Histoire · Histoire de France
Henri IV
Henri IV (1553-1610), roi de France de 1589 à 1610, est le premier des Bourbons. Protestant converti, il met fin aux guerres de religion par l’édit de Nantes et meurt assassiné.
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Henri IV (1553-1610) est le premier roi de France de la maison de Bourbon. Chef du parti protestant pendant les guerres de religion, il devient l’héritier du trône en 1584 et roi en 1589, mais doit conquérir son royaume contre la Ligue catholique. Sa conversion au catholicisme (1593), puis l'édit de Nantes (1598) rétablissent la paix civile. Avec son ministre Sully, il reconstruit un pays ruiné. Il est assassiné à Paris par Ravaillac le 14 mai 1610. La mémoire populaire en a fait le « bon roi Henri ».
Repères
| Date | Événement |
|---|---|
| 13 décembre 1553 | Naissance à Pau, fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, reine de Navarre |
| 1572 | Devient roi de Navarre ; épouse Marguerite de Valois le 18 août |
| 24 août 1572 | Massacre de la Saint-Barthélemy ; il doit abjurer le protestantisme |
| 1576 | S’enfuit de la cour et revient au protestantisme |
| 1584 | Devient héritier du trône à la mort de François d’Anjou |
| 1587 | Victoire de Coutras sur l’armée royale |
| 2 août 1589 | Roi de France après l’assassinat d’Henri III |
| 14 mars 1590 | Victoire d’Ivry sur la Ligue |
| 25 juillet 1593 | Abjure le protestantisme à Saint-Denis |
| 27 février 1594 | Sacré à Chartres ; entre dans Paris le 22 mars |
| Avril 1598 | Édit de Nantes ; paix de Vervins avec l’Espagne (2 mai) |
| 1600 | Mariage avec Marie de Médicis |
| 1601 | Naissance du dauphin, futur Louis XIII |
| 14 mai 1610 | Assassinat par Ravaillac, rue de la Ferronnerie |
Le prince protestant
Par sa mère, Jeanne d’Albret, ardente calviniste, Henri est élevé dans la religion réformée. Son mariage avec Marguerite de Valois, sœur du roi Charles IX, doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants ; six jours plus tard, le massacre de la Saint-Barthélemy décime les chefs protestants venus à Paris. Henri a la vie sauve en abjurant, puis vit quatre ans en résidence surveillée à la cour.
Après sa fuite en 1576, il redevient le chef du parti protestant. En 1584, la mort du dernier frère d’Henri III fait de lui, en vertu des lois de succession, l’héritier du trône. La Sainte Ligue catholique, dirigée par les Guise et soutenue par l’Espagne, refuse un roi protestant : c’est la « guerre des trois Henri » (Henri III, Henri de Guise, Henri de Navarre).
La conquête du royaume (1589-1598)
Henri III, après avoir fait assassiner Henri de Guise (1588), s’allie à Henri de Navarre. Poignardé par le moine Jacques Clément le 1er août 1589, il le reconnaît pour successeur avant de mourir. Mais une grande partie du royaume, dont Paris, refuse Henri IV. Il bat les ligueurs à Arques (1589) et à Ivry (1590), où il aurait lancé à ses troupes de se rallier à son panache blanc, mais il échoue à prendre Paris par un siège qui affame la ville.
Comprenant qu’il ne régnera pas sans être catholique, il abjure solennellement à la basilique de Saint-Denis le 25 juillet 1593. La formule « Paris vaut bien une messe » lui est attribuée, sans source contemporaine. Il est sacré à Chartres, Reims étant aux mains de la Ligue, et entre dans Paris le 22 mars 1594. Il achète ensuite le ralliement des chefs ligueurs et chasse les Espagnols, avec qui il signe la paix de Vervins (1598).
L’édit de Nantes (1598)
Signé en avril 1598, l'édit de Nantes accorde aux protestants la liberté de conscience, une liberté de culte limitée à certains lieux, l’égalité d’accès aux charges et des places de sûreté. Imposé à des parlements réticents, il établit une coexistence religieuse inédite en Europe.
La reconstruction avec Sully
Le royaume sort de trente-six ans de guerres civiles. Henri IV confie les finances à Maximilien de Béthune, duc de Sully, protestant resté fidèle :
- assainissement des finances, réduction de la dette, excédents budgétaires ;
- la paulette (1604), taxe annuelle qui rend les offices héréditaires ;
- développement des routes, des canaux (canal de Briare commencé) et de l’agriculture, encouragée par l’agronome Olivier de Serres ;
- soutien aux manufactures de luxe, notamment la soie, avec la plantation de mûriers.
La formule de la « poule au pot » le dimanche pour chaque paysan est attribuée au roi par une tradition tardive ; elle exprime l’image d’un roi soucieux du bien-être de ses sujets.
Paris et l’Amérique
Henri IV transforme Paris : achèvement du Pont-Neuf (1607), création de la place Dauphine et de la place Royale, actuelle place des Vosges, agrandissement du Louvre avec la Grande Galerie. C’est aussi sous son règne que Samuel de Champlain fonde Québec (1608), point de départ de la Nouvelle-France.
L’assassinat du 14 mai 1610
Alors qu’il prépare une guerre contre les Habsbourg, Henri IV est poignardé dans son carrosse, bloqué par un embouteillage rue de la Ferronnerie, à Paris, par François Ravaillac, catholique exalté qui lui reprochait de ne pas convertir les protestants. Ravaillac est écartelé le 27 mai. Le roi, qui avait échappé à une vingtaine de tentatives d’assassinat, laisse le trône à Louis XIII, âgé de huit ans, sous la régence de Marie de Médicis.
Questions fréquentes
Pourquoi Henri IV s’est-il converti au catholicisme ?
Parce que la majorité catholique du royaume, Paris et la Ligue refusaient un roi protestant. Sa conversion en 1593 lui ouvre les portes de Paris et lui permet d’obtenir le ralliement de ses adversaires.
Qui a tué Henri IV ?
François Ravaillac, un catholique fanatique, qui le poignarde le 14 mai 1610 rue de la Ferronnerie, à Paris. Il a agi seul selon l’enquête, même si l’hypothèse d’un complot a été souvent avancée.
Pourquoi Henri IV est-il surnommé le Vert-Galant ?
En raison de ses nombreuses maîtresses, dont la plus célèbre est Gabrielle d’Estrées. Le square du Vert-Galant, à la pointe de l’île de la Cité, porte ce surnom.
Quel est le lien entre Henri IV et le Québec ?
C’est sous son règne, et avec son autorisation, que Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain fondent l’Acadie (1604) puis Québec (1608).