est pas encore la paix, qui sera fixée par le traité de Versailles (28 juin 1919), mais la fin des combats d’une guerre qui a fait environ 1,4 million de morts militaires français. Le 11 novembre est jour férié en France depuis 1922.

Pourquoi l’Allemagne demande-t-elle l’armistice ?

Au printemps 1918, libérée du front russe par le traité de Brest-Litovsk, l’Allemagne lance de grandes offensives à l’ouest, qui la ramènent jusqu’à la Marne. Mais à partir du 18 juillet 1918, les Alliés, placés sous le commandement unique de Foch, contre-attaquent, renforcés par plus d’un million de soldats américains et par les chars. Le 8 août, près d’Amiens, l’armée allemande subit une défaite que le général Ludendorff appelle le « jour de deuil de l’armée allemande ».

À l’automne, ses alliés capitulent : la Bulgarie (29 septembre), l'Empire ottoman (30 octobre), l'Autriche-Hongrie (3 novembre). Le commandement allemand pousse le gouvernement à demander l’armistice au président américain Wilson dès le début d’octobre. Début novembre, la mutinerie des marins de Kiel déclenche une révolution : le 9 novembre, l’abdication de Guillaume II est annoncée et la République est proclamée à Berlin ; l’empereur s’exile aux Pays-Bas.

La signature à Rethondes

DateÉvénement
7 novembre 1918Les plénipotentiaires allemands franchissent les lignes françaises
8 novembre 1918Première rencontre dans le wagon de Foch, en forêt de Compiègne ; les conditions sont remises, 72 heures pour répondre
9 novembre 1918Abdication de Guillaume II annoncée ; proclamation de la République allemande
11 novembre 1918, vers 5 h 15Signature de l’armistice
11 novembre 1918, 11 hCessez-le-feu sur tout le front

La délégation allemande est conduite par le député Matthias Erzberger. Côté allié, Foch est accompagné du général Weygand et de l’amiral britannique Wemyss. Le gouvernement allemand accepte les conditions presque sans modification.

Les clauses principales

  • évacuation sous quinze jours de la Belgique, de la France, du Luxembourg et de l'Alsace-Lorraine ;
  • occupation de la rive gauche du Rhin par les Alliés et de têtes de pont à Mayence, Coblence et Cologne ;
  • livraison de matériel : 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 1 700 avions, 5 000 locomotives, 150 000 wagons et 5 000 camions ;
  • livraison des sous-marins et internement de la flotte de surface ;
  • annulation des traités de Brest-Litovsk et de Bucarest ;
  • libération des prisonniers alliés, sans réciprocité ;
  • maintien du blocus maritime.

L’armistice est conclu pour 36 jours et sera prolongé jusqu’à l’entrée en vigueur du traité de Versailles. Ses clauses militaires empêchent l’Allemagne de reprendre la guerre.

Les derniers morts

Les combats continuent jusqu’à 11 heures. Le soldat Augustin Trébuchon, agent de liaison, est souvent présenté comme le dernier soldat français tué, vers 10 h 45, dans les Ardennes. L’Américain Henry Gunther est tué à 10 h 59. Plusieurs milliers d’hommes meurent ou sont blessés le 11 novembre au matin.

Le wagon de Rethondes

Le wagon de Foch est exposé à partir de 1927 dans un musée édifié dans la clairière. Le 22 juin 1940, Hitler y fait signer l’armistice franco-allemand, pour effacer l’humiliation de 1918 ; le wagon est emporté en Allemagne et détruit en 1945. Un wagon de la même série, aménagé à l’identique, est exposé aujourd’hui au mémorial de l’Armistice, à Compiègne.

La commémoration du 11 novembre

  • La loi du 24 octobre 1922 fait du 11 novembre une fête nationale et un jour férié.
  • Le Soldat inconnu, choisi à Verdun, est inhumé sous l'Arc de triomphe le 28 janvier 1921 ; la flamme du souvenir y est allumée pour la première fois le 11 novembre 1923.
  • Les quelque 36 000 monuments aux morts érigés dans les communes après la guerre sont le cadre des cérémonies locales.
  • Depuis la loi du 28 février 2012, le 11 novembre rend hommage à tous les morts pour la France, de toutes les guerres.
  • Le bleuet de France est la fleur du souvenir, équivalent du coquelicot britannique.

Questions fréquentes

Où a été signé l’armistice de 1918 ?

Dans le wagon-salon du maréchal Foch, stationné sur une voie de chemin de fer dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne (Oise). La clairière se trouve sur le territoire de la commune de Compiègne.

Pourquoi le 11 novembre est-il férié ?

Pour commémorer la fin des combats de la Grande Guerre et honorer les morts. Le jour est férié depuis 1922. Depuis 2012, il rend hommage à tous les morts pour la France.

Quelle est la différence entre l’armistice et le traité de Versailles ?

L’armistice (11 novembre 1918) arrête les combats. Le traité de Versailles (28 juin 1919) est le traité de paix qui fixe le sort de l’Allemagne : pertes territoriales, désarmement, réparations.

Quelle est la différence entre le 11 novembre et le 8 mai ?

Le 11 novembre commémore la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1918), le 8 mai la capitulation de l’Allemagne nazie et la victoire de 1945.

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